SCENE VI
Le vizir. — Je suis content de vous trouver ici toutes deux reunies. Lavais besoin de causer avec vous, et il taut que vous me pretiez votre attention. — Si nous donnonstasceuren mariage au khan, tu sais, Cho'le, combien ton rang et le mien en seront eleve's. Ne dois-tu pas, alors, songer a ta bonne renommee et eviter de te compromettre? II ne 1'aut pas qu'on puissedirequela belle-soeur du khan a des intrigues avec des etrangers.
Cho'lk-Khanoum. (Lentement, et avec calme.) — Voyons, dites : avec qui ai-je des intrigues ?
Le vizir. — Avec Timour-Aga, par exemple, puisque je l'ai tiouve dans ta chambre.
Cho'le-Khanoum. — Oui, en compagnw de voire femme Ziba-Khanoum; derriere ce rideau.
Le vizm. — C'est vrai. Je ne te soupconnepas. Use peut bien quece soitZiba- Khanoum qui soit en faute. Ce que je t'en dis la est seulement pour que tu fasses en sorte :! qu'on n'aille pas rapporter an khan de mauvuis piopos sur ton compte. Cela pourrait le refroidir vis a vis de Nica-
Khanoum et il est maintenant tout
epris de Nica. II m'a ordonne de preparer le manage pour la semaine prochaine, et voici l'anneau qu'il lui offre. — Viens ici, Nica: prends cet anneau, et mets-le a ton doigt. (II met l'anneau dans la main de Nica-Khanoum.)
Nica-Khanoum. — Une fille dont on soupconne la sueur, n'est pas digne du khan. Remportez cet anneau. Quand vous aurez trouve une femme digne du khan, vous le mettrez au doigt de cette femme.
[Elle pose la bague a terre, devant le vi^ir, et elle sort.)