‹ Deux études sur la Grèce moderne: Capodistrias, Le royaume des HellènesChapitre 4 sur 10 · C A PO 1)1 STRIA S G · texte numérisé non relu

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plus remarquables, on peut mentionner celui du corps commandé par Tzami-Caralassos, qui était cantonné à Eleusis. Le gouvernement envoya des troupes nombreuses, appuyées par de la cavalerie et de l'artillerie. La victoire resta aux gros bataillons, commandés par M. Augustin Capodistrias. Alors arriva en Grèce un numéro du journal anglais le Globe, dont un long article, dirigé contre M. Capodistrias, l'accusait d'attendre le résultat de négociations entamées entre la Porte et la Russie, pour se faire déclarer souverain du Péloponèse, érigé en bospodarat vassal. A cette nouvelle, qui ne parut ni improbable ni controuvée à personne, on jeta les hauts cris; le gouvernement, ordinairement si dédaigneux et si insouciant des réclamations populaires, se crut obligé de faire démentir les assertions du Globe par son organe officiel; mais ce démenti fut articulé avec embarras, et tout le monde sut ce qu'il valait.

Les troubles devenaient chaque jour plus alarmants, et les plénipotentiaires de Poros jugèrent enfin convenable d'en rechercher les causes. Ils se firent autoriser par le président à s'entendre avec les délégués que les Hydriotes proposaient de leur envoyer, et l'on vit débarquer à Nauplie une députation composée de MM. George Conduriottis, Miaulis, Jean Boudouris et Mavrocordato. Après quelques débats, relatifs aux indemnités de guerre réclamées par les insulaires pour la perte de leur commerce, on attaqua le fond de la question; le ré-

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tablissement de la constitution de Trézène, la convocation immédiate de l'assemblée nationale furent solennellement demandés. Comme on devait s'y attendre, le président repoussa ces propositions avec hauteur; il refusa de céder à des rebelles et donna pour raison concluante que les travaux de la conférence de Londres ne pouvaient qu'être fort compliqués par une accession aux volontés des mécontents. Cette preuve d'égards pour les illustres diplomates réunis dans la capitale du Royaume-Uni réussit-elle à émouvoir leurs délégués à Poros? On ne sait; mais les députés hydriotes se retirèrent exaspérés, et tout rapport fut rompu entre eux et le gouvernement. La Grèce, trop étendue sans doute, formait, dès lors, deux pays. Une commission municipale s'organisa, et une circulaire invita en son nom les provinces à envoyer à Hydra des mandataires pour ne pas retarder plus longtemps l'ouverture de l'assemblée nationale.

Peu de jours après, le secrétaire des affaires étrangères et de la marine marchande donna sa démission, et sortit de Nauplie. Le même jour, le secrétaire du sénat fut destitué pour crime de correspondance avec Hydra. Les défections se multipliaient. Des mesures de rigueur parurent nécessaires; plusieurs personnes furent exilées. Mais, comme on était à bout de ressources, il fallut bien en venir au point redouté, et l'assemblée nationale fut convoquée pour le mois d'octobre. On était en juillet 1831, et le résultat des longues réflexions de

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la conférence de Londres allait bientôt être connu. Le provisoire était donc près de finir, et M. Capodistrias voyait avec douleur s'ouvrir devant lui un avenir qui allait probablement l'annuler. Pour se venger de ceux qui appelaient ce résultat de tous leurs vœux, il fit répandre le bruit que sa flotte, réunie à Poros, allait, avant peu, paraître devant Hydra.

Les insulaires ne lui laissèrent pas le temps d'agir, si réellement il en avait l'intention. L'amiral Miaulis, à la tête de deux cents marins, arrive de nuit, entoure les vaisseaux du gouvernement, et s'en empare avec ses barques. Grand est l'embarras de M. Capodistrias, bien grand aussi celui des commandants français et anglais. L'amiral russe conseilla l'emploi de la force; le capitaine Lyons refusa positivement son concours, et le capitaine Lalande répondit au colonel Callergis, envoyé par le président, qu'enfant de 93, il se ferait plutôt hacher que de tirer sur des constitutionnels. C'est que la question était bien réellement là, et qu'en hésitant à se faire les instruments du pouvoir, les deux officiers comprenaient qu'ils étaient venus non pour servir l'ambition d'un homme, mais pour garantir la liberté d'un peuple. En attendant que l'affaire se résolût, on ne négligea pas les notes officielles; le résident russe blâma la conduite de Miaulis avec beaucoup de rudesse et de hauteur; ses deux collègues se mirent nécessairement à sa remorque, mais tous deux ne cachèrent pas, dans l'intimité, ce que leur caractère

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d'hommes publics leur interdisait de proclamer, l'éloignement que leur inspiraient M. Capodistrias et sa cause.

Cependant l'amiral hydriote et ses marins tenaient la flotte en leur pouvoir. Le président, se voyant privé du secours matériel des commandants français et anglais, dissimula fort peu sa mauvaise humeur, et fît faire à ses ennemis des sommations de se retirer ; elles restèrent complètement stériles. Les capitaines Lyons et Lalande, las de jouer le rôle difficile d'observateurs dans cette malheureuse affaire, quittèrent soudainement. Poros et se retirèrent à Nauplie; mais l'amiral russe, M. Ricord, resta : les événements se précipitèrent.

Tout à coup les protestations pacifiques de M. Capodistrias cessent ; M. Callergis signifie au chef hydriote que, s'il ne se relire pas, on l'empêchera de recevoir des vivres. En même temps, des troupes sont dirigées sur Poros : de toutes parts arrivent des renforts; Miaulis, cramponné à sa proie avec deux cents hommes, répond à M. Ricord, qui transmet les menaces dont il doit être l'exécuteur, que, si le lendemain passage n'est pas livré aux Poréotes partant pour Hydra, il tirera sur la flotte russe. Quelques instants sont à peine écoulés, qu'à l'entrée de la rade paraît une goélette chargée de vivres; le brick russe le Télémaque et le lougre le Chirokin s'avancent pour barrer le passage; aussitôt le combat s'engage entre les deux vaisseaux et la goélette, que vient soutenir une simple corvette montée par

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