‹ Deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 45 sur 168 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HENRIETTE

Je ne t’aime plus... C’est fini, tu m’en as trop fait. Si je t’aimais encore, je ne serais pas si tranquille, tu peuxen être sût... J’aurais déjà pleuré... je t’aurais déjà traité de misérable, et nous serions déjà même réconciliés.

Alors, tu n’as plus aucune affection pour moi ?

HENRIETTE

Mais si, j’en ai. Tu n’es pas méchant; si j’étais malade^, tu me soignerais très bien, tu l’as déjà fait. Une fois divorcée, je te reverrai avec le plus grand plaisir... Mais comme mari, tu 11’es pas possible. Je t’assure que tu n’es pas possible. Je me suis bien appliquée, j’ai fait ce que j’ai pu; mais décidément je ne peux pas m’habituer à

être trompée tout le temps, avec cette désinvolture. Vois-tu, en nous mariant, nous avons commis la grosse erreur. Ce qu’il t’aurait fallu, à toi, c’est une petite femme comme nous en connaissons tant, coquette, piaffante, effrontée, qui t'aurait tenu sur le qui-vive, aurait flirté avec tes amis, et ne t'aurait inspiré aucune confiance. Alors, tu aurais été très heureux.

ÉDOUARD

Mais je suis très heureux.

HENRIETTE

Ça ne suffît pas dans un ménage. Moi, je suis trop bonne fille. Tu t’es aperçu tout de suite quej’étais incapable de te tromper, et en effet, j’en suis incapable. Je ne l’ai jamais autant regretté qu'aujourd’hui.

Faisons encore une expérience, Hen-

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