‹ Deux familles rurales de la rive sud du Saint-Laurent [microforme]Chapitre 1 sur 4 · OTTAWA MPRIMÉ POUR LA SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA · texte numérisé non relu

OTTAWA MPRIMÉ POUR LA SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA

SECTION LE. 190%. 28 ] Mémoires S, RC

I1.— Deux familles rurales de la rive sud du Saint-Laurent :

Les débuts de la complicalion sociale dans un milieu canadien-français.

Par M. Léon Gérix. (Lu le 26 mai 1908.)

Dès 1886, l’auteur recucillait sur place les premiers matériaux de ä monographie de lPHabitant de Saint-Justin, rive nord du Saintlaurent. Publiés d'abord dans la revue la Science Sociale, de Paris. ces renseignements furent, en 1898, reproduits dans la collection des Mémoires de la Société Royale du Canada, en plus grand détail, et augmentes de notes sur deux paroisses attenantes à Saint-Justin,

Sous sa forme nouvelle, cette étude avait un triple intérêt: elle presentait la description méthodique d’un type traditionnel de cultivateur canadien-français observé sur la terrasse, c’est-à-dire à l'arrière plan de :: plaine étroite qui borde la rive nord du fleuve : elle contenait les ébauches de deux variétés du même type, celle de l'Habitant de Maskinongé, où du bord même du Saint-Laurent, et celle de l’Habitant de Saint- Didace, ou de la montagne; enfin, elle faisait connaître la méthode d’ob- “efvation sociale de Frédéric Le Play et d'Henri de Tourville, qui avait guidé l’auteur dans ses observations et ses déductions. et dont, même, la nomenclature se trouvait en partie reproduite dans les cadres de l’exposition.

L'auteur présente aujourd’hui deux autres tvpes, observés cette fois dans la plaine qui forme la rive sud du Saint-Laurent: le cultivateur de Saint-Dominique (comté de Bagot), le colon-émigrant de PAngefardien (comté de Rouville). Cette étude, comme la précédente, lui parait avoir un intérêt scientifique multiple. Elle forme une nouvelle ‘ntribution à la connaissance de l’Habitant et de la géographie sociale du Canada français. Elle signale par rapport au type primitif de no-

‘hles variations, principalement de deux sortes: il y a le type que le fouveau régime industriel et commercial a eu l'effet d'élever dans l’échelle ile, et d'autre part, le type que ce même régime a eu l’effet d’insta- Pser, Pour plus de rapidité et de clarté, on n’indiquera ici que les caracteres les plus saillants de chacun de ces types, par comparaison avec lui où ceux précédemment décrits. Enfin, les divisions mêmes de [‘tide accusent un changement, un progrès, peut-être, dans la méthode d'observation et d'exposition, en ce qu’il rend plus facile, plus exact et plus rapide le travail d’analyse, de Comparaison et de classification des Îvpes sociaux,

FFE LAN RPnE eee aa,

cs bb dns sde: 5560 FAT

le heu d'exposer au long en quoi consiste cet han

raisons qui Le justifient, les avantages qu'il assure

1 suflira de dire, en vue de faire compreadre la marche que nous allons

suivre, que, au Heu de procéder, comme dans l'ancienne nomenclatur et dans la monographie de PHabitant de Saint-Justin, par phénomet sociaux généralement (Bien, Fravait, Propriété, Biens mobiliers, Salaire Épargne, Famille ouvrière, Mode d'existence, Phases d'existence, Patro nave, Commerce, Cultures intellectuelles, Religion, Voisinage, Paroisse ete, on y procède fondamentalement par groupements SON, simple au composé (Famille, Atelier, Commerce, Professions Hbéra Ecole, Eglise, Voisinage, Assoriations libres, Paroisse, ete.) Puis Société à l'étude ayant été résolue en ses groupements constitutifs, cl cun de ces groupements est SOURIS à une analvse portant uniformen sur six caractères: Personnel, Fonetion, Movens d'existence, Mode d'ex

tence, Phases d'existence, Relations ave les autres croupemnents

F L: Cultivaleur di Saint-Dominique.

Le milieu social de Naint-Donminique, comme celui de Saint-Justin,

se résout en un petit nombre de groupements, dont le plus important

est à coup sûr la famille agricole, Cest done par la monographie d'une

famille de cultivateur que nous devons commencer notre analyse.

Le groupement famille-atelier, — 1) Personnel. — La famille C. dont il me fut donné de faire la connaissance en 1885, comprenait alors de 1? à 15 personnes, comme il suit:

Antoine C., chef de famille, âgé de 60 ans.

Herminie V., femme du précédent, âgée de 47 ans.

Abraham V., père de celle-ci, âgé de 76 ans.

Geneviève Ch., mère de celle-ci, âgée de 72 ans.

Joseph C., enfant d'Antoine C. et d'Herminie V.. âgé de 18 ans. Alma F F: à âgée de 17 Omer pi à L agé de 14 Virgina #5 F Æ agée de 12 Hector ä à ; âgé de 10 Sara & agée de 8

Antoine C., père du chef de la famille, âgé de 80 ans.

Pélagie D., femme du précédent par un second mariage, âgée de 68 ans.

En outre, durant une grande partie de l’année le groupe s'augmentait d'au moins deux ou trois garçons de ferme, recrutés au dehors.

Puis. Amédée €. fils du chef de famille par un premier mariage, €

[aënin] DEUX FAMILLES RURALES 27

exploitant une terre voisine de celle du pere, venait de temps à autre travailler chez celui-cr1, où ÿ envoyait son engagé, Joseoh Brunelle.

Déjà au simple point de vue de sa composition, ce groupement manifeste des différences assez sensibles par rapport à celui de Saint-Justin. Comme à Saint-Justin, les enfants sont nombreux, et à côté de la jeune generation qui grandit au foyer paternel, on voit figurer des vieillards, des infirmes, Mais on y observe aussi la présence d’un élément nouveau, celui des domestiques ou garcons de ferme : et, d'autre part, le groupe amilial proprement dit n’est plus aussi homogène, La femme du chef de maison n'est pas comme lui issue d’une famille de cultivateur, mais d'une famille d'artisan et de commerçant: et nous verrons par la suite que ce n'est pas là une simple circonstance fortuite, mais une manifestuuon, entre bien d'autres, d'un phénomène caractéristique de la région : la lente pénétration du milieu rural par le commerce.

*) Fonctions—Comme à Saint-Justin. ce groupement initial est à la fois famille et atelier de travail. En effet, la plupart de ses membres ont de l'un à l'autre, non seulement les rapports ordinaires de parenté familiale, mais les rapports de Patronage, c'est-à-dire d'ouvriers gagnant leur vie sous la direction d’un chef de métier. Mais encore ici il importe de signaler une différence: à Saint-Dominique, la famille et l'atelier, outen restant unis comme à Saint-Justin, sont moins confondus, tendent davantage à se distinguer. I] n'y a plus ici comme à Saint-Justin correspondance à peu près exacte entre le personnel de la famille et celui de Patelier. Nous l'avons vu, le £roupement comprend plusieurs garcons

de ferme, et ceux-ci ne sauraient être considérés comme faisant partie

de la famille: ile ne reçoivent qu'un salaire en argent, et ce sous un ré- “me d'engagements temporaires, souvent de très courte durée. Dans le cours des quatre mois que j'ai passés à la ferme, il s’est produit de nombreux changements dans le personnel des engagés. Puis, dans l’exploitation de son domaine, le père de famille paraît compter un peu moins que celui de Saint-Justin sur le travail de sos enfants et les femmes n'y prennent aucune part aux travaux des champs. Mme C. se borne à faire les semis et les sarclages dans le jardin potager, et même ici elle requiert l’aide des hommes lorsque la tâche est trop lourde,

Ce commencement de séparation entre les deux groupements, famille, atelier, paraît avoir sa répercussion sur l'étendue et le mode d'exercice de quelques-unes de leurs fonctions essentielles, comme nous allons voir, en les examinant de plus près. Les fonctions du groupement famille, au point de vue social, peuvent se ramener à quatre: la procréation d’enfants, la subsistance de ses divers membres. le maintien de la paix au fover, l'éducation des enfants, En ce qui est de la première de ces fonc-

VE KHOYALE ANADA

famiile du -Lhonit que celle di auint.}ust tit à Sauint-Justin la famille rur haddrene t remarauuble p tcondité \ntoine C., pour sol cortpl 1 sept t uit nts «de “Hi Drernilé mariage, et autant Mais, au point « ue d il state Hi rit des membres du rroupe, 1 se manileste lux types de sensibles differences, aussi bien dans l'étendue que dat « mode d'exercice de la fonction. À nt-Justin, où le groupermet mille et le groupement atelier 8e conla communauté familiale ouvrière se chargeait d'assurer dans on seulement présente, HIER père de famille retenait aupr 6, qui se mariait au foyer, toutes celles

qui ne se mariaient pas; et que, d'autre part sus forces et des services rendus par chacun d'eux à ibventionnait ceux de ses enfants qui s’établissaient ai Vous avons ainsi reconnu l'existence d'un régime étroit d nauté. de dépendance et d'assistance mutuelle entre tous les menibres du groupe,

A Saint-Dominique, où latelier de travail tend à se détacher de la famille, celle-ci ne se charge pas d'assurer auss complètement la subsistance future de ses membres. 1] est intéressant à cet évard de comparer les dispositions testamentaires d'Antoine C., de Saint-Dominique, avec celles de Louis Casaubon et de Francois Gagnon. de Saint-Fustin Vous avons constaté naguère que la famille rurale dans le milieu traditionnel de Saint-Justin, s'efforce, en premier lieu, de constituer un domaine exactement proportionné à la somme de main-d'œuvre fournie par ses membres: en deuxième lieu, une fois ce domaine constitué, de le maintenir intact d’une génération à l'autre, en vue d'assurer la subgistance de tout <on personnel, jeunes et vieux: en troisième lieu, une fois ces deux résultats obtenus, de subvenir le plus largement possible à l'établissement des enfants qui se marient, et surtout des garçons qui 8° mettent à la culture des terres.

Dans le cas d'Antoine C., de Saint-Dominique, et notamment dans ses rapports avec ses enfants issus de son deuxième mariage, cette triple

préoccupation est beaucoup moins apparente. Par son testament du 1?

aoû 1891, il fait à ceux de ses enfants qui ne sont pas encore pourvus,

Omer. Virgina. Hector, Sara, des legs en argent variant de six cents à deux cents dollars. A sa femme, Herminie V.. il lègue avant tous autres une somme de mille dollars, plus la jouissance sa vie durant, ou jusqu’à «on convol en secondes noces, du résidu de la succession, une fois les legs

[GERIN] DEUX FAM!LLES Rt HALES 2v

particuliers payés; et à l'extinction de cette jouissance, les biens iront

exclusivement aux enfants issus du Mariage, lesquels “en feront le par-

lage par parts égaies ". On ne voit plus 161 chez le père de famille la Preéoccupation absorbante de maintenir le domaine intact entre les mains

de quelqu'un de ses descendants et de favoriser la création de nouveaux

domaines agricoles, non plus que le même parti pris d'avantager dans

ce but un fils au détriment des autres, où d'une maniere générale, les garçons au détriment des filles,

Les rapports établis entre Jes divers membres de la famille de Suint- Dominique, et qui assurent, en même temps que sa subsistance matéri Île, son bien-être moral, c'est-à-dire la paix au foyer, ne diffèrent pas très sensiblement de ceux observés entre les membres de la famille de Saintlustin. Mais toutes les différences qui ont été relevées sont dans le sens l’une plus grande distension de ces rapports, d’une plus grande indé pendance des membres du groupe les uns vis-à-vis des autres, Dans les Jeux cas nous voyons que la mère jouit dans la famille d'une autorité presque égale à celle du père, et que, d’autre part, les enfants jouissent Vis--Vis de leurs parents d'un certain laisser-aller, doubl,. particularité ssez remarquable quand on la rapproche du tableau que nous font les “erivains de la famille paysanne dans les provinces de la France d'où

at venus nos ancêtres, Nous avons vu que ces différences d'organisaon entre la famille du paysan français et celle de l'Habitant canadien xpliquent assez bien par les conditions d'existence mêmes dans lesiuelles ce dernier s’est trouvé placé depuis son installation en Amérique : ‘ondance du sol disponible, proximité d'immenses étendues inoccupées, 1 ont fourni à l’origine la matière première de deux grandes industries le simple récolte, la traite des fourrures, puis l'abatase et le flottage lu bois; industries primitives, exercées à de grandes distances des étalissements agricoles, qui ont tenu les chefs de famille, durant de longues périodes, éloignés de leurs foyers, laissant la mère de famille chargée de à direction, non seulement du ménage, mais aussi de la forme, La mére a vu dès lors son influence grandir, De même ces industries, et plus tard le développement des centres de commerce et de fabrication. la mstruction de chemins de fer, ont ouvert à la jeunesse de nouveaux lébouchés et occasionné dans les campagnes une rareté de main-d'œuvre ‘avorable à l'indépendance des enfants, Mais cette émancipation de la femme et des enfants est encore plus : évidence dans Ja famille de Saint-Dominique que dans celle de Saintlustin. Par exemple, à Saint-Justin, la femme Coopérait bien avec son mari à la confection du testament : dans le cas de survivance lors de la dissolution de la Communauté par la mort de son conjoint, elle entrait

en possession de [a moitié des biens accumulés pendant le mariage par le travail des époux, et obtenait la jouissance viagere (ou durant viduité) de la part laissée par son mari À Saint-Dominique, le chef de famille fait seul son testament, mais il institue sa veuve sa légataire universelle, exécutrice testamentaire et administratrice. ‘Je nomme madite épouse mon exceutrice testamentaire et ladministratrice des biens de ma succession, et comme telle elle exercera cette charge la durée de sa jouissance: sans étre tenue de faire inventaire, elle pourra vendre, échanger, transporter où autrement disposer de mes capitaux et biens meubles «1 immeubles pour le prix et suivant les conditions qu'elle jugera avantageuses, de gré à gré, Sans aucune formalité de justice, et sans le consentement ni l'intervention de mes héritiers et lérataires, et elle pourra faire ces dispositions chaque fois qu'elle le jugera avantageux à ma succession.”

11 semble bien que la personnalité de la mère de famille s'affirme davantage sous ce régime, A Saint-Justin, la femme, à titre d'associée, coopérait avec SON MATT à la confection du testament, et dans le cas de prédécès de celui-ci, devenait Fassociée de son fils héritier. A Saint- Dominique, la mère de famille, à titre de légataire universelle, d’exécutrice et d'administratrice absolue, à la mort du père de famille remplace celui-ci et exerce tous ses droits. De même il m'a paru que dans la famille de Saint-Dominique, les enfants, les garçons surtout, se montraient plus impatients de toute contrainte, plus jaloux de leur indépendance.

En ce qui regarde l'éducation des emfants, la famille de Saint- Dominique présente par rapport à celle de Saint-Justin des divergences intéressantes. Nous avons vu que dans la famille traditionnelle de Saint-Justin, et notamment chez celle que nous avons prise comme exemplaire, l'éducation des enfants n'existe guère comme fonction distincte. Elle consiste dans une grande mesure à inculquer à l'enfant par l'exemple ou la parole, dans la pratique quotidienne, une certaine routine fort simple. école, même la petite école, tenait beaucoup moins de place dans ce système d'éducation que la vie en famille, le travail de la ferme et la parole du curé. À Saint-Dominique, on observe déjà plus de com-

plication. C’est ainsi qu'Antoine C., bien que lui-même cultivateur de

A Sté

progrès, n'hésite pas à se priver quelque temps, dans le cours de Pété,

des services de son jeune fils Omer, pour envoyer faire un stage chez

un apiculteur de la banlieue de Saint-Hyacinthe. C’est ainsi qu'il met

ses enfants. et entre autres 50n pits j file Hector, à

un cours d'études classiques.

Il est intéressant de constater que dans la même mesure où l’atelier

HUpnUuup —'2 *Uvl|’

2 uot}81

ur up 9eNnauArIUOUI ouoz : (28041 U01)830109) "1

ns nf! YSNAUHEJU( :(91194 !

DAHTAD 4 SONIAOUd VE A4 A'IVAYINIO AIHd4VHDOdOL

de travail tend à se séparer de la famille, celle-ci se charge de moins en moins d'assurer directement l'avenir des enfants, mais, d’un autre côté, développe sa fonction la plus haute, qui est l'éducation de ces enfants.

Au reste, si du compartiment famille de ce groupement mixte, nous Passons au compartiment atelier, nous verrons aussi que, du fait de la cparation, l’atelier tend à se développer, à se spécialiser, à mieux remplir sa fonct'on essentielle, qui est l'exploitation des ressources locales.

(Fest ce dunt uous allons pouvoir nous rendre compte en étudiant les

moyens d'existence de notre groupement mixte,

3) Moyens d'existence, — Les moyens d'existence de la famille rurale de Saint-Dominique, comme ceux de la famille rurale de Saintlustin, se rattachant à l’un ou l’autre de trois ordres de faits: le Lieu, e Travail, la Propriété. Le Lieu, c’est-à-dire l'ensemble des conditions u des ressources présentées spontanément Par le milieu physique; le lravail, éest-à-dire le parti que l'homme à Pu tirer de ces conditions pur l'exercice de sa propre activité: enfin. la Propriété, c’est-à-dire les produits de l'exercice de cette activité accumulés sous forme d’immeudes, de biens mobiliers, d'épargnes quelconques,

Le Lieu.—La région dont fait partie Saint-Dominique est favorisée iu point de vue de la nature du sol et du développement des moyens de ransport. Le trait le plus saillant de la géographie physique de toute ette partie de l'Amérique septentrionale, c’est le bassin du Saint-Launt, dont les cinq grands lacs, ou mers intérieures, s’étalent presque au

ntre du continent, et se déchargent dans l'Atlantique par la large anchée du fleuve, courant du sud-ouest au nord-est, sur une distance plus de 600 milles. Le Saint-Laurent s’est creusé son lit dans la oins dure des deux grandes assises rocheuses de la région, dans le unbro-silurien, mais à une assez faible distance de la ligne de suture celle-ci avec la formation laurentienne du nord, composée de roches anciennes et plus cristallines. [L'action des eaux dans la suite des nps a eu l'effet de former ici, entre deux massifs montagneux d'inégale érité, une vallée, étroite vers l'embouchure du fleuve, où elle na guère s de 50 milles de largeur (occupée, du reste, presque tout entière par eaux), mais beaucoup plus large vers l’intérieur, à la hauteur de \ontréal, par exemple, où elle atteint un développement de 100 milles terre arable, d’une zone montagneuse à l’autre. (Voir la carte eitre.)

Pans cette vallée, les diverses natures de sol se succèdent &ans l'ordre ant: sur chaque rive, une zone de terre argileuse. remplacée vers ténieur par une zone de terre sableuse. qui s'étend jusqu’au pied des tagnes. Les coquilles contenues dans ces argiles et dans ces sables

attestent leur origine marine. Formés de détritus des roches bordurières battues par les flots, à une époque fort reculée où la mer recouvrait toute la vallée, ces terrains se sont déposés exactement dans l’ordre de leur gravité spécifique, les sables, plus grossiers et plus lourds, à proximité des rivages d'alors (les escarpements montagneux actuels) ; les argiles, restées plus longtemps en suspension, à cause de leur plus grande finesse, plus au large, vers thalweg de la vallée actuelle. Cest ce qui explique que, d'une manivre générale, à partir du fleuve, tant sur la rive

nord que sur la rive sud, on rencontre d'abord des terres Fortes ars le

puis des terres franches Ont Lange d'argile calcaire et de sable), et enfin des terrains sableux qui forment sur toute la périphérie de la vallée un

large ceinture aux argiles. Cet ordre général est troublé ici là par

fomnation plus récente, par exemple, d'alluvions

la présence de terrains de d'eau douce, comme à proximite du lac Saint-Pierre, ou encore de tourbières, comme sur divers points de l'intérieur. Il arrive aussi parfois que 1es alluvions recontes d'eau douce du bord du fleuve fassent defaut, et méme que, parmi les alluvions anciennes, les argiles et les terres franches n'appariassent pas en leur lieu: comme à proximite de Sorel et de Trois-Rivières, où les sables atteignent Île fleuve même, Toutefois. d'une manière générale, on peut dire que les argiles et les terres franches ont en bordure au fleuve, les terrains sableux, vers l'intérieur, en bordure aux chaînes montagneuses, Enfin, c'est en remontant le cours du

fleuve jusque dans le voisinage de Montréal que l'on observe à la fois le plus grand développement de la vallée et le plus grand développement des argiles et des terres franches, lesquelles sont de pius en plus rem-

placées par les sables à mesure que l'on se rapproche de l'embouchure du

fleuve, (Voir la carte.) Quant aux deux massifs montagneux, tant celui du sud que celui

du nord, leurs sols dans l’ensemble se distinguent de ceux de la vallée

ar leur moindre abondance et leur moindre profondeur: ils sont plus } de rochers. Ces massifs montagneux, à

grossiers et plus er (Te"oul ce n'est danse leurs parties les plus basses, n’ont pas comme la vallée éte recouverts jadis d'alluvions marines: ils n'ont pas comme la vallée recu d'apports de détritus enlevés à des révions circonvoisines : at contraire,

ile cnt été dépouillés au profit de la vallée d'une partie de leurs terres

les plns fines. Leurs sols (humus et tourbières exceptés) proviennent de

l'usure de leur propre croûte rochense par les seuls agents atmosphériq t inre, ot manquent en général de finesse et de profondeur. A cet égard, la région montagneuse du sud, reposant sur une formatioit rocheuse moins dure, moins cristalline, que celle du nord, a livré sous

l'action de l'air, de l'eau et des glaciers, des terrains sensiblement plis

“ohdants, plus favorables à la culture que la région montagneuse du nord,

Sant-Dominique, sur Le cours Mmitoyen et sur la rive sud du Saintfaurent, à 34 milles à l'est de M Miréal (exactement 45° 34° Jat. Ne, pur 2° 50° 30” long, O. de Grcenwi h), est situé dans la vallée, et même ‘ans la partie de la vallée où elle atteint sa plus grande largeur, et où parallèlement les argiles et les terres franches acquièrent le plus d’exten-

on. On observera, d'un autre coté, que Saint-Dominique n’est pas au ir de cette zone de la vallée qui est le micux partagée au point de vue ‘la nature du sol, la zone argileuse, mais sur sa bordure extérieure, et heval sur la zone sablonneuse moins fertile! Sa situation à cet égard

Intermédiaire entre celle de paroisses situées complètement dans Ja

ne argileuse et connues pour la fertilité de leur sol, comme Saint- "mon et Saint-Hugues, et celle d’endroits Compris dans la zone sablonse et à sol pauvre, comme certaines parties de Saint-Liboire. La terre de C., à proximité qu village de Saint-Dominique, sur un exhaussement de la vallée, se compose d’un sol de consistance moyenne, suflisamnt profond et calcaire, mais où déjà l’assise rocheuse affleure sur cer- “uns points formant des bassins d'un drainage difficile. Au point de de la nature du sol, les conditions de la région de Saint-Dominique,

: iffèrent pas très sensiblement de celles présentées par la région de Sunt-Justin,? sur la rive nord, si ce n'est par le développement beaucoup us marqué, sur la rive sud, du pays de plaine à sol arvileux et fertile. ‘mporte également de noter que la zone montagneuse qui ferme Ja

le à quelque distance au sud de Saint-Dominique est, en règle géné-

8, mieux partagée au point de vue de l3 nature du sol que la zone ‘itagneuse laurentienne sise immédiatement au nord de Saint-Justin. Mais c'est surtout en ce qui regarde les moyens de transport que la on de la rive sud, où est située Naint-Dominique, est mieux partagée la région de la rive nord, où est située Saint-Justin. Le pays plat sur la rive nord, à la hauteur de Saint-Justin, n'a que 15 milles de EU atteint 50 milles de largeur sur la rive sud, à la hauteur de Saintnique, Cette configuration plane du sol est par elle-même, on le ncoit facilement, une condition favorable au développement des trans- [l'est vrai qu'à l'origine le pays plat, tout comme le pays monta-

IX, était hérissé de forûts épaisses : mais À travers ces forêts coulaient fnsionrs rivières importantes, qui. navigables en été, présentaient en * sur leur surface olacée nne voie naturelle largement ouverte. Le

Saint-Dominique est indiqué sur la carte par la lettre

en

Indiqué sur la carte par la lettre “a

Sec. I., 1908. 3.

Saint-Laurent est, comte on sait, Un des Tandis fleuves du monde, et

les steamers du plus fort tonnage le remontent sans dilticulté jusqu'à Montréal. La rivière Richelieu, dont le cours tnlerieur, presque parallèle au Saint-Laurent, draine la zone la plus fertile du pays plat, sert de déversoir au lac Champlain, et, par le canal de Whitehall, se raccorde à la rivière Hudson, à New-York et à tout le littoral de l'Atlantique, Uulisée jadis par les Iroquois dans leurs incursions contre Îles établissements de la Nouvelle-France; très longtemps, et même encore

au}o J

rd'hui, fréquentée par de nombreux remorqueurs où bateaux à vapeur, elle a été jusqu'à l'avènement des voies ferrées, la principale voie de communication entre le Canada et Îles Etats-Unis. La rivière Yaimaska, parallèle à la Richelieu, et séparée d'elle par une langue de terre qui n'excède pas 12 milles de largeur, n'est navigable, il est vrai, sur la plus grande partie de son cours que pour les embarcations d'un assez faible tirant d'eau; mais elle n'en a pas moins exercé une grande influence sur le développement de cette partie du pays, à la fois directement, en facilitant les transports, et indirectement, en facilitant la construetion de chemins sur ses deux rives. C'est ce que constate fort bien le wéographe canadien Bouchette, dès 1832. “Les chemins sur les bords de la rivière Yamaska sont les principaux moyens de communication entre Trois-Rivières, Québec et l'état du Vermont... Le village de Saint-Hvacinthe (à six milles du village actuel de Saint-Dominique) étant bâti sur les bords de la rivière Yamaska (si favorable aux transports), recoit constamment des voyageurs de retour où à destination des Etats-Unis” (Joseph Bouchette, Topography of Lower Canada, 1837, erbo Saint-Hyacinthe.) La rivière Saint-François, qui se jette dans le Saint-Laurent à la tête du lac Saint-Pierre, à très peu de distance des embouchures de la Richelieu et de l'Yamaska, n’est pas à propre ment parler une rivière du pays plat, mais plutôt une rivière de la région montueuse du sud, où elle prend sa source, et qu'elle draine en tout sens. Et pourtant elle a aidé au dév loppement des transports dans la plaine, car c'est en remontant son cours, et ceux de ses affluents, la Coaticooke, la Massawippi, ete., que les grandes lignes de chemin de fer ont pu traverser d'outre en outre le massif montagneux pour aller aboutir aux ports du Maine et du Massachusetts.

Et si d’une part, la région de la rive sud du Saint-Laurent, même

dans sa zone montagneuse, n'offre pas d'obstacle sérieux à l'établissement

de routes eb de chemins de fer. d'autre part, nn avait intérêt à établir de ces voies, en vue d’écouler les produits de cette large plaine, soudée à des vallons et à des plateaux fertiles, et en vue aussi de se relier aux

centres industriels et commerciaux du littoral de l'Atlantique.

Vu se rendra encore plus vivement compte des avantages de cette SHUaTION, Si on la rapproche de celle de la région de la rive nord, à la hauteur de Saint-Justin, où la vallée, relativement étroite, se rattache un massif montagieux plus ‘pre en genéral, et beaucoup plus étendu que celui de la rive sud, et dont les rivières, moins importantes et plus oupees de cascades, moins favorables aux transports que celles de la He sud, aboutissent au pays froid et inhospitalier de la baie d'Hudson, \ussi cette région de la rive nord n'a-t-elle eu pendant de longues années in un seul grand moyen de Communication, le fleuve Saint-Laurent. Depuis cent ans, des bateaux à vapeur font le service de la navigation

le fleuve; depuis trente ans, il existe une ligne de chemin de fer Hscant Ja rive nord; mais ce n’est qu'en ces dernières années qu'il a

* construit une deuxième ligne vers l'intérieur, au pied de la chaîne ntagneuse; tandis que la large plaine de la rive sud, qui a précédé de pres de quarante ans la rive nord dans la construction des chemins de ‘r, est de longue date sillonnée par les voies ferrées. Le village même

Saint-Dominique n’est Pas traversé par une ligne de chemin de fer, Mas Ten a été établi plusieurs dans un faible rayon. La ville de Saint- Iiacinthe,' située à six milles au nord-ouest de Saint-Dominique, est E centre manufacturier de 10,000 habitants, desservi par quatre cheuns de fer,

Par suite du dével Ppement de la culture, des transports et du comrce et de l’agglomération des habitants dans la région de Saint-Domi-

ütqjue, les productions Sponfanées y son! en voie de disparition, Par mple, les fruits sauvages ne S'y trouvent plus en abondance, et le vateur qui fait le sujet de la présente monographie cherche à parer

* défaut par la plantation de fraisiers et de pommiers, tant en vue besoins de sa famille que de la vente sur le marché de Saint-Hyathe. De même certaines essences forestières sont devenues rares. C. int à se bâtir une grange sur une terre qu'il exploite accessoirement. in endroit appelé Ja Savane, à mi-chemin entre Saini-Dominique et “nt-Tyacinthe, ne trouve ni sur cette terre, ni sur le domaine principal aint-Dominique, tout le bois requis pour cette construction : il en inde une partie au commerce. Même le bois de chauffage n'est plus bondant. On n’a pas eu intérêt, il est vrai, à défricher la pente ipte, rocheuse, difficile de culture. qui relie le plateau de Saint- Unique à la plaine de Saint-Hyacinthe, et tout le long de cette pente, ‘une distance de quelque les, on observe une végétation arbores- 7, pauvre en bois d'œuvre ou de Construction, mais formant une pré-

use réserve de combustible pour les habitants du voisinage, Quant à

"Indiquée sur la carte par la lettre “ec”.

ni té Léa gui aie Est 2 2

CS

CN

n domaine comprend quarante ar]

lui comme combust ae 1 savane, rendre * simple !

nique L © - * pnottl Hnestiques que, ant-Hustn, nous Favons VU NATUET: aussi bien que les femmes pratiquent en grand nombre irement à la culture. Les femmes dans notre famille Wpe de Saint- Dominique ne filent ni ne tissents elles font de la couture, mais en util matériaux achetés au dehors, et en s'inspirant de cahiers

es obtenus à la ville Ë aux hommes, il se trouve fort peu de leurs ils qui soient dl abrication domestique: la plupart ont éti achetés de maisons faisant une spécialité de la coniection d'instrumen aratoires,.

\ peu de distance du village de Saint-Dominique et tout à côté dl

de C., sur la crête du plateau et le long de la pente tortuens qui conduit à la plaine, il a surgi un hameau de earriers et de chaufourniers. il s'est développé une double industrie d'extraction qui à 80n debouché à la ville voisine.

Enfin. dans toute cette partie du pays, on observe, et on obser\ ait dès 182, date de mes premières observations, un commencement de spécialisation agricole, A ce moment C. s'appliquait surtout à la production du lait. Il nourrissait de vingt à vingt-cinq vaches, dont portait le lait à une fromagerte établie dans le village même de Saint Dominique. La fabrication du fromage ne livrant comme déchet qu sérum ou petit-lait impropre à l'alimentation des veaux, C. ne pratiquait pas l'élevage. A l'âge de quelqr jours, où au plus de quelque: semaines, les veaux étaient abattus, chés et les peaux portées à | tannerie. Mais ce petit-lait de fronse rie, additionné de grains moulus où de farine grossière, est utilisabie dans l'engraissement des porcs Aussi C. engraissait-il chaque année, tant pour la consommation domestique que pour la vente, nombre de cochons,

Accessoirement à cette double spécialité, production de lait pour la fromagerie et engraissement de porcs, C. s’adonnait sur une échelle plus

“in à l’élevace des chevaux: il s’en trouvait sept dans son écurie.

pet Dans ce but, de concert avec son fils et voisin Amédée, il avait fait l’achai dun étalon elyde de race pure. Le poulailler et le jardin potager ne

livraient de produits que pour les besoins de la famille; le verger com-

PTE UR peu plus de cinquante pommiers, mais qui ne donnaient pas cucore de fruits. Enfin l'installation d'un petit rucher ne datait que de

tte année-là, Quant à la culture du sol, elle se faisait entièrement en ue de l'alimentation du troupeau,

Cette spécialisation du travail de la ferme, bien qu’elle ne fût pas poussée très loin encore, avait pour corollaire, on le conçoit, le développetient de son aspect commercial, et aussi, comme nous le verrons, un progres notable dans les méthodes d'exploitation, Nous avons vu que,

Saint-Justin, en 1886, le cultivateur s’appliquait à produire directenent tout ce qu'il utilisait ou consommait, A Saint-Dominique, l’année suivante, je constatais que l'achat et 19 vente tenaient une plus large

ace dans les opérations du cultivateur. Nous savons déjà que C. n’élealt pas de génisses, mais, au contraire, achetait des vaches, ou en ven-

I. suivant les nécessités du moment. 1] se procurait aussi par voie ‘achat des pores pour l'engraissement, quand les truies de sa porcherie n'avaient pas eu des portées assez nombreuses, I] achetait même, et parfois en assez grande quantité (4,000 livres à la fois), les farines

rossières, où les grains moulus. requis pour leur engraissement, De éme aussi, à l’occasion, il achetait des chevaux au dehors, ou en ven ‘alt de ceux de son écurie, et moyennant une taxe en argent, louait ervices de son reproducteur clyde, Il ne se bornait pas à utiliser ‘umiers de ses étables, mais ax hetait, au prix de 50e la tomberée, tout ce l'en pouvait obtenir des artisans du village. En vue de l’ensemenceent de ses prairies, il récoltait lui-même sa graine de mil (fléole), mais d'autre part, il se procurait chez les grainetiers de la ville, les graines autres plantes fourragères, d'un usage moins général, comme le pâturin au, les agrostides, les fétuques, ainsi que celles des divers trèfles,

Encore assez peu sensible dans l'exploitation propremont dite des

ches, et même des chevaux. le progrès des méthodes était déjà, en

. manifeste dans les opérations culturales. Par exemple, C, avait

une une grande étendue de sa terre au moyen de fossés souterrains Non seulement avait-il des prairies de trèfle et de diverses graminées,

n seulement prenait-il des mesures spéciales pour extirper de ses prairies les mauvaises herbes, et notamment la marguerite, mais il avait

ssi à établir chez lui des luzernières, c° qui Ini permettait de donner

“es vaches au pâturage, ainsi qu’à ses chevaux, un supplément de nour- F'ure verte dès la fin de mai ou le commencement de juin. La luzerne

oussait assez vite pour permettra ax moins trois coupes durant la son.

C. avait adopté plusieurs autres pratiques de la culture avancée, et

ice À ces pratiques, grâce aussi à Putilisation d'instruments aratoires

srmemnrnnnnrrmmanrmmrnemmmemannens.e commen nnnen eme nn ennemi

perlectionnes ut pHaitisl Us Fe à Hibreuse, Il lElissiISsait à eAcCUter, avt erile remarquable, li U\ agricoles La fin du je

printemps et le commencement d le qu pussui à Saint Dominique

furent chauds et secs. J'étais arrivé à la ferme de C, le Ÿ mat, et c'est dans la nuit du 24 au 23 mai que survinrent les premières averses, Mais daus l'intervalle, C. avait pu non seulement opérer ses semailles sur son domaine principal, mais bruler une grande étendue de terre noire à la Savane, et se trouvait dès lors en bien meilleure position que la plupart de ses voisins, En effet, vi u drainage souterrain, sa terre de Naint Dominique avait été préte beaucoup plus promptement que d'autres à recevoir 16s lacons rOŒUIseS . avait été a meme de se transporter sur sa terre de la Navane, et avec un nombre sullisant d'engagés, d'y faire brüler une grande étendue de tourbe, avant que la pluie fût venue inter rompre pour le reste de la saison tout travail de cette nature.

Les notes suivantes extraites du journal de mon séjour à la ferme de C., du ? mai au 15 ou ?© août *SS7, donnent une idée du mouvement du personnel et du fravail exécuté dans le cours de trois où quatre mois Outre son fils Joseph, âgé de IS ans, et qui prenait part à tous les tra-

avait pour l'aider dans l'exploitation de sa ferme deux où trois engagés, dont il sera question dans un instant, son père âgé de S0 ans, qui à l'occasion rendait encore de légers services, et un élève, dont le travail n'était rétribué que durant la période de la rentrée des foins et celle de la récolte des grains. En 1SS6, C. avait eu comme élève un jeune Français venu au Canada faire de la colonisation; en 1887, il recevait un jeune homme de Montréal qui, à la suite de ses études de droit, avait pris le parti de s'établir sur une ferme. Quant aux engagés, William 2. qui était au servici ‘, lors de mon arrivée, le quittait le 30 mai, pour aller travailler à | Ile, où les salaires sont plus élevés et les journées moins longues: Dubreuil, enua pt mois, rompt son engagement dès le 10 juin, pou l'AiSOI ui paraissent sutiles: Paul Brunelle remplace William le juin, et Benoît, le lendemain est engagé pour remplacer Dubreuil a ombre d'autres travail] sont en relation avec la ferme: Massé père travail quelques jours à équarrir des pièces de charpente, achetées che bert, la granve de la Savane, Cor-

deau et Allard } 1 d'autre ir cette méme grange, Duchesneau, père et fils, i que le jeune Giasson, prennent aussi part à dont le vieux Mosum Lavallée taille la

5 donnent un coup de main à divers travaux,

rentrée du bois de chanfface, ete. La-

fantaisie vient planter plusieurs pomimiers: Turcotte, commerçant d’ani-

maux. Houie, bou er, négocient avec ©. divers achats et ventes. Pélo-

[GkkiIN LEUX FAMILLES RURAI 8 39

quin, jardinier de la banlieue de Saint-Hyacin he, lui vend des ruches, dont Lamoureux, cultivateur, lui fournit les essallis ef qu'il s'engage à garder pour lui, le premier été et le premier hiver, Gévry, le boulanger, Champigny, Beauregard, «x “ivateurs, ete, sont aussi en relations d'affaires Les plus diverses avec le propriétaire de la ferme.

Cette tendance à la spécialisation, ce caractère commercial de la uiture, qui se manifestent ici timidement encore, s'observent sous di- Vorses 1ormes dans toute l'étendue de cette larve plaine de la rive sud du Saint-Laurent, que baignent les rivières Richelieu et Yamaska, Dana un certain rayon de Montréal, c'est la culture potagère, c'est l'arboriculture fruitière, c'est la production du lait pour la vente, A l'arrière plan, c'est la culture du foin pour l'alimentation des marchés de la grande ville, l’uis, au delà de cette zone où la culture se fait en vue de Ja four. hiture des marchés urbains, nous voyons apparaître la production du fromage et du beurre en petites fabriques coopératives et en vue de l'ex. portation, C'est à Saint-Hyacinthe, à proximité de Saint-Dominique, que se fondait il y a vingt-six ans ja société d'industrie laitière de la province de Québec, et c'es’ 1à aussi que s'est centralisée toute l'activité de la population de la prov: + à cet égard.

La Propriété, En 188, C, était propriétaire, à proximité du village ie Saint-Dominique d'une terre de 30 arpents de longueur. par * arpents de largeur, soit 210 arpents de superficie, pourvue de nombreux bâtiments de ferme: grange-étable, écurie, percherie, hangar à grains, remise à bois, maison d'habitation, avant pour dépendances, une remise, une range, une porcherie, un poulailler: le tout d'une valeur d'a peu près huit mille dollars. En vue de l'exploitation de ce domaine, C, avait en permanence de 20 à 25 bôtes À cornes, ? chevaux, et engraissait chaque année de ?0 à 25 pores. Son matériel de ferme, charrues. herses, rouleau, <emoir, faucheuse, houe à cheval, rateau à cheval, voitures d'hiver et d'été, batieuse mécanique, était très complet, et avec le troupeau devait avoir ne valeur d'au moins deux mille dollars. En outre, €. exploitait accesoirement, à la Savane, à quatre milles du domaine principal, une terre le 120 arpents, d'une valeur approximative de deux mille cinq cents dollars.

En somme la situation financière de la famille €. m'a paru com parable . celle des familles les plus aisées de Saint-Justin, avee cette différence qu'à Saint-Dominique la propriété foncière tenait dans l'économie familiale relativement moins de place, et la richesse mobilière propor-

tronnellement plue de place qu'À Saintluatin An rie, déjà nous

ivons constaté, en faisant l’analvse des fonctions du groupement famille Saint-Dominique, qu'on y fait moins qu'à Saint-Justin reposer la pros-

nos

Page 1