‹ Deux familles rurales de la rive sud du Saint-Laurent [microforme]Chapitre 2 sur 4 · PRET CT ENT · texte numérisé non relu

PRET CT ENT

Pindividu sur la constitution et la transmission intégrale domaine agricole,

A Saint-Dominique commnie à Saint-lustn, on relève les vestiges d'un ancien régime de grande propr ais sans ce qui en est le complément naturel, c'est-à-dire la grande expioitation du sol. Etabli par Richelieu at Louis XIV, dès les débuts de la colonisation de la Nouvelle-France,

le häter le peuplement du pays, en même temps que dans

dans l'espoir « le but de faire vivre des communautés religieuses et toute une gentilhosnuerie de robe ou d'épée, ce réghne fut maintenu artificiellement par les pouvoirs publics durant toute la période coloniale française et quatrevingt-dix aus de la période «le l'occupation anglaise, En I1S54, depuis longtemps battu en breche r les progrès de l'industrie et du comimerce, auxque Is 11 es ue cHtra e l que par les nouvelles conc: prions de l'ordre social qui ours au sein de certunes classes de li population ce régime arüliciel de grande propriété est aboli par la législature. Le tint banal GT ANT love Ci SELTS" -SOTEL SU Pres ; le ernement rachète à ceux-ci leur le lods et ventes et en dé-

les habitants: entin, ceux-ci sont autorisés à se Hibérer des le cens ct rentes, moyennant le versement au seigneur, une fois outes, du capital représenté par ces droits annuels. Or un fait . significatif et qui atteste bien la formation communautaire du type,

cest que, à Saint-Dominique conne à Saint-Justin, très peu de familles

se sont prévalues de cette disposition de la loi et se sont libérées de Poblisation de payer les droits de cens et rentes aux concessionnaires de sri- “uries. Même C., homme d'initiative pourtant, ne s'est pas libéré de cette obligation, qui d'ailleurs se réduit au versement de quelques dollars par année,

On le voit, le groupement supérieur de Ja vie publique. 1 pouvoir central, sous l'empire de fai idées auxquels la famille rurale était stée dans une grande mesure étrangère, a fait plus que sa part pour

suppression d'une institution surannée et encombrante de la vie privé formation communautaire,

subsister los de icres traces Le "CuIme SOU= forme de Fee" vances sergneuriales, d'ailleur inin 07 mon séjour à Saint-

lle de rentiers et

Dominiqu ‘ RE re y Ets it pavés à une fami

DFE

de buaiii cultivateur PTfabitant

tantiol in délicat. S'il s'est opéré quelqu:

wd, il s'annonce par les susceptibili l'on manifeste

, plutôt que par des réfornies acc

iERIN] DEUX FAMILLES RURALES 41

Mais relativement à l'habitation, il va lieu de relever une particuarite assez frappante, Tandis que C., avec sa femme et ses enfants, HUsi que son beau-pére et sa belle-mére, « eue une des maisons d'habi-

ion de Ja ferme, son vieux pére, remarié, OCEU PE avec sa seconde femme, rue d'une deuxième maison d'habitation, dont l'autre compartiment occupé par la famille d'Amédée C., fils de C.. sujet de la présente

onographie, par un premier mariage, et aujourd'hui établi à son compte.

conçoit fort bien qu'Antoine C, garde chez lui son beau-père, vieilrd paralytique, et sa belle-mère, en enfance, que leur fille Mme C. est l'CUX que tout autre en état de soigner. Mais qu'Antoine C., tout en stant en très bons termes avec son vieux père et la seconde femme de lui-ci, leur fasse une installation distincte, à la fois de la sienne et de le de son fils Amédée, il semble bien que ce soit là la manifestation ‘une tendance vers Je particularisme encore assez peu commune dans 198 C inpasnes,

En ce qui regarde le vêtement, il y a lieu de noter du nouveau: le mplacement des étoffes et confections domestiques par les tissus et Hlections du commerce, C'osi que, en effet, une telle modification est sceptuible de opérer beaucoup plus facilement et rapidement que celle

ecime alimentaire, Pour changer la maniere de s'habiller de tout un

upe de population, suit que, par l'intermédiaire des transports, elle acces à la vilie, au commerce, aux patrons de modes: pour améliorer régime alimentaire où son mode de préparation des aliments, il lui aVOir acquis, en même tenips que la conception d'un état social surieur, un peu de la science et de la pratique de l'économie domestique,

Dans l'ensemble, l'état de santé des membres de la famille de Saint-

Dominique, comme celui des membres de la famille de Saint-Justin, sans ‘très mauvais, most pas aussi bon Gu'on pourrait s'y attendre dans les ditions favorables de la vie au grand air. Ce défaut paraît devoir

le temps. Antoine €. chef actuel de la famille, est

ceentucr avec ; robuste, moins résistant que son père: et les enfants qu'il a eus de

ï second mariage sont, en général, moins robustes que ceux qu'il avait

is du premier. Au fur et à mesure de la complication de la vie sociale, mble qu'il soit plus diMicile pour un groupe de population de se mainren bonne santé, si ce n'est par une observance plus risourense et constante des prescriptions de l'hygiène.

5) Phase d'Existence, Nombre des caracteres du cronpement à

ile sont d'origine récente, Ainsi. dès le début, nous avons relevé un Pneeinen ts éparation cntre les deux conpartiments de ce groupeent mixte, à la fois famille et atelier de travail. Nous avons constaté

te que le chef de Ta famille da Saint-Dominique, dans l'éducation ot

l'établissement de ses enfants, suivait une ligne de conduite différente de celle suivie par la famille de Saint-Justin; mais si nous étions remonté: à quelques années en arrivre, nous aurions retrouvé «ce même père de famille de Saint-Dominique appliquant à l'établissement de ses enfants du premier lit, et mème de Fainé du second, une pratique rappelant cel en vogue chez le tvpe traditionnel de Ex rive nord du Saint-Laurent. C'est ainsi que Amédée, seul fils issu du premier mariage, tient de son père une partie de la terre qu'il exploite encore actuellement, Ilest vra qu'il a dû en conséquence de ce transfert verser au père une certain somme: et notons ici en passant que cette pratique de régler par voie d'achat et de vente la grosse question de l'établissement des enfants s'observe assez fréquemment dans la région. De même Joseph, aîné iles enfants du second lit, doit recevoir en récompense de ses services les 120 arpents de ia Savane. Mais nous avons vu, d'autre part, que pour tous les autres enfants issus du secor} lit le père établit un régime de partag* évalitaire, qui n'a pour correctif que Farbitraire de sa veuve.

Au chapitre des Moyens d'existence, nous avons noté le développe ment, à une époque assez récente, de grands moyens de transport par terre et par eau, la disparition graduelle des productions spontanées des industries domestiques, enfin les débuts de la spécialisation du trava de ferme. Parmi les progrès réalisés dans les méthodes de culture,

n'y en avait aucun, nous l'avons constaté, qui fût de date très ancien

en 1887, année de mon premier séjour à la ferme, et la plupart n'étaient

adoptés que de la veille. IL s’agit donc bien d’une époque de transition.

d'une ère de transformation, suivant de près l'établissement et l'extension

le rards movens de transport par terre et par eau, et l'avènement d'

nouveau type de groupement social! le erand atelier industriel et

mesure qu ecHtucoUu ph

voisins des condition vor Ce ar le nouveau régint

l'effet de la valeur ] He de C.: mais il ne faut pas perdre d: une circonstance h use de sa jeunesse, qui a donné l'éveil à ses favul | 1]

latentes. Ses narents ne le destinaient pas à la culture: 1

s l’avaien vové au cc les V Jalr lh COUTS d'études lassiqu s, et c’est le mau\

auitter le collège pour se remettre

penser par plus de connaissances théoriqui

Jui manquait de vigueur physique, là au

nouvelles conditions de la vie méme de je fatre avec avantag A cet égard, il serait difficile de trouver

celui qui se manifeste du père au fils. Autant Anton

reux d'appliquer la science et la raison à la solution du problème agricole, autant son père, âgé seulement de vingt ans de plus, se montre sceptique à l'égard de ces enscisnements théoriques. Pour celui-ci tout est affaire de routine et de force musculaire, Sans doute, dit-il, Antoine est assez entendu, mais il ne sera jamais aussi capable que son père, qui dans se jeunesse était infatigable, et une fois sa journée faite à labourer, passait des parties de nuit à creuser des fossés au clair de Ja lune. Mais on était fort alors. On ne s'en laissait pas imposer non plus par les messieurs de la ville; s’il y avait quelque affaire à régler, quelque paiement À faire chez les avocats de Saint-Hyacinthe, on savait fort bien se présenter à la porte de devant ; et de même, jadis, s'il arrivait qu'on eût des démêéiés avec le seigneur,” souvent bureaucrate (partisan de Poligarchie administralive de 183%), on ne craignait pas de lui parler dans le blane des veux € de frapper vigoureusement du poing sur la table.

2 fils, il est vrai, aurait pu répondre que pour sa part il traitait toujours sur un pied d'égalité avec les membres des professions libérales et les bourgeois les plus cossus, et cela sans effort, sans avoir à se mettre en colère. Sa formation pratique de cultivateur, jointe à l'instruction, tout incomplète qu’elle fût, acquise au collège, lui a assuré une supériorité dans toute entreprise se rattachant à l'exploitation des terres. Durant quelque temps chef de culture pour une compagnie betteravière établie à Farnham, il a représenté le comté de Bagot à la législature et a été membre du conseil d'agriculture de la province de Québec.

Note du 18 janvier 1909.—Au moment de remettre son manuscrit

: l'imprimeur, l’auteur a voulu se rendre compte de ce qu'il était advenu

des divers membre: de la famille C. dans l'intervalle des vingt-deux ans

écoulés depuis la date de ses premières observations, et voici les prinei-

iux renseignements qu'il à pu recueillir au cours d’un rapide voyage Saint-Dominique,

Antoine C., chef de la famille en 1887. est décédé en 1892, âgé de près de 66 ans. Il n'avait jamais été très robuste et sur la fin de sa ‘e

ufrait de rhumatismes. Son père l'a suivi dans la tombe, deux ans

us tard, âgé de près de 88 ans, à la suite d’une maladie de quelques

rs seulement, Depuis plusieurs années il était sourd, mais c'était sa

ulée infirmité. e du chef de famille, après avoir perdu n père Abraham V. et sa mère Geneviève Ch. longtemps valétudi- “ires, est elle-même morte, il y a un peu moins de deux an<. d’un cancer l'estomac, à l’âge de près de 68 ans Les enfants se sont dispersés. Jos ph, Faîné de ceux du second lit, #que son père avait établi à la Savane, nv est pas demeuré, Convaincu r une expérience de dix ou douze ans que sur une propriété de cette

nature il lui serait impossible de prespérer, 1l s'en est défait au prix de deux mile sept cents dollars, et a fait l'acquisition d'une ferme plus étendue et à sol plus fertile dans la paroisse de Naint-Pie, voisine de Saint-Dominique. El v vit à l'heure qu'il est avec sa femme et ses dix enfants, et réussit assez bien, Alma, laînée des filles, a épousé, encore rés jeune, Léon D., dont l'établissement de commerce est le plus imtant de Saint-Dominique. Mère de deux enfants, elle occupe une jolie maison attenante au magasin. Elle a auprès d’elle la plus jeune de ses sœurs, Sara, restée fille, qui est modiste et occupe ses loisirs à peindre, Son autre sœur, Virgina, est depuis plusieurs années à New York. où elle gagne en service vingt-cinq dollars par mois. Hector, le plus jeune fils, marié et père de famille, exerce aujourd'hui, à la suit( d'une tentative infructueuse de culture dans la paroisse de Saint-Valérien, rang de l'Eevpte, le métier de fromager dans un village des environs.

C'est Omer, le deuxième fils qui détient le domaine paternel. Marié et père de sept enfants, dont Faînée n'a pas plus de dix ans, il a aussi auprès de lui depuis un an la veuve du grand-père ©. Pélagie Demers, laquelle, malgré ses SO ans, encore active et sans la moindre infirmité, prodigue ses soins aux arrière-potits-enfants de celui qui fut son troisième mari. Omer, dans sa Jeunesse annonçait un certain goût pour l'étude: il avait même été question de l'envoyer au collège; mais il ne s'est pas prévalu des bonnes dispositions de ses parents à cet égard, non plus que son frère plus jeune Hector, que le testament même de son père mettait pouitant en mesure de faire un cours d'études complet, Aujourd'hui en possession du domaine paternel, 11 ne montre pas cette belle confiance en soi, ce bel enthousiasme de la culture qui distinguaient son pere. D'une des fenûôtres di la pDioce ass0z spacieuse qui sert à la fois de cuisine et d alle à manger, j'a 'FCOIS à | elaue disteñce sur Le domaine une plantation de 200 jeunes pommiers, une des dernières améliorations elfectuées par le père, peu d'années avant sa mort: et tandis

qu'une nombre se marmaille s'acite à nos pieds, Omer m'explique qu'il a renoncé depuis plusieurs années à la cultur de la luzerne, dont son père tirait si bon parti, et que l'hiver dernier il n'a pu mettre en hivermement ses aboill que |; “ <e probablement avait fait mourir. C'est encore l'industri: laitière ani rapporte le plus de bénéfices, si toutefois on peut parler de hi en des années aussi défavorables qe l'année

l'été dernier: et Omer s'est empressé d'opérer le défrichement de eette partie et d'en tirer du bois de chauffage qu'il a vendu à Saint-Hvacinthe,

en même temps que des planches et madriers de bois blane (tilleul).

Heécemment il a vendu la deuxième Waison d'habitation (celle occupée

adis en partie par le grand-père et en partie par la famille d'Amédée),

nst que le petit verger attenant: Toutefois, il avait eu soin avant

aliéner cet emplacement d'enlever la petite grange qui faisait partie

‘s dépendances et de Ja transporter à proximité des autres bâtiments ferme.

Vis-i-vis de cette seconde maison d'habitation, de l'autre coté du

min publie, Anédée, seul fils iseu du premier Mariage d'Antoine C.. construit il + a quelques anné. déjà, une fort coquette maison dont menagement indique un certain bon goût et une certaine recherche du fort. Bien qu'il n'ait guère plus de cinquante ans, et sa femme pas hivantage, il jouit d'une réelle aisance, et voit autour de Jui sept où huit nds enfants, qu'il a pu faire convenablement instruire et dont les nes commencent déjà à se tirer d'affaire par Cux-mêmes, Un des fils fromager au village même de Saint-Dominiqu : deux autres assistent père dans l'exploitation de la ferme: deux des filles sont encore au nsionnat,.

En somme, s'il est diflicile de se rendre compte dès à présent de la “sure dans laquelle Omer continuera l’œuvre du père et réu-sira untenir le domaine, le succès d’Amédée paraît assuré. Quant aux * sœurs de ce dernier, qui s'étaient mariées au Canada, elles sont toutes

rendues aux Etats-Unis, leurs maris ayant été attirés vers l'Ouest amé- “ain par l'espoir d'une vie plus large et plus facile,

ü) Relations du groupement famille-atelier avee les autres groupe “ats sociaux.—Commençons par bien nous remettre en mémoire les ACIpAUX Caractères d'organisation de notre type traditionnel, fondautal. A Saint-Justin, vers 1886. toute la vie sociale se concentre dan:

£roupements principaux: la famille de l'Habitant, qui se chargo surer, pour le bénéfice de tous ses membres, le maintien du patrine commun, et vient en aide à l’établissement des jeunes, en retour services qu'ils ont rendus à la communauté; le Voisinage ou Ranv, toutes les familles s'assistent mutuellement au besoin, et coopèrent vue de certains objets excédant la Capacité ordinaire des familles es isolément: enfin, la Paroisse, dirigée par le curé, se superposant deur groupements élémentair: s, étendant sur e sa direction pahste, surtout dans l’ordre moral ot spirituel.

A Saint-Dominique, vers le même temps, la situation est un peu

compliquée. On v retrouve bien ces trois institutions tra

elles n'y ont plus le même caractère de simplicité, et elles n'y ocnt plus tout le terrain. La famille de P'Habitant n°v a plus autant tabilité, autant de cohésion: les relations de voisinage sont moins

étroites, Les corvées récréatives, dn moins en ce qui regarde les cultivateurs de progrès, comme celui dont il est ici question, sont d'un usage beaucoup moins fréquent. Enfin, Pinstitution paroissiale n'y a plus autant de prestige, autant d'autorité,

D'autre part, à coté de la traditionnelle famille d'Habitant dont le chef exploite avec Faide seulement de sa famille, on voit apparaître un type de famille agricole où la routine n'est plus souveraine, où l'initia-

tive individuelle, Le désir d'améliorer son sort par ses propres efforts, est plus en évilence; mais, qu'on Je remarque bien, ce n'est pas encore ICI le type dominant. On y observe méme le petit atelier patronal de culture, dont le chef recourt constamment à la main-d'œuvre salariée, comme chez Antoine C.: le petit atelier d'exploitation minière, comme au Sein de ce hameau de carriers et de chaufourniers. Le petit atelier de fabri cation n'y tient gucre plus de place qu'à Saint-Justin; mais d'autre part,

on y aperçoit plus vivement un phénomène à peine sensible à Saint- Justin: le patronage collectif exercé de loin par un nouveau type de croupement social, le grand atelier fabrication, la grande maison de commerce, installée dans les centres urbains. le grand atelier de transporis, dont les steamers s lonnent les mers, dont les voies ferrées rayonnent à iravers les campagnes.

Dans la même mesure les professions libérales ont acquis de Pimportance, les institutions Tr Jisieuses ont pris de FPampleur, et l’activité politique s'est développée, non pas tant sur place, non pas tant dans la paroisse même, mais dans les petites villes du voisinage, comme Saint- Fvacinthe, à la fois centre üe fabrication, de chemins de fer, de commierce, doté de nombreuses maisons religieuses, collèce, couvents, Com-

munautés d'hommes, de femmes, et où, enfin, depuis nombre d'années

l'activité en matière politique est grande. On sait que ce sont les vil-

elien qui ont été les principaux fovers de

c'est dans cette même région, à Saint-Hya-

sont recrutés. que se recrutent encore, les chefs

ints, les plus influents de la province. Au reste,

leuse, mest pas éloignée et fait

lques lignes constatations de cette première partie de noir enquête,

Dans los campagnes du pays bas de la rive sud du Saint-Laurent,

coiniie ; irauve à la hace de la société franco-cana-

dienne. un groupement traditionnel mixte. à Ja fois famille et atelier

de travail.

Chez le tvpe à l'étude, il se manifeste un commencement de spécia- -alion sociale, un commencement de séparation entre les deux sections <roupement nnxte. Comme résultat, la famille tend à mieux remplir fonction la plus élevée, qui est l'éducation des enfants, et l’atelier tend à mieux remplir son rôle, qui consiste dans l'exploitation des resrees locales.

Cette évolution a été favorisée par les conditions physiques du pays sde la rive sud, dont le sol est généralement fertile ot la surface plane, onnée par plusieurs rivières importantes, quelques-unes navisables, qui se rattache vers le sud à des régions encore mieux partagées au int de vue de la facilité des communications,

Mais, en dernière analyse, c'est gräce à la constitution et à l’initia-

d'un nouveau type de £roupement social, d'origine étrangère ou ivricure, le grand atelier de fabrication, de transport, de commerce, ‘cette évolution sociale à été déterminée.

De même, c'est grace à l'initiative intelligente de son chef que l’imision imprimée par le grand atelier, s'est transmise à la famille décrite . avec des effets en somme bienfaisants.

Le progrès est moins marqué en ce qui regarde le mode d'existence, côté de la vie sociale échappant dans une grande mesure à l’action du and atelier. Au reste, ce progrès social est de date récente : il a suivi * près l'établissement des chemins de fer, des grandes usines, des grandes

sons de sommerce, et en ce qui est de la famille décrite, il a été enment l'œuvre de son chef qui vient de s’éteindre, On ne saurait as-

r qu'il va se maintenir à la génération suivante.

En effet, lorsque s'exerce brusquement dans un miueu traditionnel

me celui-ci, l'action énergique du grand atelier, il se produit une

tion, La masse des familles subit cette action plus où moins passient, ct la passivité revêt deux formes très opposées: résis{ance pure -imple, ou bien désorganisation complète. Le premier précédé réduit mille à un régime de privations, et sera désormais de moins en Moins

cable; le dernier a l'effet de détacher la famille du sol, de la livrer ntes les aventures de l'instabilité.

Mais entre ces deux tvpes extrêmes, on observe ici et là es chefs famille supérieurement doués qui savent s'adapter aux conditions Iles, en profitent, sans se laisser désorganiser par elles: et à chaque ération il se fait une nouvelle sélection.

La 3 1

Fans ie Cas dont nous terminons l'étude, il nv a pas eu rupture de

ve

üilbre social, la famille, sous la direction d’un chef intelligent, ayant “loppé son activité propre dans la mesure où s’exercait celle du grand er,

iricole à tendances particularistes,

1 l LE { (LL (il ani { étant encore eACCpHONNer ENS EC NI eu, ON née Voil pas qi lus groupemient= comipl utaires d i Sociale se soient transformés dans la même mesure, L'avènement du grand itelier a eu effet de diminuer

al de ces institutions traditionnelles, le Rang, la L'aroisse: 1l à augmente 1e nombre, amélioré la situation materierie,

ouses, mais sans les engager à adapter plus com-

des institutions rehigieu

plètement leur action aux conditions du régime nouveau. Ces institu-

tions continuent de se conformer à l'idéal de la masse des familles ent

dominées par la tradition, au lieu de s'adapter aux exigences des

encore exception précurseurs d'un état social futur.

Il.—Le colon-émigrent de l'Ange-Gardien.

En 1903. lorsque l'auteur fit la connaissance de la famtnik Z., elle

se composait de 9 ou 10 personnes:

Pierre Z.. chef de Ha fam le 1 ans I P., sa tem ce de 5? ans { 6e Z.. ent lom int au for ice de 28 ans 1 \ene 19 r Franco 16 \uu 11 \ qi 12 o Philippe, ï + “à î ? d

Oscar,

Déjà cinq enfants seétaient sépares du croupe familial: Joseph. âgé SN de 31 ans: Louise, 27 ans, el Rose, 21 ans, mariés et vivant aux Etat

Unis: Georges, 0 ans, et Zéphirin, 94 ans, encore céiivataires et vivant aux Etats-Unis. Georges devait 1°venir st joindre à la famille l'ann suivante.

Les relations qu’avaient entre elles ces neuf ou dix personnes donnaient à première vue l'impression d'un tvpe bien caractérisé de famille auas;-communautaire. L'esprit communautaire v était nettement en évidence. Les parents entretenaient avec las enfants. et même la plupart

s'étaient détachés du groupe familial, des rapports étroits

et suivis. La mère surtout se montiuit extrèmement soucieuse du bien-

être de ses enfants, désirense même de satisfaire leurs caprices, n’hésitant

pas à s'imposer beaucoup de fatiques et à entreprendre de longs voyages

pour prodiguer ses coins à de «es filles marices depuis quelques années grande frais, et en dépit de bien des obstacles, ramenant au fover un de ses fils qui, séparé de la famille, montrait peu de conduite

aptitudes à se tirer d'affaire. Ce vigourenx es, rit de famille ne

déjà : enfin, à

et peu (

s'arrétait pas au cercle relativement étroit du fi yer familial ; aux grands parents, tant du côté

il s'étendait

paternel que du côté maternel, aux

oncles ct tantes, aux cousins et cousines, aUX neveux et nièces ; ef Cétaicnt

les survenances notables dans la vie de toute cette parente, naissance:

mariages, décès, établissements, entre prises, déplacements, voyages, acci-

dents, maladies, succès, revers qui formaient le plus souvent le sujet des

conversations, de même que les échanges de services où de 4 isites avec les

plus rapprochés de ces parents, et quelques-uns des plus éloignés, fournisktient les incidents les plus ordinaires de l'existence de la famille.

Mais on ne tardait pas à relever à côté de ces manifestations de

l'esprit communautaire des traits non équivoques de ce qu'on désigne en

clence sociale sous le nom de famille instable. ‘est ainsi que Ja paix au

er était fréquemment troublée, l'autorité du père de famille étant mal

econnue tant par fx mère que par les enfants, L'éducation de ces derniers

ussait beaucoup à désirer. Un des fils vivait loin de sa famille et sans

aucun rapport avec elle, tandis qu'un autre, incapable de se tirer d'affaire

ur lui-même, revenait, sur les instances de sa mère, vivre aux crochots

: soi pere, quoique presque constamment en mauvais rapports avec

ut, Au reste, bien que les parents fussent déjà assez avancés en âge, la Ï 5

unille n'avait réussi à prendre pied nulle part et vivait entièrement du 4 ilaire, au jour le jour.

Lorsque l'auteur fit la conna ssance de Z., celui-ci venait, avec sa

mime et ses enfants, d'entrer au service d’un propriétaire de la zone ontagneuse du sud de la province de Québec, pour le compte de qui il \ploitait une ferme spécialisée dans la production de crème destinée à confection du beurre, Il n'y a guète lieu de faire connaître pour le moment les particularités du pays qu’il habitait mais dont les ressources

:contribuaient qu'indirectement à sa subsistance et qui n'était, comme us le verrons bientôt, qu'une des nombreuses étapes dans sa vie mou-

mentée, Z. retirait alors. comme rémubération, tant de son propre

wail que de services légers rendus par sa femme et deux de ses filles, some de trente-deux dollars, portée l’année suivante à trente-sept

lars par mois; plus une prime er arvent q

ui pouvait s'élever, année venne, à vingt-cinq dollars par année: plus diver: : subventions en

ture: un logement, son bois de chauffage, le jait consommé par la

mille, sa provision de pommes de terre, d'œufs. etc. Grâce À ces recettes importantes. tant en nature qu'en argent, Ja } mille 7.

ne se distinguait pas par la délicatesse, ni par l’économie dans la

T Lœ:: FT fn 40 TéTiMe alimentaire,

réparation et l'utilisation des diverse: denrées, était en général trôs eunf-

Sec

la personne

‘infirmités | Î | I 1} ta 1 Te tait sourd, di su tro ac don ; a

ou menaces

ls t' » chap {

plus

Il était pauvre, et OCCUPALION, à part de vendre les paniers di fumer la pipe, d'où le surnom pittoresque de A Ja génération suivante ac 1, la famille s'élèv

lle sociale, fo 50, nous trouvons Mathieu L-

| | paroisse di

“d, la famiil

| NA une bien

demandait comment il

RE boauc dun souffert de la

répondit s'était très bien trouvé de son séjour là-bas. n'étant sort de la cale du navire, où la température était douce.

Daus les premières années de la periode décennale suivante, Pierre

2. se sépare de son père, pour s'établir à son compte, A la suite d'un bref sejour dans une ville manufacturière des Etats-Unis, il retourne à \ageGardion, et y prend pour femme Elodie T., fille d'un cultivateur

isinaire de Saint-Mathins, paroisse voisine de celle de Richelieu d où

enalent les 2, 61 qui, plusiours années avant les Z., avait émigré à

\nue-Ciardion, it toute lt population alois se réduisait à quatre ou

ny famil defricheurs. Par sa mère, Elodie T, se rattachait à une

es familh ' ul ‘ t les mieux Gétablies de Saint-Mathias.

occupait dans le rang de Saint-Georges

habités par les Z. Durant son dernier

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