‹ Deux copians. Réplique à MM. Fréchette et SauvalleChapitre 4 sur 32 · J.E PREMIER DE L'AN · texte numérisé non relu

J.E PREMIER DE L'AN

Au sein du Sahara, — la mer sinistre et dure Dont l'onde illimitée est du sable brûlant, — Sous l'implacable ardeur d'un soleil aveuglant, Se profile parfois une île de verdure.

C'est l'oasis avec ses aspects enchanteurs, Où figuiers et dattiers confondent leurs ramures. Où des sources d'eau vive unissent leurs murmures Aux concerts incessants de mille oiseaux chanteurs.

Comme un émail géant l'éden au loin chatoie ; Et dès qu'un groupe arabe, en marchant vers Alger, Voit à l'horizon bleu ses palmiers émerger, Il les salue avec une clameur de joie.

La caravane sait qu'elle va trouver là

Des fruits délicieux, des eaux rafraîchissantes...

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Elle al»orde dans l'île aux rivt's séduisantes En rcjîardaiit le ciel et répétant : '• Allali " !

Elle dort tout un jour au boç.l d(' quoique source. Jîercée aux trémolos des oiseaux taniiliejs, Laissant paître au liasard, à travers les halliers, Les pauvres niélinris tout brisés de leur course.

Elle dort sous l'arceau d'arbres toujours en fleur ; Et quand les clianielier.s, remis de leurs fatigues. (Quittent ce paradis plein du parl'uTn des figues. Ils gardent dans leur veine un peu de sa fraîebeur.

Dans le désert des ans, dans cette aride plaine Qu'en suivant notre étoile il nous faut tous franeliir. Il est des oasis, où, pour se rafraîchir, S'arrête quelquefois la caravane humaine.

Ce sont pour nous des jijurs d'un éclat idéal : De ses rayons divins l'espérance les dore ; Et sitôt que notre œil en voit poindre l'aurore, Nous la saluons tous d'un long cri triomphal.

JJemain, nous entrerons, malgré nos lrt»ids sévères.

Dans un de ces édens riants et gracieux.

Et là, rnngés autour de mets délicieux.

I*our boire au nouvel an nous clioquerons nos verres.

Ltis de marclier toujours en (pute do bonheur. Las de courir après tant de cliimères vaines, Nous nous reposerons sous des ombres s reines. Bercés il <les refrains qui montiu'ont du co'ur.

Nous nous reposerons au i>oril de sources calmes Dont nul souille jîimais ne vient ridiM- l'azur : L'arbre de l'amitié, plein d'un parfum si pur. Au-dessus de n'?8 fronts balancera ses palmes.

Demain, à bien des pleurs des chants succéderont ; L'enfance frémira d'une joie infinie ; Aux foyers tout sera paix, lumière, harmonie, Et dans un même élan tous les cœurs s'uniront.

Et quand nous quitterons, l'âme toute ravie,

Ce paradis qui point à l'horizon neigeux,

Nous nous sentirons tous plus forts, plus courageux,

Pour affronter encor le désert de la vie.

Réjouissons-nous donc d'avance au coin du fou,

Et, comme les Bédouins saluant la ramée

De l'oasis ombreuse et toute parfumée.

Levons les yeux au ciel et disons : " Gloire à Dieu ! "

W. Chapman.

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