BARBIER
Quinze ans, elle passa, fumante, à toute bride, Sur le ventre des nations.
FRECHETTE
Car ce liaiilon troué, que tant de gloire inonde, A passé, mon enfant, sur le ventre du monde.
LA KAbTlDK llOl'C'E 100
LAMAiniXK
Kt ([uc les bras frois(js sur sa larj^o pnitrinc
FKKriiF/rrK
Lui, ](\s deux l)ras croisés sur sa vaste poitiiuc
THEOPHILE (lAUTIER Oh vont, tristes jouets du lemps, ,i(,s drstiit/es.
1 UECHETTE () tempH ! eonraut latal oh vont nos thsiittéen.
CHAPM AX -Nous snjuiiKs sur les Ixirds du Saguenay sauvage.
ERECHET'l'E Nous sommes sur le bord du Saiut-Eaureut sauvage.
Nous all()ii>^ voirmahitenant comme M. Fréc-liottc aurait été bien avaiie»' s'il eût prouvé rj^u'il n'avait \yAih vol(' riiémistichè de IFeredia, dont il nous a entretenu tout à Tlieiire, et ee ([uc je citerai, comme <lit dules Lemaître, me laissera le remords de paraître négliii'er ce que je ne cite point :
AidîFdrr DKLiM r
A elioisi le \\\i)U\v\\\.— liante iinr rien n'f(f'we — FRECIIEITE
De (oug (es vi'térans — lunitr ifue rien n'ffiace —
LAMA K ri NE L<( lanijie iiai s'/lrinf tout à coup sr janinu'.
FUECHEITE I.<( liinijif <jni s'/lrinf jvlU' uu plus vil" relair.
MAIÎRICE ROLLINAT
Auprès du minet grave et doux comme un apôtre. FRECHETTE
Sous les yeux du liéros grave comme un apjtre.
VICTOR HUGO Dans ce vaisseau jerc^^x sous les vagues sws nombre.
FRECHETTE Et le regard perdu sur les vagues scms nombre.
VICTOR HUGO Du choc prodigieux de tes rebellions.
FRECHETTE-
])u cJtoc prodlgieuxdçs gVcXnds tournois 6pi(xucs.
LAMARTINE Ces grands blocs dentelés, effroi du matelot.
FRECHETTE
Des brisants sous-marins, eJfWji des matelots.
VICTOR HUGO Monstrueux, qui semblaient des boas endormis.
FRECHETTE Dans la placidité des boas endormis.
M. Fréchcttc, dans son entrevue avec Marc Sanvalle, a déclaré solennellemeut n'avoir iiiêlé à sesvers que trois réminiscences.
Comme il faut qu'il soit doué d\iu solide tempéramment pour nier avec autant d'impassibilité et d'audace ses plagiats !
Mais il n'a fait toute sa vie que voler, le lauréat, et celui qui pourrait passer seulement une couple de
l.A P.ASTIDl-: ROL'GE 111
jours à sabibliotlièque ne pourrait manquer (Vv trouver, dans une foule d'auteurs encore peu connus au Canada, assez de vers escroqués par lui pour faire tout un volume.
L'autre jour encore, en relisant Théophile Gautier, j'ai découvert dans une pièce au peintre Jean Duseigneur un vers que M. Fréchette a subrepticement glissé dans sa Voix <f^nn Exilé, et la confrontation suivante va encore édifier ceux qui pourraient, par hasard, garder un reste de foi en son honnêteté d'écrivain.
TIIKOPIIILE GAUTIER I.c soleil s'cntonccr conime un vaisseau qui soîuhre.
FIŒCHETÏE Le soleil, s'engoufïrant comme uu vaisseau qui sombre.
Et voilà rhonneteté de M. Fréehette !
Vour faire reconnaître cette honnêteté, le hinrént nous a dit comment il avait réussi à dramatiser la Bastiilr Jl<)H(jt\ (juiiize joui's seulement a\'aiit la première représentation de V h\r >'/,', \[ nous a pari»'* d'un vers de Chvnui/ie, d'iiii vers do- Victor llugo, do quifti'< mois de NFme de (îii'anliii, d'un \'ers de Prosi)er Blanehemaiti, d'un ln''mi>lielu' de flose-Maria <le TTeredia.
Mais son V>r> lu Framu\ servilement imité cK'
Pour le (hapùiii de François Coppéo, sou Cadlcuj-, versifié sur le texte même du C(((lieux de M. Taché, ce qu'il a iilouté au docteur Morrisset dans un concours resté célèbre, les vers qu'il a volés à son frère Achille, sa Touffe de cheveux blancs prise dans un livre de classe, son Mar'dlo^ sa Petite Histoire des Rois de France^ copiée mot à mot dans Larousse, ses Fxcomui'n/néSjiiaïiQ lesquels il a honteusement faussé l'histoire, ses rabâchages, son Jean Sanriol, son* Drapeau fantôme, son épître à M. Leraay démarquée de i'épître de Victor Hugo à Lamartine, son fiasco à l'Académie française avec sa Légende d.^ un Peuple, tout cela ne demandait donc pas d'explications de sa part ^ ?
Tout cela, au contraire, demandait beaucoup d'explications, et comme, malgré l'imagination que M. Fréchette a toujours pour mentir, il n'a pas osé risquer un mot sur ces sujets épineux, l'entrevue que le lauréat vient d'avoir avec Marc Sauvalle met le dernier clou à son cercueil littéraire.
Et savez-vous comment le même Sauvalle a terminé son dernier article en réponse à mon Lauréat f
Lisez ceci :
Et lâ-dessus le poète m'a congédie avec un franc éclat de rire qui m'a prouvé que les lauréats manques et les abbés
1 — Voir le Lauréat,
LA liA.STIDE liOVGE IV't
(l(;*confits pourront pulilicr encore bien des volumes avant (U; (l(5f?arçonner son inipertubable et philosophique f;,i\it6.
Cet éclat (le rire que vient do jeter M. Fn'elietto est jaune eommc le rire de tous ceux qui veulent faire, comme on dit, fortune contre ])on cœur, et prouve, une fois de plus, que c'est lui-même qui a ('(•rit de sa plus belle écriture tout ce «pie vient de sii^ner ^Earc Sauvalle.
M. Fréchette a déjà ri comme cela, dans le temps où je lui arrachais dans le Courrier du Canf/a et la Vérité les plumes qu'il avait enlevées à tous les oiseaux [)oétiques tombés dans ses lacets. Il a «léjà ri pour tacher de faire croire que mes critiques ne le touchaient pas, alors que sa peau de o'eai mise à nu saignait par tous les pores, et un passage d'un article qu'il [)ul>lia dans la P"frir du 17 mars dernier, sous le titre de S'ic/iuus Jure, va encore établir jusqu'où cet avaleur(le sabres littéraires peut pousser sa grosse i)itrerie :
J/reliit de rire ([ui jaillit chiir et sonore des lèvres litn/t ment (invertes ne i)eut monter que d'un cœiu* vibrant et, hii
iUlS>i, hu'i/niinit onrrit.
Deux lois l(in/(ii'eii( inivcrl dans une phrase î
C^uel guignon ! ([Uel guignon !
()ii(iii(l lit nui f >'/'(! IK'C loiiilif ,s'"/" Us jio'i {> s . . . ,
La (K'i'nière i-epr()dneti(>n ne démontre pa-> seuh--
meut que l'éclat de rire dont nous a parlé récemment Sauvalle fut inventé par M. Fréchette lui-même, mais elle est une nouvelle preuve que le lauréat a fait daUvS les Hommes du Joxr son propre éloge, — où se trouve cinq ou six fois l'expression largement ouvert^ — et puis qu'il est incapable d'écrire vingt lignes de suite sans rabâclier.
ÎT. B. — Je viens de découvrir, à la dernière heure, qu'en vue des comparaisons qu'il a fait faire à Sauvalle dans les articles dirigés contre moi, M. Frécliette ne s'est pas contenté de falsifier mes vers, mais qu'il a dénaturé une foule des siens pour les faire ressembler à ceux de mes Qaéhecquoises et de mes Feuilles (V Erable et établir ainsi que je l'avais plagié.
On verra bientôt jusqu'où il a poussé cette falsification.