‹ Deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 22 sur 168 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

liant il n’y a plus moyen... Allons ! mon cher, votre conduite est pitoyable, permettez-moi de vous le dire.

ÉDOUARD

Ecoutez, je vous jure que je 11e suis pas aussi coupable que j’en ai l'air. Ma parole, j'ai été entraîné; il n’y a presque pas de ma faute. Si je vous racontais comment ça s’est passé cette fois-ci, vous 111’excuseriez vousmcme.

JOULIN

Voyons un peu.

EDOUARD

C’était le mois dernier. Une dame de nos amies, à qui je faisais la cour légèrement, très légèrement...

JOULIN

D’abord, il ne fallait pas lui faire la cour.

ÉDOUARD

Je la lui faisais sans intentions, machinalement, comme on fait à toutes les femmes . Voilà que tout d’un coup, un soir, dans un salon, elle me demande en riant, en me riant dans les yeux : « Qu’est-ce que vous faites demain, dans l’après-midi? » Je réponds naïvement, sans songer à mal : « Je ne sais pas ; et vous ? » Elle me regarde encore en riant etelleme dit : « Ce que vous voudrez. » Voyons, qu’auriez-vous fait à ma place?

JOULIN

11 n’est pas question de ce que j’aurais fait, moi, mais de ce que vous avez fait, vous.

ÉDOUARD

Dame ! écoutez, je ne suis pas un goujat, je ne pouvais pas faire celui qui n’a pas compris. Et c’est toujours la même chose.

Page 1