Deux femmes célèbres
Les derniers événemenls arrivés en Pologne ont alliré plus vivement la sympathie et la ciiriosilé de la France vers celte nation glorieuse et romanesque dont l'histoire est un composé d'actes héroïques qui louchent aux
intérêts publics, et d'intrigues privées répandant tout le piquant de mémoires anecdoliques et intimes sur les annales d'un grand peuple.
Ces intrigues commençant par l'amour, ou plutôt dont l'amour n'était souvent que le prétexte, aboutissaient presque toujours à l'ambition, et par là se liaient aux destinées du pays.
Le caractère polonais cai)tive l'historien et le moralisle. On aime à étudier ces natures chevaleresques , enthousiastes, croyantes ( un peu superstitieuses), légères et mobiles , donnant trop à l'éclal et pas assez à la j)ratiquedeces vertus solides qui forment la raison d'un peuple, fortifient son patriotisme et assurent la durée des Etats.
Ut
On a W^m admirer ces courageux aihlèles,
ces entrainants acteurs, et se passionner pour les scènes émouvantes de leur histoire, on leur en veut quand on voit tant de retentissantes et stériles agitations aboutir à l'anarchie et amener enfin l'esclavage.
Dans l'attente de la reconstitution d'une nationalité à laquelle nous intéressent de récentes et glorieuses tentatives, la France étudie avec plus de soin les institutions et la littérature de la Pologne.
Dès i85i, la nombreuse émigration polonaise nous fit connaître quelques écrivains nationaux parmi lesquels M. Mîckiewicz excita tout d'abord une admiration et un intérêt qui l'ont suivi au collège de France lorsque dans ses savantes et ingénieuses leçons, il initia le public français à la littérature slave.
Les beaux articles publiés dans la Revue des
Deux M ondes f par M Cypricn Robert, héritier de la chaire de M. Mickiewiez, nous ont montré sous un jour nouveau les destinées de ce peuple à qui la France est désormais liée par une double confraternité politique et littéraire.
Nous n'avons pas la prétention de développer ici ce que d'autres ont si bien et si complètement dit avant nous. JNous désirons seulement fixer l'altention sur une femme fort célèbre dans son pays, mais qui a passé presque inconnue parmi nous.
Au mois de septembre dernier les journaux annoncèrent que madame Hoffman (née Clémentine Tanska) auteur de plusieurs ouvrages sur l'éducation et de plusieurs romans venait de mourir à Paris.
Le prince Czartoryskî, ce noble chef de l'émigration polonaise prononça sur sa tombe
I éloge de celle femme distinguée, et ses frères d'exil réunirent une souscription considérable pour lui élever un monument. Puis le silence se fît autour de cette mémoire que les journaux littéraires n'ont point proclamée.
Réparons autant qu'il est en nous celte omission; disputons quelque temps à l'oubli '' *"ne intelligence élevée et pure.
Clémentine Tanska, d'une famille noble, ^était née en Pologne. Son père, poètje de mérite, lui donna le goût de la littérature. Fort jeune encore, mademoiselle Tanska publia un ouvrage ayant pour titre : Souvenir d'une bonne mère ; inspiré par l'amour filial et l'amour de la patrie ce livre est l'expression des sentiments les plus louchants et les plus nobles rendus dans un style d'une pureté et d'une élégance rares.
La jeunesse de l'auteur contribua au succès mérité de ce livre II en fut fait huit éditions successives, et quoiqu'il eût été exclusivement écrit pour les jeunes tilles il fut adopté dans les écoles des deux sexes.
Encouragée par ce brillant début . mademoiselle Tanska , fonda en 1824 une revue intitulée: Récréation de la jeunesse. Celte publication continua jusqu'en i83i et durant ces sept années se fit remarquer par une grande variété de rédaction, un intérêt vif et moral, un esprit patriotique qui animait chaque récit et en faisait pour ainsi dire un enseignement national.
On le voit , dans la femme et l'écrivain se montrait déjà la citoyenne que nous retrouverons héroïque au moment de l'insurrection.
En 1827 le gouvernement créa à Varsovie une école pour former les instilutrices. Mademoiselle Tanska fut nommée professeur dans cet établissement et en même temps inspeclrice de tous les pensionnats de jeunes filles.
Parvenue par son talent el par l'élévalion de son caractère à une aussi honorable position, mademoiselle Clémentine Tanska se maria en 1829 à M. Charles floffman publiciste renommé. Leur maison devint le rendezvous de tous les écrivains de Varsovie.
Dans des réunions fréquentes on s'occupait de littérature avec un zèle et une ardeur qui indiquaient que pour ces généreux esprits la littérature n'était qu'un moyen de propager les sentiments patriotiques, H en était alors en Pologne, comme dix ans auparavant en
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Italie *, les livres et les journaux préparaient les jours de glorieuse révolte.
L'insurrection éclata et dès lors madame Hofftnan Tanska mit en pratique les sentiments généreux répandus dans ses écrits. A la tête des dames de Varsovie elle soignait dans les hôpitaux les soldats blessés sur le champ de bataille et les cholériques.
Quel courage inaltérable , quel dévoùment angélique montrèrent alors les femmes polonaises! Emilie Plater et quelques autres animaient les défenseurs de la patrie et combattaient elles-mêmes dans leurs rangs. I.e plus grand nombre, à l'exemple de madame Hoffman, prodiguaient leurs soins et
* Eu 1820 et 1821, le Conctlialeiir élail rédigé à Milan par Silvio Pfllico, Confaloineri cl d'aulrcs palriotcs italiens enfermée depuis au Spiclberg.
leurs consolations aux aiourants, bravant la redoutable épidémie avec cet héroïsme tranquille et résigné qui est le caractère distinctif de ce grand peuple polonais.
Si, comme nous l'avons indiqué les hommes en Pologne manquent peut-être de celte énergie dans le repos, de ce sens juste et pratique nécessaire à la conduite des individus et à la direction des États, si enfin osons le dire, ces hommcsquisaventêtredes héroset des martyrs quand les circonstances l'exigent, ne montrent souvent, et l'histoire en fait foi, dans les temps ordinaires qu'un (*sprit turbulent et indécis , ces défauts de caractère sont moins sensibles chez les femmes polonaises, ou plutôt on ne songe pas à les remarquer en elles, car si l'absence de certaines qualités telles que la rectitude de la raison et la fermeté de jugement, indique la faiblesse dans un homme, elle ne
laisse dans la feaimc que plus de place à la bonté, au dévoùment et à cette foi aveugle et enthousiaste qui sied à sa nature.
Le caractère de la femme polonaise est adorable; on trouve dans son noble cœur le courage, l'abnégation, une pitié fervente et une tendresse dévouée pour tous ceux qui souffrent.
Sa mélancolie rêveuse si pleine de grâce s'est empreinte depuis un siècle de lagrandeur des malheurs patriotiques qui en sont la source ; la femme polonaise a dans le son de sa voix et dans son maintien quelque chose de douloureux et de digne qui fait penser aux souffrances héroïques de son pays.
Telleélait madame HoffmanTanska. Quand les Russes triomphèrent àVarsovie elle émigra
avec son mari et durant quatorze ans elle subit sans se plaindre toutes les privations et toutes les douleurs de l'exil.
L'élude lui fut une bienfaisante consolation, elle retrouva dans un travail assidu celte quiétude et cette sérénité d'âme que le malheur peut altérer sans toutefois en épuiser la source lorsque nous la cachons en nous.
Une vie des saintes femmes où se reflétait la mansuétude de ce noble cœur, l'érudition et la grâce de ce vif esprit, fut le premier ouvrage que madame Hoffman ïanska publia dans l'exil. Elle y épancha pour ainsi dire les tristesses infinies qui s'étaient emparées do celle âme patriotique à la vue de la ruine de son pays et qui ne trouvait qu'en Dieu et dans les aspirations de ses élus l'allégement et l'espoir.
le temps cicatrisa insensiblement ce cœur saignant qui revint toujours ému mais presque souriant aux impressions de jeunesse et aux souvenirs du pays. Dans celte disposition moins sombre madame Hoffman Tanska écrivit deux romans où l'imagination se mêle à riiistoire ; d'abord : Caroline , puis Jean Kochanoivski, poète inspiré du xvi* siècle. Ces deux ouvrages l'emportent sur tous les précédents de l'auteur par l'intérêt et aussi par l'exquise correction du style.
Mais de toutes les publications qui portent le nom de madame Tanska il n'en est pas dont la lecture soit plus attachante que le journal de Françoise Krasinska; la jeune Clémentine Tanska l'avait fait paraître en 1825, , dans la revue littéraire qu'elle avait fondée. Le journal de Françoise Krasinska offre un curieux et naïf tableau des mœurs de la Po-
logne dU dîx-huîtènie siècle, sôus \A fin du règne d'Auguste lïl électeur de SaXe; ce prince dont Rulhière a dit : « 11 se ruinait en «magnificence sans l'aimer, en tableaux sans «s'y connaître. Le faste de sa cour n'était «animé par aucun esprit de galanterie; et ce »roi, d'une beauté majestueuse, gardait une «inTiolable fidélité à la reine son épouse, la «plus laide princesse de son siècle; cette «beauté même, qui dans les traits de ce «prince frappait au premier coup-d'œil, s'é- «clipsail à la plus légère attention, on lui «trouvait |e ne sais quoi d'épais, sa physio- Anomie muette et morne n'avait aucun ca^ «ractère si ce n'est quelque fierté. Son esprit «était si paresseux et si borné que jamais il «n'a pu apprendre la langue de son royaume. «Son unique passion fut pour la chasse, et «la reine, ne le quittant jamais, l'y suivait «dès le point du jour, dans une chaise ou-
• verte, bravant avec lui toutes les întempé- > ries des saisons. Dans cette unique et perepéluelle occupation, il prétendait gouverner » seul ses deux états de Saxe et de Pologne. » Mais en effet, tous les soins du gouverne- » ment étaient abandonnés à un favori *. Le »roi préférait le séjour do Dresde à celui de «Varsovie, parce que les forêts de son électoral » étaient plus favorables pour lâchasse que «les forêts de son royaume, et parce qu'étant » ennemi de toute représentation, il n'était 1) point obligé de tenir une cour à Dresde «comme toutes les coutumes polonaises l'y I» contraignaient à Varsovie.
«C'était en Saxe qu'il entretenait à grands » frais des troupes de danseurs français et de » chanteurs italiens, et qu'il se ruinait en folles • prodigalités.
• Le comte BiûUi dont il est question dans le journal do Jwftn^oiscKrnsjnskp?
oLa loi qui oblige de convoquer une dîèle «tous les deux ans le rappelait en Pologne à «cette époque; il désirait passionnément que «ces assemblées eussent une heureuse issue; » parce qu'il en eût regardé le succès comme » une preuve de confiance que les Polonais lui «eussent donnée. Mais après quelques sesnsions tumultueuses, il se Irojivait toujours «quelque nonce dont l'opposiîion obligeait la «diète à se dissoudre, et le roi , accoutumé à «ce malheur, paraissait aisément consolé, «quand la saison était favorable pour relour- » ner en Saxe. Pendant trente ans que dura «ce règne, la nation s'assembla toujours vai- «nement; et presque toujours les prétextes • les plus frivoles suffirent pour ces rup- » turcs.
«Qu'on s'imagine lo phis simple hériingo
«quelques années sans maître et sans régie, ') loiil y tomberait en ruine ; et l'un des plus ') grands royaumes de l'Europe resta pendant ') trente années sans aucune sorte d'administ tration. Il n'existait aucun pouvoir légitime ipour demander compte ni de la perception rtdes impôts ni de l'état des troupes. Les M grands trésoriers s'enrichissaient du trésor «public, tandis que létat était pauvre et » obéré, les grands généraux étaient puissants ■) cl la république sans défense. Les grands' «maréchaux étaient redoutés sans que la po- »lice fût maintenue; et on reprochait aux » chanceliers de signer arbitrairement des • actes illégaux. Toutes les grandes affaires «restaient indécises. Aucun ministre n'avait «été envoyé aux puissances étrangères.
«An milieu d'une longue paix la nation,
«plongée dans la mollesse, se faisait un devoir » d'imiter le luxe de la cour, et ce luxe insensé • déguisait sous une apparente prospérité le » véritable état du royaume. Le peuple, c'est- » à-dire les esclaves, devenaient chaque jour »plus malheureux, parce que les possesseurs » des terres s'efforçaient d'en accroître les reaventis par le surcroît de travaux dont ils » chargeaient ces infortunés.
«Ce qui peut à peine se comprendre, » c'est que dans une pareille anarchie, la Po- »logne paraissait heureuse et tranquille, la «sûreté régnait dans les villes; les voyageurs «pouvaient, sans rien craindre, traverser » les forêts les plus solitaires et les routes «les plus fréquentées. Jamais on n'entendait «parler d'un crime; et rien peuî-élre ne «fait plus d'honneur à la nature humaine
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»et ne confirmerait mieux l'opinion philo- » sophique que l'homme est naturellement »bon. Toutes les haines de religions sem- «blaient assoupies.
» Cette république à la veille des plus ter- 0 ribles calamités se contenait dans une espèce »de calme. »
Tel est le portrait du roi Auguste et le tableau abrégé que trace Rulhière de l'état de la Pologne à celte époque. Encore un règne ou plutôt le simulacre d'un règne *, et cette grande nation allait être morcelée et rayée du nombre des états de l'Europe. Cependant,
• Ceiui lie Ponialowski, élevé au trône de Pologne par Catherine Il dont il avait é(é l'amunt lorsqu'elle n'était encore (jue grande duchesse,
sans prévoir la catastrophe imminente, la Pologne ne songeait qu'à jouir d'un bien-être matériel, factice et précaire, dont elle ne mesurait pas la durée.
Lorsque Auguste buvait, la Pologne était ivre.
a dit Voltaire; et la Pologne elle-même semble avoir voulu confirmer l'exactitude de ce vers par un proverbe national qui date de cette époque :
Sous le règae du roi saxon Mange, bois, et desserre ton ceinturon *.
O peuple ventripotent ! se fût écrié Rabelais.
Le journal de Françoise Krasinska nous
* Za krola sasa Jedz, pi) a popuszczai pasa.
introduit dans rînlimité de ces grandes familles dont se composait l'Oligarchie polonaise.
A l'aide de ce curieux document nous pouvons étudier les mœurs de la Pologne toute entière au dix-huitième siècle, au moment même qui touche à sa dissolution- La noblesse, autrefois chevaleresqueet guerrière, ne s'occupe plus désormais que de bonne chère, de chasse, de courses en traîneaux, de bals et d'intrigues d'amour; elle oublie que des nations voisines convoitent et menacent la Pologne; elle désapprend laguerre et la politique; elle ne paraît plus aux diètes que pour la forme, elle abdique pour ainsi dire ellemême les prérogatives publiques dont elle se montrait si jalouse et si fière au temps de sa grandeur.
Pourtant un siècle ne s'était pas écoulé depuis les victoires de Jean Sobieski , qui portèrent si haut la renommée guerrière de la Pologne ! C'est que le mal datait de loin, c'est que Sobieski lui-même , le héros, le brave roi^ comme l'appelait madame deSévigné dans ses lettres, entrevoyait déjà de son temps la chute de son pays, lorsqu'il adressait aux sénateurs toujours divisés, toujours remuants, ces douloureuses et prophétiques paroles : « Quelle » sera un jour la morne surprise de la postérité, » de voir que du faîte de tant de gloire , nous savons laissé notre patrie tomber en ruines, » et y tomber, hélas! pour jamais! Quant à «moi, j'ai pu vous gagner cà et là des ba- » tailles; mais je me reconnais destitué de » tous moyens de salut. »
Dans le journal de Françoise Krasinska , nous retrouvons la peinture fidèle de cette
heure de décadence fatalement arrivée...
rsoiis voyons pour ainsi dire le jeu des rouages secrets et déliés qui produisent les événements dont s'occupe l'histoire. La jeune fille, tout en nous parlant beaucoup d'elle-même, ne laisse pas de nous parler aussi de la chose publique.
La haute position do sa famille, l'amour qu'elle inspire au prince royal, lient les intérêts de son cœur à ceux de la nation. Elle nous raconte ainsi tout naturellement ses espérances de bonheur et les divisions du pays; au tableau de sa vie de famille , succède le tableau des magnificences de la cour.
Delà se déroulent à la fois et sihiiultanément une analyse attachante d'un cœur naïf et une étude très-piquante des mœurs du temps.
Ame tendre, vif esprit, telle est cette jeune fille qui, par son mariage avecle prince royal, appartient à l'histoire.
Rulhière a ainsi raconté cet événement : « Aussitôt que le prince' royal eut obtenu la «couronne de Courlande, il se pressa d'en » faire secrètement hommage à une jeune » Polonaise qu'il choisit pour épouse, Fran- » çoise de Gorvins Krasinska, dont la beauté «justifiait celte passion et dont la vertu mé- »rita cette alliance. Il crut que la souverai- »neté le rendrait en quelque sorte indépen- »dant du pouvoir paternel, et ne demanda «point le consentement du roi son père pour »un mariage que la fierté de la maison de » Saxe eût regardé comme inégal.
«Cette union, toujours ignorée du roi, fut » d'ailleurs consacrée par toutes les formali-
»lés qui pouvaient la rendre indissoluble. «Toute la nation en fut instruite, quoique la » nouvelle épouse conservât son propre nom » et continuât de vivre chez ses parents; et il est «remarquable que parmi les haines publiques «qui animaient un grand nombre de Polo- »nais contre la cour, ils n'imaginèrent jamais » de troubler par celte odieuse délation la » paix de la famille royale et la faveur cons- » tante que le roi marquait à son fils.
«Plusieurs maisons alliées par ce mariage »au nouveau duc de Courlande, s'atta hèrent »à ses intérêts, et leur influence lui donna un «si grand nombre de partisans, qu'il crut «pouvoir désormais élever ses vues jusqu'^à » l'espérance de succéder au roi son père. »
La jeune fille, qui devait être princesse, se peint elle-même dans son journal par mille
traits charmants; laissons le lecteur l'écouler et la connaître. Par leur naturel et leur simplicité mêmes , ces pages, recueillies par madame Tanska, nous semblent dignes d'intéresser le public français qui, à la longue, doit se dégoûter de la plupart de ces étranges romans-feuiilctons où des événements impossibles sont racontés dans une langue qui n'en' est plus une. Parmi des fleurs fades et inodores, la plus humble fleur attire, si un parfum d'originalité s'en exhale, et il est encore quel qucs délicats qui préfèrent à l'orgueilleuse pivoine et au tourne-sol éclatant, la modeste giroflée et l'humble liseron.
Paris, avril 1846.