SCENE II
Aziz-bey. (Brusquement.) — Voila enriii oil tu m'as conduit, Sekine !
Sekine-Khanoum. (Surprise.) — Moi!
Ou t'ai-je conduit? Mais, qu'est il done
arrive, pour que tu aies ainsi l'air sombre et irrite?
Aziz-bey. — Ecoute-moi, Sekine Voila deux ans, tu le sais, qu'au soitir de l'ecole, j'ai ete pris du mal d'amour pour toi, au point de n'avoir plus la force de soitir de ma maison. Quoique ton frere m'ait maltraite, et qu'il se soit efforce de nous separer. pendant tout ce temps-la, j'ai fait preuve de Constance et j'ai sup-
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porte sa rigueur. Mon amour, au contraire, s'est accru de jour en jour, et,dans l'espoir que notre union me serait enfin accordee plus tard, j'ai endure patiemment toutes les violences et toutes les persecutions. Maintenant, le moment de notre union approchait et rendait mes pensees plus riantes, j'avais enfin un peu de
calme et j'apprends qu'on veut encore
me rendre malheureux!
Skkine-Khanoum. — Quedis-tu? Parle plus clairement pour que je sache ce que tu veux dire. Je ne te comprends pas.
Aziz-bfy. — Pourquoi ne comprends-tu pas?Ne le sais-tu pas toi-meme? Hier, Aga-Hacan, le negociant, a envoye la femme du prevot * des marchands, celle du maire 5 et celle de Molla-Baqir °, aupres de ta tante, pour lui demander ta main. Ta tante leur a donne sa parole.
Sekine-Khanoum. — Bah ! ma tante a parle en Pair. Qui est-ce qui fait attention a ses paroles 7 ?
Aziz-bey. — Non, je ne peux pas gar-