PROSPER BLANCHEMAIN
Niogaras grondants, blondes Californie.'.
FRECHETTE
Niagaras grondants, blondei Californifs.
Ça commence bien.
LECONTE DE LISLE Grands aigles fatigués de planer dans les nues.
FRECHETTE Quand Paigle, fatigué de planer dans la nue.
Ceci n'est pas trop mal, non plus.
CRE.MAZIE
Il est sous le soleil une terre bénie.
FRECHETTE Il est sous le soleil une terre bénie.
Très bien ! très bien ! C'est frappant de ressemblance, et surtout c'est très honnête.
VICTOR HUGO
Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule.
FRECHETTE Avec de vieux fusils gelés sur leurs épaules.
Vous avouerez, M. Préchette, que des fusils gelés ne valent pas des fusils sonnants.
Aussi, est-ce dommage que vous ayez fiiit un changement qui accuse une intention criminelle.
CREMAZIE
. Il cet sous le soleil une terre bénie.
J'ai transcrit de nouveau le dernier vers pour savoir si c'est le même que vous avouez avoir pris inconsciemment à Crémazie.
Si ce n'est pas ce vers, ça doit être le suivant :
CREMAZIE
J*ai longtemps promené ma course Aagabonde.
FRECIIETTE Où l'avait promené sa course vagabonde.
A moins que ça ne soit l'autre :
CREMAZIE
Peuples, inclinez-vous ! c'est la France qui passe.
FRECHETÏE A genoux, opprimés ! c'est la France qui passe.
VICTOR HUGO Cet abîme où frissonne un tremblement faroucbe.
FRECHEÏTE Où vibre je ne sais quel tremblement faroucbe.
Je parierais, moi, que c'est le dernier vers que le lauréat reconnaît avoir imité de Victor Hugo, ou bien c'est celui qu'on va lire :
VICTOR HUGO
On ne sait quel aspect farouche et menaçant.
FRECHETTE Je ne sais quel aspect farouche d3 héros.
îTon, M. Fréchetto n'admettra point qu'il a volé son dernier vers à Victor Hugo, puisqu'il a remplacé et menaçant par de héros,
VICTOR HUGO
Courbe ta large épaule et ton dos de granit.
FRECHETTE
Courbe sa large épaule
Sous l'arche aux piliers do granit.
VICTOR HUGO
Qui dit : il faut monter pour venir jusqu'à moi.
FRECHETTE Et puis il faut monter pour aller jusqu'à toi.
J'aimerais bien voir M. Fréchette se décider, une
bonne fois, à nous dire lequel des vers il a pris à
Victor Hugo.
VICTOR HUGO
Qui t'arrache à ton piédestal.
FRECHETTE
Arrachée à ton piédestal.
M. Fréchette ne se décidera donc jamais à faire son choix et à nous dire quel vers il a involontairement pris à son fétiche.
VICTOR HUGO
Risquez-vous hardiment.
FRECHETTE Risquez- vous hardiment.
Risquez-vous donc hardiment à faire votre choix, M. Fréchette.
VICTOR HUGO
Ivre d'ombre et d'immeiiiité.
FRECHETTE
(Jui vole ivre d'immensité.
VICTOR HUGO
Qui fit voler au vent les tours de la Bastille.
FRECHEÎTE
Toi qui jettes au vent les tours de la Bastille.
Choisissez, M. Fréchette : il est encore temps
VICTOR HUGO Dans les urnes de la clarté.
FRECHETTE Boire aux urnes ele clarté.
VICTOR HUGO
L'été, quand il a plu, le champ est plus venncU^ Et le ciel fait bvillerj^lus frais au beau soleil Son azur lavé par la pluie,
FRECHETTE
La tempête a toujours son lendemain vermeiL La pelouse a des tons plus verts après l'averse, Et Vazur vif où nul nuage ne se berce Ne sait pas refléter les rayons du soleil.