‹ Deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 5 sur 168 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Mme BRÉNEU1L

Oh! ce n’est pas pour vous faire un compliment... Je comprends très bien qu’on refuse d’être votre maîtresse; je ne comprends pas qu’on refuse d’être votre femme. . . Vous êtes le vrai mari, le mari par excellence... Vous êtes un homme régulier, sérieux et doux. Vous ne faites pas de grands gestes, vous ne devez jamais rien casser... Je ne crois pas qu’on puisse vous aimer violemment pendant les quelques heures que durent ces plaisanteries-là. Mais on doit vous aimer tout le temps un peu. Si on apprenait la vie aux jeunes filles au lieu de leur apprendre des sottises, dès qu’elles auraient la chance de rencontrer un monsieur comme vous, elles commenceraient par l’épouser, d’abord. Elles verraient bien après.

Je suis confus.

Mme BRÉNEUIL

Quand vous voudrez m’épouser, moi, ne vous gênez pas... Vous savez que je suis veuve ?

LE IIAUTOIS

Comment pourrais-je l’ignorer?

Mme BRÉNEUIL

Avez-vous connu mon mari ?

LE HAUTOIS

Vaguement.

Mrne BRÉNEUIL

Moi, je ne l'ai pas connu du tout... C’est vrai : je ne l’ai perdu que depuis deux ans, et il me serait impossible de me rappeler son caractère... Je crois qu’il n’en avait pas. C’était un homme qui ne s’occupait que de ses affaires... C’est à peine si je l’apercevais

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