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comme l'Alsace et la Lorraine, qu'il a arrachées à notre ancienne mère-patrie ? Il décréta que la langue du vainqueur devait être celle du vaincu, et que celle-ci serait bannie des écoles. Mais l’on sait que le peuple héroïque de ces provinces n’a pas voulu se courber sous ce joug oppressif. Comme autrefois les Troyens, il a préféré déserter le sol de ses aïeux, s’arracher à tout ce qui lui était cher, à tout un monde de souvenirs, se disperser aux quatre coins du moude, partout où il pourra rester français et catholique, plutôt que de subir un odieux asservissement.
Mais il n’est pas nécessaire de demander des exemples à l'étran. ger pour prouver, par l'histoire, la corrélation de la langue avec la vie nationale d'un peuple. Lorsque par une politique maladroite et condamnée depuis par ses hommes d'état les plus éminents, l'Angleterre voulut dénationaliser les 70,000 canadiens-français, restés fidèles an poste de l'honneur, aprè: la cession du pays, que fit elle? Elle voulut proscrire notre langu de nos parlements et de nos écoles, et Ini substituer sa propre langue qui envahit aujourd'hui le monde.
Mais nos pères surent déjouer par leur noble attitude les trames
. ourdies par ceux qui voulaient notre anéantissement comme
peuple. Le clergé canadien contribuc puissamment à la conserva. tion de notre langue en en faisant la base principale de l'enseignement dans nos écoles. Et dans nos parlements, nous eûmes les Bédard, les Panet, les Morin, les Papineau, les Lafontaine et bien d’autres, dont les noms nous seront toujours chers, 'qui surent faire respecter l’usage de la langue française, jusqu’à ce qu’il nous ait été solennellement garanti par l'acte d'Union. Et aujourd’hui près de 1,100,000 français, ayant la sève d’une nation forte et pleine d'avenir, habitent le pays, et les échos lointains des Montagnes Rocheuses, de la rivière Rouge et du Cap Breton, répètent à Penvi des accents français comme les rives du St. Laurent et de l'Outaouais.
Oui, conservons notre langue, Mesdames et Messieurs, et pour cela, encourageons les institutions qui, comme la nôtre, sont fidèles à l'emblème national : Nos institutions, notre Langue et notre foi. En ce qui regarde l’Institut, c'est pour moi un agréable devoir de reconnaître que nos compatriotes de la capitale ne lui ont pas ménagé leurs suffrages. Car, l’Institut n’a jamais été plus prospère qu'il ne l’est maintenant. Le chiffre de $es membres est aujourd'hui d'environ 375. Or, 375 membres, {c’est plus que ne compte aucune institution littéraire de la province Ge Québec et de cette ville. ,
Ce résultat est très-encourageant, mais n’allons pas nous reposer si Lôt sur nos lauriers. Travaillons, au contraire, à affermir notre œuvre et à l’enraciner assez profondément pour que rien ne puisse l'ébranler. Faisons en sorte qu’il n’y ait pas une seule famille française, qui ne tienne à honneur de compter l’un des siens parmi les membres de l’Institut, et tâchons de hâter le jour où nos réunions nationales n'auront plus lieu dans'tette modeste enceinte, mais dans un édifice plus spacieux, qui fera honneur au nom canadien.
Ce devoir d'encourager nos institutions s'impose d'une manière toute particulière à nos compatriotes de cette ville. Car, il ne faut pas oublier que si nos nationaux forment la grande masse de la population dans la Province de Québec, nous sommes au contraire, presque noyés dans Ontario par les éléments étrangers; nous ne sommes que 75,383 canadiens-français pour lutter contre ua million et demi d'anglais, écossais et irlandais.
Si le danger de dénationalisation est à craindre quelque part dans notre pays pour les groupes français, c'est bien dans cette province. Mais avec le patriotisme et l’union qui décuplera nos forces, il nous sera possible de faire grandir et fortifier ce rameau détaché de l'arbre principal de la nationalité. Déjà de véritables colonies françaises sont formées aux deux extrémités de la province, ou s’échelonnent sur la rive sud de l'Outaouais. Léjà la flèche du clocher catholique s’élève fièrement. au milieu de l’essaim national], à côté de l’école française, où la jeunesse apprendra à ne pas oublier la langue de ses pères. Et avant longtemps, les institutions sociales des canadiens-français d'Ontaria laïisseront peu à désirer.
Position comme noblesse, oblige. Aussi il incombe à nos compatriotes de la capitale par leur nombre, leur intelligence et leur force de cohésion, de se mettre à la tête du mouvement national dans cette province.
L'Institut à encore pour mission principale, le culte du beau et du vrai, dans les sciences, la littérature et la philosophie. Ce rôle est parfaitement adapté à notre caractère national. Car, de l'avis de maints observateurs judicieux, notre mission est toute intellec tuelle et religieuse et doit être, dans ure sphère moindre, celle qu'a remplie la France, qui fut pendant si longtemps le pivot intellectuel du monde, le foyer de la pensée ur'verselle.
Nous ne pourrons d'ici à longtemps, dominer par le nombre, l'étendue de notre commerce et l'éclat de nos richesses, mais nous aurons rempli une tâche glorieuse, si nous savons nous signaler
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par le rayonnement de nos intelligences, dont l'influence n'est pas éphémère, mais sait se perpétuer à travers les siècles.
Les nations les plus fortes et Les plus puissantes ne sont pas toujours celles qui occupent la plus large place au temple de mémoire. La Grèce, par exemple, avait un territoire insignifiant et une population bien limitée, si on la compare aux nations asiatiques de l'époque. Cependant l'histoire conserve à peine leurs noms, tandis que la patrie d’Homère et de Démosthènes a su conquérir une impérissable renommée. Et à qui doit-elle en grande partie l’auréole de gloire dont son nom est encore entouré ? A ses orateurs, à ses poëtes et à ses historiens. Les chants de l’Jiade ont plus contribué à l’illustrer que toutes les richesses des peuples voisins n'ont fait peur les tirer de l'oubli.
Les siècles les plus célèbres sont encore ceux où l'intelligence à régné en souveraine. Qu'il suffise de rappeler le siècle d’Auguste —qui fut celui de Virgile, et de Tite Live—et le siècle de Louis le Grand, où les Bossuet, les Fénélon, les Corneille et les Racine se sont immortalisés.
La gloire littéraire est, après la gloire religieuse, —si je puis l’ap peler ainsi, — la plus pure et la moins périssable. Au lieu de s’affaiblir à travers les âges, elle ne fait que resplendir d'un nouvel éclat. C'est un monument grandiose auquel le temps conserve toute sa jeunesse et sa beauté au milieu des ruines qu’il sème sur ses pas. )
Tous les grands hommes ont été amis des lettres, et plusieurs souverains ont cru s’honorer en admettant des écrivains célèbres dans leur intimité. Les plus illustres personnages ont recherché la gloire littéraire. J'aime à rappeler ici que Wolfe, le vainqueur de Montcalm, déclarait quelques jours avant la bataille des Plaines d'Abraham, ‘après avoir lu avec admiration une pièce de vers d’un célèbre poête anglais, qu’il aurait préféré la gloire d'en être l’auteur à celle de planter le drapeau d’Albion sur le vieux roc de Québec.
Les jouissances intellectuelles sont aussi d’une suavité inexprimable. Que de loisirs elles ont charmées ! Que d'agréabies satisfactions elles oni causées ! Que &e larges horizons elles ont ouvert aux méditations de l'homme ! Augustin Thierry, historien français, leur à rendu un beau témoignage dans son testament resté célèbre : ‘“ Aveugle et souffrant sans espoir et presque sans relâche, je puis affirmer, qu’il y a au monde quelque chose qui vaut mieux que les jouissances matérielles, mieux que la fortune, mieux que la ‘santé même, c'est le dévouement à la science.”
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Nous devons d'autant plus nous adonner au développement des choses de l'esprit que le règue de la matière semble obtenir plus d’ascendant. Le matérialisme menace de dominer les deux mondes, et nous devons réagir de toutes nos forces contre ce flot envahisseur. Notre pays n’en a pas encore trop subi FAMOIDIE mais il est r.enacé de son influence délétère. :
Nous entrons, de fait, dans une ère de progrès inouï. On ne parle aujourd'hui qu'agriculture améliorée, manufactures, chemins de fer et canaux. Je suis bien loin de vouloir déprécier un pareil mouvement, inais il est à craindre que l'esprit public se laisse trop absorber à l'avenir par des aspirations purement matérielles.
Que l’on améliore l’agriculture, que l’on creuse des£anaux, que
l’on attire en ce pays des milliers de bras robustes, œue des usines
s'élèvent en-grand nombre et enveloppent l’atmosphère de panaches de fumée, que le sifflet de la locomotive se fasse entendre dans les gorges los plus reculées de nos montagnes, que monts et collines s’aplanissent devant le travail humain, que notre population présente, enfin, le spectacle d’une vaste ruche d’abeilles. Très. bien ! J’applaudis à tous ces progrès. Mais de grâce, que la perspective de la richesse ne nous fasse pas tous incliner devant le veau d’or, et que la fumée de nos manufactures n'ait pas pour effet d’alourdir nos intelligences.
Sursum corda. Sachons novs élever aussi au-dessus de la vulgarité des idées et des occupations matérielles, et ne nous laissuns pas emporter par le courant qui a déjà été fatal à tant d’autres
‘Comme l’a dit Montalembert : * Opposons à ce misérable déclin,
que l’on ose vanter comme un progrès, les hautes et libres médita.
‘tions de la pensée. Opposons à ces triomphes de Plutusles victoires
pures et magnanimes de l'intelligence. Ne laissons pas, lesprit français, j'allais dire l'esprit humain, s’affaisser et s’abattre dans ce néant. Empêchons, s’il en est temps encore, l’art et le style, en se matérialisant et se vulgarisant à l'infini, de signaler l'avènement de leur dégénération prochaine.”
Il n’est pas impossible, d’ailleurs, de concilier le culte des choses de l'esprit avec le progrès matériel. Voyez Boston. Elle est l’une des villes maritimes les plus populeuses etles plus importantes des Etats-Unis. Dans son port plein d'activité, on voit comme une forêt de mâts de navires sur lesquels flottent des pavillons de presque toutes les nations. Ses rues sont extrêmement affairées, sa population est fort industrieuse, bref, il se fait un inimense mouvement d’affaires dans cette cité.
Pourtant, la gloire de Boston n'est pas tant d’avoii un commerce étendu et des industries florissantes, que d’être la ville littéraire
par excellence et d’avoir mérité d’être appelée l’Athènes de l’Amérique. On y admire une magnifique université, une académie de science et d'arts, des sociétés historiques, de médecine, de vastes bibliothèques et musées. On coudoie tout un monde de savants, de professeurs, d'étudiants, là où on ne croirait devoir rencontrer que des aligneurs de chiffres, comme dans la plupart des villes américaines, et il n’est pas une cité qui dépense relativement autant pou” la belle cause de l'instruction. Aussi, la patrie de Franklin est saluée avec respect par tous les étrangers comme la retraite des muses, et le véritable foyer du mouvement intellectuei aux
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ss, 4 Etats-Unis.
ux, que , ë Ai-je besoin d’ajouter, Mesdames et Messieurs, que tout progrès s usines \ intellectuel dans un pays n’est désirable qu’en autant qu’il est vivifié pana- Ë par la religion. La nécessité de cette alliance des lettres et de la ntendre 4 religion est méconnuo dans un trop grand nombre de pays, mais 1onts et à elle ne. trouve ici heureusement que peu de contradicteurs. popula- { La littérature sans la foi ne peut pas produire d’autres fruits que »s. Très. ceux que l’on cueille sur les bords de la Mer Morte, c’est-à-dire des la pers- ÿ fruits stériles. L'intelligence, si vous le voulez, est un grand arbre, le veau à couvert d’un riche manteau de verdure, prujetant au loin son ffet d’a- o : ombre bienfaisante, mais qui se dessèchera et se découronnera 4 bientôt, s’il n’a plus la sève nécessaire qui fait sa force et sa gran- : vulga- 4 deur. Or, la sève pour l'intelligence, c’est la foi! laissuns à L'histoire est là, d’ailleurs, pour prouver que la littérature a d’autres exercé une influence extrêmement funeste sur les sociétés en déclin, 1 cessant de s’éclairer au flambeau de la foi. médita. h Voyez la France. Comme elle était grande au dix-septième siècle, rictoires à alors que brillaient ces puissantes intelligences, ces incomparables l'esprit 4 éducateurs du peuple, ces maîtres de la langue française, qui ont re dans 3 nom Bossuet, Fénélon, Massillon, Bourdaloue, Corneille, Racine et style, en % tant d’autres écrivains célèbres. La littérature était alors pure et mement 4 sévère, elle savait s'élever aux plus hautes conceptions, planer be dans les horizons de la pensée, et. parler au peuple le langage de s choses À la vérité, de la foi et de l'honneur. Aussi son heureuse influence” st l’une r s’est alors reflétée. sur la nation. (Car, on dit avec raison que la ntes des k: littérature est la véritable expression d’une société, . forêt de À Mais arrive le dix-huitième siècle. Quelle déchéance! C'est & toutes À l’'avénement du matérialisme philosophique! C’est le règne de tion est 4 Voltaire, de Rousseau, d’Alembert et de Diderot. La France tombe ’affaires | d’abîme en abîme, elle accumule désastres sur désastres, hontes 1 sur hontes, flétrissures sur flétrissures : c'est à coup sûr l’époque mmerce hi la plus sombre de son histoire. La littérature, corrompue jusqu’à
ittéraire i la moëlle des os, déchaîne les plus mauvaises passions populaires
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contre l'autorité et la religion, après les avoir sapées dans leur base.
Quelle décadence encore dans le div-neuvième siècle! Quel abaissement des intelligerices ! Quelle dépravation du goût! Pour combattre l’influence dissolvante d'une myriade d'écrivains qui, comme Sainte Beuve, se feraient gloire au besoin de manger des saucissons le Vendredi Saint, on peut à peine signaier une petite phalange d’esprits d'élite, de nobles soldats de la foi et de la vérité, restés fidèles aux traditions de l'honneur. Ge sont les De Maistre, les de Bonald, les Lacordaire, les P. Félix, les Dupanloup, les Montalembert, les Ozanam, les Louis Veuillot et quelques autres.
La littérature est plus malsaine qu'à accune autre période de son histoire. La presse inonde la France de ses peintures grivoises et démoralisatrices ; la corruption et les défaillances sont presques générales, et le plus grand nombre de criminels se trouvent dans les départements où on lit Le plus. .
Aussi, lorsqu’arrive l'heure terrible des combats, cette nation amollie par le matérialisme et la libre pensée ne retrouve plus sa valeur d'autrefois pour se mesurer contre l'ennemi. Les plus terribles malheurs fondent sur la France et l’on croirait qu'elle va agoniser sous le talon du uhlan prussien. Elle tombe sans gloire aux pieds de ce même peuple, dont elle mettait les légions en déroute, aux glorieuses journées d’Iéna et d’Austerlitz !
Il y a bien encore sans doute des cœurs vaillants, des dévouements chevaleresques, des français sans peur et sans reproche comme ceux des temps passés, mais combien se montrent indignes de défendre le sol sacré de la patrie! Les soldats vraiment catholiques, ceux qui n'ont pas appris dans les livres ou dans les jour. naux à mépriser Dieu, la foi et l'honneur, comptent presque seuls parmi les héros de La dernière guerre : tels sont par exemple les fiers enfants de la Bretagne et de la Vendée, dont les nobles ancêtres sont aussi les nôtres, et qui eussent sauvé la France, si elle eut pu être sauvée.
Il peut en coûter à notre amour-propre national de faire de pareils aveux. Mais ce tableau tracé à grands traits n'est-il pas rigoureusement vrai? Puisse ce terrible exemple nous servir de leçon et nous détourner à temps de la fausse voie, qui fut si fatale à la France, si jamais quelques mauvais conseillers voulaient nous conduire au même abîme.
Aussi, les enseignements de la dernière guerre ontéclairé grand
. nombre d’esprits en France. Et on comprend tellement .a néces-
sité d'un retour à des idées plus saines, que des journaux comme le Figaro et le Siècle, qui ont une grande part de responsabilité
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dans cet affaissement de l'esprit français, sont forcés aujourd'hui de proclamer que cette malheureuse nation ne retrouvera son ancienne splendeur et son ancien prestige qu’en épurant sa littérature et en redevenant croyante comme autrefois.
Oui, puisse la France s'engager franchement dans la vraie voie de l'honneur et travailler activement à l’œuvre de sa régénération, et nous, canadiens-français, nous ne serons pas les derniers à applaudire au salut de ce grand peuple, dont le sang coule dans nos veines, et que nous verrions avec tant de fierté marcher encore à la tête de la civilisation ! Oui, puisse son drapeau, dont les couleurs ornent cette salle, reprendre son ascendant, flotter plus haut que jamais en renfermant dans ses nobles plis l'emblème de la véritable civilisation, et nous ne serons pas les derniers à l’acclamer de toutes nos forces !
Ce doit être pour nous, Mesdames et Messieurs, une agréable satisfaction de pouvoir affirmer que presque tous nos littérateurs ont puisé jusqu’à présent leurs inspirations aux eaux vives de la foi, c'est-à-dire à la source véritable du beau et du grand. Aussi, c’est en restant fideles à cette tradition que leurs œuvres continueront d’avoir une influence salutaire sur la société et les mœurs. C'est en imprégnant leurs écrits de l’idée religieuse, qu'ils sauront combattre les fausses tendances de tous ces systèmes matérialistes, de toutes ces utopies et de ces idées anti-sociales qui minent aujourd’hui l’Europe : qu'ils sauront faire aimer la vertu au peuple au lieu de lui dorer le vice, et qu'ils lui inspireront le culte de toutes ces grandes choses qui font la gloire et la force d’un peuple.
Nous n'avons pas jusqu’à présent dévié de la noble mission qui nous à élé dévolue. Nous avons veillé avec un soin jaloux à la conservation de notre patrimoine national. Eh! bien, si nous voulons nous montrer dignes de notre passé et marcher fièrement dans la voie de l’honneur, ne souffrons pas que notre littérature en se viciant prépare trop tôt l'œuvre de notre dégénération. Efforcons-nous de la rendre purée et sévère,—car la littérature ne fut jamais plus puissante qu'à notre époque,—et nous pourrons espérer alors de'‘conserver à la nation cette vitalité qui s'est aflrmée si hautement au milieu mème de nos plus grandes épreuves.
L'Institut Canadien Français n’a cessé depuis sa fondation de travailler à cette alliance féconde des lettres et de la religion, et il est à espérer que toutes ses aspirations à l'avenir tendront à resserrer une union, qui ne pourra manquer d'ajouter de nouveaux fleurons à notre couronne nationale.
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PRONONCÉ PAR M. Joserx Tassé, PRÉSIDENT DE L'INSTITUT CANADIEN- FRANÇAIS D'OTTAWA, DANS LA SÉANCE DU ? AvRiL 1873.
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Î MONSEIGNEUR, à MespaMEs ET MESSIEURS, 4 |
En ouvrant le cours littéraire de l’Institut Canadien-Français, il di
i| y a bientôt quatre mois, j'invitais tous les amis des lettres, toutes É les personnes désireuses de contribuer au progrès intellectuel et ;
Rue
social de notre population, de nous donner leur concours pour
{ permettre de remplir la tâche difficile—et j'ajouterai—éminem- Î ment patriotique que nous entreprenions. dJ’insistais en même LL temps sur les nombreux avantages intellectuels qu'offrait un cours À hebdomadaire de conférences françaises, et je priais nos compa- 1 iriotes de s’y rendre en grand nombre, atin de ne pas perdre le %
fruit de tant de bonnes paroles, de tant de précieux enseignements, 4
tombés des lèvres des éloquents conférenciers qui se succéderaient
tour à tour à cette tribune. :
Eh bien! en terminant, ce soir, notre cours littéraire annuel, je %
puis rendre ce témoignage à nos collaborateurs et à toute la popu-
lation, que cet appel a su trouver partout un bienveillant écho.
Grâce à leur concours, nous avons pu donner chaque mercredi,
durant quatre mois, un entretien des plus instructifs, et la musique
et le chant se sont joints à la littérature pour donner un attrait
tout particulier à nos séances. Nous avons pu marier l'utile à
Pagréable, élever le goût non-seulement dans les lettres, mais
encore dans la musique et le chant, et couronner cette œuvre