‹ Deux couronnesChapitre 15 sur 18 · SCENE XI Y · texte numérisé non relu

SCENE XI Y

JANE, ANNA, du fond.

ANNA

Tu es donc restée aussi, toi, Jane?

JANE

Vous le voyez, ma mère.

ANNA

J'aurais pourtant bien voulu assister... Mais j'avais le cœur serré... je crois que j'aime mieux trembler ici que d'être là-bas et d'entendre.

JANE

Oh ! jamais!...

ANNA

Ce bon Richard, il m'a pressé la main en partant.Vois-tu, depuis quelques jours je lui en voulais : il était sombre, triste, silencieux... ça m'ennuyait... eh bien! il n'y a qu'un instant, en pensant à son inquiétude, j'ai tout oublié, et j'ai dit: Pauvre garçon, c'est bien naturel.

JANE

Oui, oui, c'est bien naturel ; c'est pour nous seules qu'il travaillait, j'en ai la preuve; mais je ne saurais vous dire nettement. Je suis si folle, si joyeuse!... Oh! ma mère, ma mère, ne me mariez pas... Richard m'aime.

ANNA

Il t'aime comme une sœur.

JANE, bas.

Non, non, comme sa femme!...

ANNA

Et le fils de M. Daniels?...

JANE

Oh! vous n'y songe/ plus.

ANNA

Comment veux-tu que je fasse ? j'ai donné ma parole.

JANE

Oh!... vous vouliez me marier quand vous ignoriez notre amour, aujourd'hui vos projets tombent d'eux-mêmes.

ANNA

Certainement, tu arranges cela ainsi, toi, petite fille; toujours est-il que je suis fort embarrassée.

JANE

Et de quoi donc?... vous ne m'aviez pas con-

MAGASIN THEATRAL

sultée; rejetez sur moi toute la faute... dites que j'ai pleuré, que je le déteste... il m'en voudra peut-être, mais ça m'est bien indifférent. DANIELS, en dehors.

Oui, oui, c'est une horreur, la pièce tombera.

ANNA et JANE.

Mon Dieu! qu'est-ce donc?

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