ACTE PREMIER
argent comptant et un etablissement de bains, pour donner tout cela a cette mauvaise femme. Par toutes sortes de ruses, I'avocat de celle ci a fabrique un faux acie de donation, et il a pretendu que, de son vivant, Hadji- Rehim avait fait donation a sa femme de douze mille tomans en numeraire et d'un etablissement de bains.
II y a en cinq ou six personnes pour en temoigner, et, malgreses cris et ses plaintes, on a pi is 1 'argent et le liammam au pauvre Aga-Riza pour les donner a cette femme. En realite, la ville entiere a su que c'etait la une imposture. Serais-tu, par hasard, plus puissante qu'Aga-Riza, qui n'a jamais pu se faire rendre justice?
Tu ignores les ruses diaboliques des procureurs de ce pays : personne ne peut echapper aux manoeuvres de ces gens la n , ni comprendre ce qu'ils font et ce qu'ils disent. Crois-tu que c'est de mon plein gre que j'ai promis ta main a Aga-Hacan?Non, mais j'ai vu qu'il n'y avait pas d'autre moyen, et je me suis dit qu'il fal-
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lait accepter, de bonne grace : c'est ce qu'il y avait de mieux a faire.
Sekinf.-Khanoum. — Qnand meme toute ma fortune devrait etre gaspillee jusqu'au dernier sou ls , jamais je ne serai la femme d'Aga-Hacan. Allez le lui expliquer : dites-lui que votre niece n'y consent pas.
Zobeide. — Ne parle pas ainsi, Sekine.
Je comprends ton dessein. Ceque tu veux, cost devenir la femme de Aziz-bey, et meler le sang de notre race a celui des heretiques; c'est attirer tous ces gens-la et les placer a la tete de notre famille ; c'est alHiger les manes de lous nos aieux et te couvrir (oi-meme de home. Jamais, jusqu'a ce jour, on n'a vu pareilie chose dans noire famille. La rille d'un negociant honnete et craignant Dieu, comment pourrait-elle devenir la femme d'un impie?
Comment?
Sekine-Khanoum. — D'ou savez-vous done que je veux epouser Aziz-bey? Jene veux repouser, ni lui ni un autre : je veil* demeurer chcz moi. Levez-vous