ACTE PREMIER
Sachez d'abord, Aziz-bey, que je suis Aga-Kerim, le chef des courtiers, et que i'etais tres lie avec feu Hadji-Ghafour. - Je me trouvais, il y a un moment, pour affaire, chez Aga-Merdah, le fils du confiseur. Par hasard, Aga-Hucan, le negotiant, y est venu aussi. II a salue, s'est assis, et s'est exprime en ces termes : « J'ai eatendu dire, Aga-Merdan, que vous etes 1 avocat de Zeineb, la veuve de Hadji- Ghafour. Je me joins a vous dans ce proces, et j'ai quelque chose a vous dire confidentielleme.it. »J' a j vuqu'ils voulaient se parler en secret, et je me suis retire Mais, j'ai compris que lcur dessein eiait He nuire a Sekine-Khanoum, etalors, je suis venu la prevenir, simplement par reconnaissance pour Hadji-Ghafour.
Sekine-Khanoum. —Ah! je suis bien contente, Aga-Kerim, de voir que vous n'oubliez pas les droits de l'amitie, et qu'a un pareil moment, vous vous etes souvenu de la sceur d'un de vos vicux amis.
Aga-Kerim. - Ah ! oui, madame, c'est
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DEUX COMEDIES TUUQUES
une bonne chose que Famine, dans un temps commele nfitre! — Commecet Aga- Merdan est un fripon et un ruse coquin qui n'a pas son pareil sur la teire ni an del, j'ai compris ce que e'etait. J'ai jug^ necessaire de venir auparavant vous prevenir amicalement de leurs intrigues, car si on les laissait faire, il n'y aurait plus de remede.
Skkink-Khanoum. — Mais, Aga-Keiim, que peut done me faire Aga-Merdan?
Aga-Ki.uim. —Que peut-il faire?.... J'ai entendu dire qu'il est l'avocat de votre belle-soeur et qu'il veut vous intenter un proces en son nom. II est tres habile et tres retors dans ces sortes d'affaires : vous ne pourrez pas kilter avec lui. II est bien difficile de lui tenir tete.
Sekine-Khanoum. — Que pourra-t'il faire dans ce proces? Mon fiere n'a pas d'enfant pour heriter de sa fortune. Une femme qui rTest mariee que temporairement ne peut pas, non plus, pretendre a l'heritage. Que ce soit Aga-Meidan ou