‹ Deux comédies turquesChapitre 56 sur 146 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

Le khan. — (Se levant.) Aziz-Aga ! (Celui-cis'avance.) La barque est-elle prete?

Aziz-Aga. — Oui, seigneur, elle est prete.

Le khan. — (Se levant.) Allez, vizir, et soyez tranquille. Ne vous chagrinez pas :

votre vengeance 16 ne restera pas a terre.

Prenez cet anneau, et donnez-le a Nica- Khanoum. J'ai envoye chez Porfevre, aujourd'hui meme, cton m'a apportecette bague expres pour elle. Occupez-vous des preparatifs de la noce. II faut qu'elle ait lieu dans une semaine.

Le vizir. — Bien, seigneur. J'accomplirai les ordres de votre Altesse. (Le vi- \ir s'incline et sort. — Ensuite le khan el A\i\-Agamontent en bateau, pour aller a la promenade.)

Le rideau toinbe.

FIN DE l'aCTE TROISIEME

NOTES SUR L'ACTE TROISIEME

1. Le divan est un conseil tenu soit au palais du souverain, soil a celui du grand vizir, en Turquie, on du gouverneur, dans une province persane : c'est un tribunal qui juge immediatement et sans appel.

2. Le talar est une estrade eleve'e oil se tient le khan, assis sur son trone.

3. Le mot lotke qui est employe ici, pour designer une barque ou un bateau de plaisance, est d'origine etrangere. C'est le mot russe lodka.

4. Citation du Coran. Voici la traduction integrale du verset, telle que la donne M. Kazimirski : « Dans ce code (le Pentateuque), nous avons prescrit aux Juifs : ame pour ame, ceil pour ceil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures seront punies par la loi du talion. Celui qui, recevant le prix de la peine, le changera en aumone, fera bien ; cela lui seivira d'expiation de ses pe'ches. Ceux qui ne jugeront pas d'apres les livres que nous avons fait descendre d'en haut sont infideles. » Cli.V, verset 49. Voici

encore les autres passages du Coran qui traitent de cetie importante matiere : ch. 11, versets i 7 3- 175 etch, xxir, verset 5g. La doctrine contenue dans ces versets a dte explique'e, apres la mort de Mahomet, par la sonna ou recueil des traditions 5. Le plaignant s'exprime ici dans un de ces patois du nord de la Perse, qu'on a de'signe's sous divers noms : (guilek, mazenderani, talich, etc.), et qui ont entre eux de tres grandes ressemblances. Dans un article paru recemment dans le Journal asiatique, M Clement Huart propose de reunir tous ces patois et ces divers dialectes sous la denomination commune de pehlevi musulman.

(Voyez les quatrains deBabd Tdhir 'urydn, publ. trad, et annot. par M. Clement Huart. Journal asiat. Nov. -Dec. i885.)

6. Mot a mot : « qu'il le rendrait gras », expression tresusitee en Perse. Pour demander a un Persan des nouvelles de sa same, on lui dit : « Votre nez est-il gras.' »

7. L'usage de donner en cadeau des velements est ties ancien en Orient. On sait que le Grand- Seigneur avait pour usage, autrefois, de donner une pelisse d'honneur aux ambassadeurs europeens. On appelait du nom de khela les vetements offerts ainsi par le sultan, et e'est ce mot qui a passe dans notre expression, vetements de gala.

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