‹ Deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 46 sur 168 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

riette, je t’en supplie... Tu ne peux pas me refuser de faire une nouvelle expérience !

HENRIETTE

Nous ne faisons que ça depuis sept ans. Non ! en voilà assez ! Tu m’as trompée cet après-midi avec Marguerite Ménobier....

Pardon, tu ne m'as pas trompée cet aprèsmidi avec Marguerite ? Non, mais dis-le... Je serais curieuse de voir ta figure pendant que tu dirais ça !... Tu m’as donc trompée avec Marguerite... demain, tu me tromperas avec une autre... je ne sais pas qui, n'importe qui, peut-être la personne qui sort d’ici. Ce n’est pas de ta faute, je commence à le croire ; tu ne peux pas faire autrement. De même que je suis incapable de tromper, tu es incapable, toi, de ne pas tromper... L’erreur de la Providence a été justement d'unir deux individus dans ces conditions-là. Par bonheur, on peut la réparer, cette erreur. Dépêchons-nous.

LES DEUX ÉCOLÇS

ÉDOUARD

Je ne veuxpas, tu entends, jene veux pas... J’ai des torts envers toi, des torts graves, les torts les plus graves; mais enfin, il n’y a pas de torts irréparables... Tu es ma femme, nous avons fait un f mariage d’amour, un mariage propre ; cé sont des choses qu’on ne doit pas oublier. Nous avons eu des heures d’une intimité délicieuse, malgré tout.

HENRIETTE

Malgré tout est le mot.

ÉDOUARD

Je te dis que je ne veuxpas,.. Nous nous en repentirions tous les deux... On ne dL vorce pas comme ça ; d’abord, c’est insensé !

HENRIETTE

Mais si! on divorce comme ça. L’avoué m’a expliqué... Nous divorcerons cet été !

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