ACTE rilEMIER
tete en leur presence. Cest a cause de votre effronterie que la peste et le cholera ne quittent pas cette province!
Sekine-Khanoum. — Non, c'est la vilenie de certains coquins lr ', qui engendre la peste et le cholera ! Ce miserable a entendu parlerde tries soixante mille tomans, et c'est pour cela qu'il a fait demandcr ma main. S'il en est autrement, pourquoi ne cherche-t'il pas a m'obtenir par la voie de l'inclination et de l'amour? S'il desirait m'epouser (pour moi-meme), pourquoi, lu vivant de mon frere, n'en a-t'il pas ouvert la bouche, et n'en a-t'il pas souffle mot?
Zobeide. — Du vivant de ton frere, il pouvait n'avoir pas envie de se marier.
— Mais, tu fais bien de me rappeler tes soixante mille tomans. Ne comprends-tu done pas que si tu n'epouses pas Aga- Hacan , il te fera perdre aussi cette somme?
Sekine-Khanoum. — Pourquoi et comment me la fera-t'il perdre?
DEUX COMEDIES TUUQUES
ZoBEiDE. — Comment? II ira trouver ta belle-soeur et fera cause commune avec elle. Ses parents et toute sa famille appuieront sa parole etconfirmeront son te-
moignage et on te fera perdre tes
droits 1G . — La voila, la raison : c'est Tavidite et la ruse diabolique dcs gens qui ne pensent qu'a devorer la fortune desautres, petils ou grands. — Et toi, que sais-tu?
Qui ecoutera tes raisons?
Skkink-Khanoum. — Ties bien. Admet tons qu'on viole mes droits et qu'on n'ecoute pas mes raisons. Je ne comprenda pas comment une concubine, une domestique pourrait pre tend re a l'herifage qui
in
e revieni. On dirait qi
n y a ni
ro it
ni justice dans ce pays, et que chacun pent faire ce qui lui plait, comme il l'entend !
Zobkide. — Ah !
mon enfant,
peut-on
jamais se preserver de la ruse des homines?— La femme de Hadji- Rehim, quels droits avait-clle a la fortune decelui-ci? On a vole cependant a Aga-Riza, le tils de Hadji-Rebim, douze mille tomans en