‹ Deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 79 sur 168 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

HENRIETTE

Oui, j’y tiens.

LE HAUTOIS

Eh bien ! vous auriez mille fois tort. Vous n’avez plus avec votre mari aucun intérêt commun. Légalement, vous ne le connaissez pas, et vous n’avez pas plus à lui adresser la parole ou à tolérer qu'il vous l’adresse, que s’il s’agissait du premier passant venu. Le divorce a fait de vous deux étrangers.

HENRIETTE

Deux étrangers !

Oui Madame...

HENRIETTE

, Ah bien ! si j’avais fait avec beaucoup d’étrangers ce que j’ai fait avec... Non! vous me feriez dire des choses

iG8

LE HAUTOIS

La loi est la loi.

HENRIETTE

Mais la réalité est la réalité. Le divorce sépare des époux qui ont des raisons de ne plus s’accorder, mais il n’en fait pas nécessairement des ennemis. Comment! des gens qui ont voyagé quelques jours ensemble sur un paquebot ne sont plus des indifférents les uns pour les autres, ils se quittent avec des poignées de mains et une certaine émotion, et vous voudriez qu’un mari et une femme, brusquement, sur un signe de la loi, n’aient plus même un souvenir commun ?. „ . Que diable ! eux aussi, ils ont fait une traversée ensemble !

JOULIN

Il y a du vrai dans ce qu’elle dit...

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