‹ Deux discours prononcésChapitre 1 sur 3 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

MEspaMEs ET MESSIEURS,

k: L'Institut Canadien-Français inaugure, ce soir, son cours annuel À de conférences publiques. fl sait les inestimables avantages qui L- dérivent de ces entretiens, pour la population française de cette ville, et il ne négligera aucun effort pour les continuer, chaque mercredi, durant nos longues veillées d'hiver. à Pour atteindre ce but important, il compte avec raison, Monseiÿ gneur, sur le patronage de Votre Grandeur et de votre digne clergé, 4 dont la présence est toujours pour nous un haut encouragement ; 1 sur le concours des amis des lettres, de tous ceux qui ont à cœur À le développement intellectuel en cette ville, et j’ajouterai, de tous ceux qui veulent le progrès bien entendu de nos sept mille compatriotes de la capitale. Il compte encore sur le concours des dames

{ Ce discours a été prononcé à l'inauguration du Cours Littéraire que donne chaque hiver, durant quatre mois, l’Institut Canadien Français d'Ottawa. Les séances publiques de cette association si pleine de vitalité ont lieu chaque merè credi, et, en outre de la conférence hebdomadaire, ii y a musique et chant par les . : artistes et amateurs de la capitale, C’est la seule institution franco-canadienne qui ait adopté ce genre de séances publiques, lequel a obtenu jusqu'à présent beaucoup de succès, car il n’y a pas moins de cinq à six cents personnes qui assistent à toutes les conférences. Sa Grandeur Mgr Guigues est le digne patron

de l’Institut, et Elle assistait à la séance où le discours que nous publions a été prononcé.

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et messieurs qui, par le passé, ont su donner tant d'éclat et une si légitime popularité aux charmantes soirées de notre Cercle des Familles.

Notre tâche n’est pas facile, mais avec cette précieuse coopération, nous sommes sûrs de la couronner de succès. D'ailleurs, les sympathies du public nous sont connues. Il nous en a donné une éclatante manifestation par le passé, en venant toujours en foule applaudir aux éloquentes paroles de nos conférenciers et au talent de nos artistes et amateurs, et son affluence à cette séance d’ouverture, est pour nous un nouveau gage de sa bienveillance, qui nous est infiniment agréable.

On ne saurait donner trop d'importance à ces conférences publiques, car assurer le succès de l’Institut, lui donner toute la vitalité possible, étendre ses moyens d'action et le cercle de son iafluence, est, selon moi, faire acte de véritable patriotisme. L’'Institut n'est-il pas le foyer où viennent converger toutes nos aspirations nationales.—le centre intellectuel, où nous échangeons et développons les idées d'intérêt immédiat pour nous ;—en un mot, le lieu de réunion où nous avons appris à nous connaître ‘et à compter les forces vives de la nationalité ?

L'Institut a avant tout pour mission la conservation de notre langue dans toute sa pureté et dans toute sa beauté. Or, la langue n'est-elle pas, après la religion, le trait le plus caractéristique d'un peuple, et le plus beau diamant de sa couronne ?

Et lorsque cette langue s'appelle la langue française, l’une des plus belles des langues modernes, la laigue des têtes couronnées et de la diplomatie, la langue des plus grands génies qui se soient illustrés dans les sciences, la littérature et la philosophie, la langue dont les accents ont les premiers réveillé les échos endormis de nos majestueuses solitudes, la langue que nos pères nous ont transmise comme un legs précieux ; —sa conservation est pour nous plus qu’un devoir sacré, plus qu'un devoir national, elle doit être nn sujet de gloire.

Oui, la langue est le véritable cachet d’un peuple, et elle ne doit s'éteindre qu'avec la vie même de la nation qui la parle, alors qu’elle ne lui survit pas. Aussi, interrogez l’histoire, et vons verrez que la langue se lie tellement à l'existence d’une nation, que chaque fois qu’un peuple puissant a voulu en balayer un autre de la surfacc de la terre, il à presque toujours tenté de renverser les deux colonnes de l’édifice national: sa foi et sa langue.

Lorsque les russes frappèrent au cœur le vaillant peuple de la Pologne, ils proscrivirent à la fois sa langue et sa religion. Et que fit Bismark lorsqu'il voulut germaniser des provinces françaises

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