‹ Deux familles rurales de la rive sud du Saint-Laurent [microforme]Chapitre 4 sur 4 · dol ars de · texte numérisé non relu

dol ars de

litie LRATIRE SLR

Dal Si

North-Grosvenordale cot ait 600 Pierre Z. fut chargé de conduire Fomnibus fai h

-Grosvenordale et Grosvenordale, villase

; L.* 1 de temps lenteviit à cette “oûtie pour fui

rection du travail à la ferme, D'autre part, Pierre Z.

*# ni écrire, n'était pas en mosure d'exercer en permanence les fonctions

e contremaitre sur cette ferme, car elles comprenaient ln réception et

expédition de grandes quantités de coton, la filature de North-Gro:enordale etant ires importante,

Après un séjour de quatre ans dans ce dernier centre, Pierre Z. mstatant que les salaires sont plus élevés à Daniel \

ISOn, V retourne ave

famille, et se remet au service de << anciens patrons, Mais à puine

t-il écoulé trois ans que l'on n'est plus satisfait, que la famille sent

besoin de st déplacer de nouveau, cette fois pour reprendre le chemin

Canada.

[n'est se rendre compte des raisons qui enga-

aient la famille Z. à revenir au pays natal. Dans ce tvpe de groupeent communautaire, on a dû l'observer, ents et enfants sont très

‘épendants les uns des autres. Les parents suriout comptent beaucoup

ur l'aide qu'ils peuvent tirer de leurs enfants. Or les conditions de

} das «

orvention

Lili des filles

Qu , qui

, séjour de ja famill

intermittences duran

le au Cana

Lardeau

Jos ph,

UPS ler la bonne volonté de aux enfants n'ayant n'avant pas fait un

\enès, Agée de 11

ses parents: mais

tres enfants encore it agréé la proposition

trouver au Canada, avec sa famille, lui et le grand-père eu, une ferme dont acquisition dans la zone

neuse du Sud, La somme ie lui envovait son frère

le solder les frais de retour de sa famille

‘est qu'en effet il se pré]

préparait un mouvement d'émigration de plualliées vers une même région agricole du Canada. On

pelle que vinyt ans auparavant le Vieux Mathieu Z. était venu s ea North-( venordale, avec sa femme et dix enfants, et qu'à l’exation de deux années il avait repris le chemin du Canada, il était l'Ange-Gardien, avec sos plus jeunes enfants; les aînés (sauf l'hilomène et Edmond, qui avaient précédé leurs parents au Canada) meurant aux États-Unis. Il est intéressant de nous rendre compte

: ce qu'était devenu dans l'intervalle chacun de ces enfants, Victoire, deuxième fille, s'était mariée à North-Grosvenordale: Philomène, Lucie, Emma, de retour au Canada s'ét uent mariées également et vi-

uent, Lucie à PAnge-Gardien, les deux autres à Granbv. petite ville

comte Voisin, Marie, la plus jeune fille, avait épousé un ouvrier de

Danielson. Quant aux warcons, Edmond s'est fixé à Franklin, dans le ew-Fampshire, où il exerce Le métier de macon: Louis habite Franklin 1, centre tres Voisin du précédent, où il est contremaître dans une üe à papier. Honoré, qui à commencé par apprendre le métier de en Compagnie de son frère Edmond, à Franklin. cé d'interrompre ce travail, palefrenier qui la * et chez un avocat ami de ce médecin. ressent à lui, lui donnent un commencement d'in struction, “associent à lui on vue de l'exploitation d'une carrière situ S 1 Nouvelle-Écosse, Ilonoré v est di venu eptreprenour de macon- ‘et s'est élevé à une certaine fortune. Théodore, de retour à ;'Anweirdien Y est demeuré longtemps auprès de son père, à fini par acheter des terres de celui-ci à FAnge-Gardien, et subséquemment s'est à Granby; il cherche maintenant à se défaire du terrain qu'il a té de son père. Thomas, resté célibataire, a toujours suivi le père hieu ; récemment, à la suite d’un dernier séjour aux Etats-Unis, il a t de concert avee son père l'achat d'une ferme dans le comté de Comp- + Zone mONtagneuse du Sud de la province de Québec, et c'est de là l écrit à son frère Pierre, l'invitant à venir les retrouver avec sa mime et ses enfants.

Thomas Z. luismême était allé s'établir dans ce pays sur le conseil Philippe T., de F'Ange-Gardien. Co Philippe T. était frère d'Elodie, mme de Pierre Z. Fils unique, il avait, conformément à l’ancienne itume des familles rurales du Canada français, hérité d' bien paternel, “exelusion de ses cinq sœurs, qui toutes, du reste, trouvèrent à se mauné à Pierre Z.. comme nous savons. une autre à Joseph V., qui cuère voisin de Pierre Z., à Saint-Alphonse de Granby, s'était plus rd établi à Danielson, dans la Connecticut, et avait euvavé Pierre Z. enir ly retrouver, Quant à Philippe T., grâce à l’héritawe de 60 rpents de terre qu'il tenait de son père, et qu'il avait arrondi de 90

lon « QUES 14

ctabii

enses et

3 x L | * grand-pere et OC

dis pensel Lei

a cuitut

Canada et Les familles du groupe e1

à contracter des alliances

npe M. une fille de Paul \

jeunes colons di

ennent leur rendre visite PAnge-Gardien, du Na

Ecosse. les frères de Pierr \fine PAR et b'entot tout al.

« célibataire Fhomas. œil fallut habitués aux meurs plus tapa-

petite ville américaine, trouvent que le

leur font la vie trop tranquille et trop

nonotone à la campagne. C'est alors que Pierre Z. ayant trouvé une place de contremaître dans une ferme du voisinare, S4 transporte avec a famille, laissant son vieux père et son frère Thomas continuer seuls exploitation de leur propriété. Malgré les avantases que lui assurait sa nouvelle situation, Pierre Z, ne la varde que trois ans: et la cause en est in vice de formation sociale, qui rend les relations désagréables et dificiles entre le père d'une part, la mère et les enfants de l'autre, entre e père et les garcons de ferme, entre la famille du contre aître et celle lu propriétaire. Ce qui fait défaut ici, ce n'est pas tant l'habileté technique, ce n'est pas tant l'esprit de travail : c'est plutôt l'aptitude à suivre en longtemps une line de conduite qu'on S'impose À soi-même, ou pu'on accepte d'autrui. En d'autres termes, nous avons sous les veux un roupement d'origine communautaire tendant à l nstabilité, et qui échoue dans l'exécution de la tâche compliquée de l'exploitation d'une ‘me importante, et cela par suite de l'insuffisance de l'autorité et des imières chez les parents, ainsi que de linsubordination des enfants, ns développement correspondant de l'initiative, Il est instructif de ter it Ja désorganisation et l'impuissance de la famille « ominunautaire eNIgeant une Hitiative et des aptitudes plus

ordinaires, En quittant cett retourne avec <a ( son frère nas. lv reste encore qu'une année, comme Là première fois, puis harge d'exploiter à mi-fruits une terre que son bei re Philippe T. nt d'acheter dans ce même township de Compton, En offet. Philippe en sa qualité dheritior du domaine paternel à “Ange-(Giardien, et

nformément à la tradition communautaire. paraît toujours se consi-

rer le protecteur naturel de la famille di sa sur et vient à son secours ns tous ses embarras, Mais à peine s'est-il écoulé encore une autre née que l'affaire ne marche plus et qu'il est question pour ja famille Z.

ie retourner chez l'oncle Thomas, qui vit absolument seul depuis la mort

cente du grand-père Mathieu.

En somme, dans l'espace de cinquante ans, Pierre Z. et sa famille

sont déplacés vingt

lois en quête de nouveaux movens d'existence, et °C trouve aujourd'hui des membres de la famille, tant de l'ancienne que de la jeune génération dispersés dans deux provinces du Canada et sieurs villes des Etats-Unis. On observera que dans le cours de ces

srinations, de ces nombreuses tentatives d'établissement, la famille 2, d'une génération à l'autre, à fait preuve d'une grande variété d'aptudes dans les arts manuels et d’une extraordinaire mobilité. L'esprit

mmunautaire s’y est maintenu dans une mesure surprenante, [autre

{ Ii t il l lil S l n 1 t ‘ [ne p probable qu'aucun des fils di Mathieu Z. conserve prop ( fl ut à domaine patet \ { nil'e li ll Ton nian speTrst t pour la plupart tendent à se rattach à l'un 1 l'au le deux ses é COIHIHUNaUtaIl 3 prevoyants, à L'image le l'on Fhoma none CoIt ll maintiennent ons int de tout conet les Emprevovants comme Pierre 2, qui vivent largement par mittences, mais inaptes à prendre pied solidement dans la culture, us qu'à se maintenir dans une situation avantageuse, Chez qu .es-uns des fils [l re Z ette imprévovance s we d'inconduiti chez Gvorge 2, par exemple, tvpe de Finstable, n'avant ni les qualités d'u particulariste } r se créer une position par lui-nièine, ni les qualités communautaire pour se concilier les bonnes grâces de son père dont dépendant. Cependant, parmi ces nombreux émigrants d’une com'aunattaire qui ont défilé sous nos voeux, il s'en est trouvé que es-uns f I l ptitudes plus qu'ordinaires, qui sont devenus ntremait 1 nes ème se sont isolément, à la I ère pal iaris ‘ S situatio dép lantes Cest ains ( Ionoré avant été, grèce à un heureux accident, mis en contact plus ntme avee Je milieu vankee entreprenant de ln Nouvelle- Angleterre, et joignant à [a Connaissance pratique de son métier un uinencement d'instruction livresque, est allé, loin des siens, lancer avec succès une entreprise importai Lelations d u famille du color niyrant di e oronpements « juplementares, A cluiere vue, On n'aperçoit pas de lien

nécessaire entre ce tvpe de famille communautaire et quasi-nomade et la plupart des groupements sociaux qui se surajoutent à elle dans ïes divers milieux où s'est passée son existence, tant aux Etats-Unis qu'au Canada. On ne conçoit méme pas qu'il puisse y avoir correspondance entre les institutions de milieux aussi disparates, et un type de famille aussi mobile. Pourtant nous avons vu que cette famille au cours de ses nombreux déplacements à pu, dans une mesure satisfaisante, suffire à tous

les besoins de sa vie matérielle et morale. C’est que, en effet, les orga-

gt

nishi

jui ont pour mission de satisfaire à ces besoins multiples ont une existence propre, qui les rend plus ou moins indépendants de cette famille, et parfois même du milieu où elle s'est développée,

Le premier de ces organismes on grands groupements qui se superposent à la famille ouvrière, c'est le grand atelier, la grande organisation de l’industrie, des transports et du commerce. Ce grand atelier est indépendant de la classe rurale canadienne-francaise, par son personnel

rs auglo-saxon, Par sa main-d'œuvre, qui 8e nez des racts étrangères, Il s'impose ndispetisables, importance des salaires q | rurale, Indépendant de la enne-lrançaise par le lieu de son établissement, «

UTS Un centre urbain et très souvent un pays étranger,

qui lui sont propres, par Miportance de ses installations, son outil ire; il

ndant encore par ses méthodes de travail

cn est indépendant u'il a en réserve, grâc au vaste résoau des voies et ConmUNICation par terr Fort localemi nt, en importance de ses installatio t des moyens d'existence détient, le grand atelier est fort « ralement par sos moyens d'expanon, par l'étendue de son chamn d'action, La monographie de lHabitant de Saint-Justin ne ni te l'importance du rôle so: al du grand atelier. se de la rive nord du Saint-Laurent oCCUpe une situation eut isole: à l’époque où furent recueillis les matériau iphie, elle Ctait assez mal Pourvue de voies de Communication, ef $ zrants se dirigeaient de préférence vers les centres d'exploitation forestière ou minière, encore peu développés, de l'Ouest des Etats-Unis L'influence du nouveau régime industriel et commercial n’y était don e faiblement sentie. Nous avons vu qu'à Saint-Domin que sur la rive d, dans un Pays mieux pourvu et depuis plus lonset ‘ps pourvu de oies de communication. l'influence du grand atelier sur la famille rurale it plus apparente, et que ses effets dans le CAS que nous avons eu à etude ont été plutôt bienfaisants, en ce qu'ils ont favorisé l'élévation aile de la famille dans son Propre milieu. Mais, dans le cas de notr mille de PAnge-(Gardie D, nous vorons l'influence du erand atelicr dedir prépondérante, presque destructive, au point ar

û détourner ja fale de la culture, de Ja déraciner du sol natal, et d'en faire un groupenomade pour ainsi dire, ne vivant plus que du salaire.

L'action exercée sur son personnel ouvrier canadien-français par ce rand atelier de fabrication a été profonde, Elle à développé chez lui lins une mesure remarquable l'esprit pratique, Ja dextérité manuelle,

aptitudes techniques, Elle s'est exercée même en ce qui regarde cerns caractères exférisurs du mode d'existence, l'habitation, le régime limentaire, mais déjà ici avec moins de succès, et elle n’a guère entamé

t formation intellectuelle, morale. religieuse de la famille ouvrière anadienne-francaise. Les 7. après avoir véen dix-huit ans aux Etats-

Dis, en sont revenus peu modifiés en Somme dans leur vie intime et lomestique. Celle-ci a été Sauvegardée par la force de la tradition et du

déplox los prêtres. Pour un grand

l'enseignement de FEglise paraît être lettre morte. certains actes extérieurs de religion: il ne pénètre pas au fond d

il n'inspire pes la conduite. T1 Sen trouve fort pen qui aient une ception élevée, intelligente des vérités religieuses: il sv môle cerovances puériles, superstitiouses, et souvent beaucoup d'apathie

éducation donnée par la famille et tout le milieu su ial communaure Ha pas développé suilisamment la personnalité humaine, Finitiaimdlviduelle, surtout dans l'ordre intellectuel, moral et religieux ‘de Iortmiation, HEDIEA peu sell; tant que se SOL Iidililenues ts Col os relativement simples de Ta vie rurale au Canada. aboutit à des itate désastreux parfois, dans le milieu « Hnpliqué des centres indusdelections, défaillances morales de loutes sortes. On se rappelle Fimportance du rôle Joue par le groupement voisi-

ise dans le milieu traditionel de Saint-Justin. Déjà la monographie du tivateur de Saint-Dominique NOUS à tontre ce groupumnent occupant lice bexucoup moins importante dans le régime du travail D'autr chez le colon-tmigrant de PAnge-Gardien, resté plus communaues recréatives ont encore de l'importance dans le résime du

funille vit : l'exploitation d'un domaine rur:|

coinme à | Ie, le voisinage parait avoir pour

> AUX Feux de ce type social, de provoquer des réunions

de parents et d'amis pour des fins de récréation. Dans les

uns, l'action litaire du voisinage est complétée par l'ai ï-

gine ou d'inspiration

de mort ou de

“roupomnent qu upper) à la famille pouvoirs publics, soit locaux, suit généraux. Co

au Canada qu'aux Etats-Unis

par le Ioven d'élections au permettent la participation du plus grand nombre des cito

Etats-Unis comme au Canada. l'orrigine anglo-saxonne. repose sur une et provineinl Dès lors, dans les inilieux

mixte, les pouvoirs publics sont azez couvent loc inter-

ures par lesquels s'exerce l'action d'une races sur l’autre, d'un type ur Pautre. Au Canada, les groupes francais subissent la concur-

los groupes anglosiions ot autres surtout dans ja vie publique dans la vie publique provineiale, même dans celle de leur

pre province de Québec, où ils sont en très grande majorités [ls resntent cette influence beaucoup moins fortement ot beaucoup plus rare-

dans la vie publique locale, tant qu'ils restent dans l'isolement de

“rs paroisses du pays natal. Mais, danse les centres de fabrication des

Unis. ils se trouvent soumis à l’action de groupes étrangers, et tamment de sroupes d'origine anglo-saxonne. tant dans la vie puque locale que dans la vie publique centrale. Or, cette action des

Connie leni ‘“alent aux

cloppement

individuel} e Ja leur ps +, chez leurs membr

en d'autres termes, grace à leu tion vers la formation particular 5 dans l'ordre mi: | et dans l'ordre ‘al. Les autres, aù contraire retrogradent vers une 107 ation communautaire asgravée, se cranponnent aux rapports de renté et de vo Sinage comme à une planche de salut, et se ent aller s: le cont ls de l'initiative

individuelle à Fattraction pui | crand atelier: elles sont déséqui-

librées. arrachées à la culture et à la propriété du sol, et finalement dé-

le tvpe de la famille instable,

Parmi les issus de ces familles désorganisées, il se produit à chaqui

æéncration une nouvelle sélection: quelques individus mieux doués re-

agissent contre les tendances de leur milieu et évoluent vers le parti-

cularisme, tandis que les autres membres du groupe tombent dans une instabilité de plus en plus impuissante,

LÜERIN DEUX FAMILLES kt RALES 6e

Ces familles désorganisées qui ne détiennent plus leurs propres l ! pro}

noVens d'existence ne Sauralent constitue r par elles-mêmes les organismes OCHAUX complémentaires : elles entrent passivement dans les cadres orties à leur intention par les grands ateliers de travail, les grandes

tS Pouvoirs publics, Mais du fait même de

ative développée chez leurs membres, ces familles

corporations religicuses | £ :

insutlisance de linit désorganistes ne réolVent de ces groupements complémentaires qu'une direction extérieure, insuflisante.

Le seul moyen Pour le

moment de porter rm méde tant d’un tel état de cho

aux maux résul- * me paraît être une croisad es esprits dirigeants, en vue de la réorganisat Communautaire où instable, sur le modèle

e menée par tous ion de la famille ouvrière, particulariate. c'est-à-dire avec léveloppement plua général et plie intense de l'initiative individuelle,

le la personnalits humaine, dans | dr

religieux.

e matériel, intellectuel, moral et

dre mens sapree ile

et add

Page 1