‹ Deux copains: réplique à mm. Frechette et SauvalleChapitre 15 sur 25 · PROSPER BLANCHEMAIN · texte numérisé non relu

PROSPER BLANCHEMAIN

Niogaras grondants, blondes Californie.'.

FRECHETTE

Niagaras grondants, blondei Californifs.

Ça commence bien.

LECONTE DE LISLE Grands aigles fatigués de planer dans les nues.

FRECHETTE Quand Paigle, fatigué de planer dans la nue.

Ceci n'est pas trop mal, non plus.

CRE.MAZIE

Il est sous le soleil une terre bénie.

FRECHETTE Il est sous le soleil une terre bénie.

Très bien ! très bien ! C'est frappant de ressemblance, et surtout c'est très honnête.

VICTOR HUGO

Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule.

FRECHETTE Avec de vieux fusils gelés sur leurs épaules.

Vous avouerez, M. Préchette, que des fusils gelés ne valent pas des fusils sonnants.

Aussi, est-ce dommage que vous ayez fiiit un changement qui accuse une intention criminelle.

CREMAZIE

. Il cet sous le soleil une terre bénie.

J'ai transcrit de nouveau le dernier vers pour savoir si c'est le même que vous avouez avoir pris inconsciemment à Crémazie.

Si ce n'est pas ce vers, ça doit être le suivant :

CREMAZIE

J*ai longtemps promené ma course Aagabonde.

FRECIIETTE Où l'avait promené sa course vagabonde.

A moins que ça ne soit l'autre :

CREMAZIE

Peuples, inclinez-vous ! c'est la France qui passe.

FRECHETÏE A genoux, opprimés ! c'est la France qui passe.

VICTOR HUGO Cet abîme où frissonne un tremblement faroucbe.

FRECHEÏTE Où vibre je ne sais quel tremblement faroucbe.

Je parierais, moi, que c'est le dernier vers que le lauréat reconnaît avoir imité de Victor Hugo, ou bien c'est celui qu'on va lire :

VICTOR HUGO

On ne sait quel aspect farouche et menaçant.

FRECHETTE Je ne sais quel aspect farouche d3 héros.

îTon, M. Fréchetto n'admettra point qu'il a volé son dernier vers à Victor Hugo, puisqu'il a remplacé et menaçant par de héros,

VICTOR HUGO

Courbe ta large épaule et ton dos de granit.

FRECHETTE

Courbe sa large épaule

Sous l'arche aux piliers do granit.

VICTOR HUGO

Qui dit : il faut monter pour venir jusqu'à moi.

FRECHETTE Et puis il faut monter pour aller jusqu'à toi.

J'aimerais bien voir M. Fréchette se décider, une

bonne fois, à nous dire lequel des vers il a pris à

Victor Hugo.

VICTOR HUGO

Qui t'arrache à ton piédestal.

FRECHETTE

Arrachée à ton piédestal.

M. Fréchette ne se décidera donc jamais à faire son choix et à nous dire quel vers il a involontairement pris à son fétiche.

VICTOR HUGO

Risquez-vous hardiment.

FRECHETTE Risquez- vous hardiment.

Risquez-vous donc hardiment à faire votre choix, M. Fréchette.

VICTOR HUGO

Ivre d'ombre et d'immeiiiité.

FRECHETTE

(Jui vole ivre d'immensité.

VICTOR HUGO

Qui fit voler au vent les tours de la Bastille.

FRECHEÎTE

Toi qui jettes au vent les tours de la Bastille.

Choisissez, M. Fréchette : il est encore temps

VICTOR HUGO Dans les urnes de la clarté.

FRECHETTE Boire aux urnes ele clarté.

VICTOR HUGO

L'été, quand il a plu, le champ est plus venncU^ Et le ciel fait bvillerj^lus frais au beau soleil Son azur lavé par la pluie,

FRECHETTE

La tempête a toujours son lendemain vermeiL La pelouse a des tons plus verts après l'averse, Et Vazur vif où nul nuage ne se berce Ne sait pas refléter les rayons du soleil.

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