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Deux histoires 1772-1810

Vers la fin de février 1810, par une belle matinée d'hiver, une voiture de voyage entra dans la cour d'un joli hôtel situé rue Chantereine.

Un vieillard âgé d'environ soixante ans parut sur le perron. Cet homme, grand et maigre, encore vigoureux^ était vêtu d'un habit noir à la française, portait des faces poudrées, une queue et une espèce de petite bourse, autrefois appelée crapaud.

Ce personnage , valet de chambre ou plutôt

homme de confiance du colonel Raoul de Blansac, marquis de Surville, s'appelait M. Dauphin. La famille de Surville, ayant presque entièrement péri pendant la révolution, ce fidèle serviteur s'était retiré, lors de la terreur, au fond de la Touraine, avec le marquis encore tout enfant, et l'y avait élevé jusqu'à l'âge de quinze ans. A cette époque , le jeune marquis fut recueilli par une parente de sa famille , madame la maréchale princesse de Montlaur, et resta près d'elle jusqu'au moment où il entra comme volontaire dans un régiment de cavalerie.

Depuis, le vieux Dauphin avait constamment suivi son maître dans toutes ses campagnes, conservant un sérieux , un calme imperturbable au milieu des périls où son affection pour Raoul l'avait souvent engagé.

La portière de la voiture de voyage s'ouvrit, et il en sortit un homme enveloppé de pelisses, la figure à moitié cachée dans un bonnet de martre, et dans une immense cravate.

— Y a-t-il bon feu chez le colonel , vieux Dauphin? dit sourdement l'homme aux fourrures , en s'avançant rapidement vers le vestibule.

Dauphin fit un mouvement assez brusque

pour barrer le passage au voyageur, et lui dit : Je n'ai pas l'honneur de connaître monsieur.

— Comment! vous ne reconnaissez pas le meilleuf ami de votre maître , monsieur Dauphin ? s'écria l'inconnu en relevant son bonnet et laissant voir un front assez" bas charge d'une forêt de cheveux noirs, crépus, légèrement grisonnants sur les tempes, deux yeux vert de mer et un nez camard.

— Monsieur Anacharsis Boisseau! s'écria Dauphin ; ah! mille pardons, monsieur!

Et il passa rapidement devant le nouveauvenu, qu'il introduisit dans un petit salon du rez-de-chaussée , meublé à la grecque , selon le goût de l'époque.

Lorsqu' Anacharsis Boisseau , débarrassé de ses fourrures , se fut installé devant un excellent feu, il apparut en frac vert, en pantalon de tricot gris et en bottes noires à la Souwaroffi sur les boutons dorés de son habit on voyait ces deux lettres N E, Napoléon Empereur^ qui annonçaient que M. Boisseau appartenait h la diplomatie française ; sa physionomie était ouverte et riante, il paraissait âgé de trentecinq à quarante ans.

— Gomment! c'est vous, monsieur? répéta

k LE COLONEL DE SURVILLE.

Dauphin. M. le marquis..., IM. le colonel, voulais-je dire, vous croyait encore en Espagne.

— Dieu merci, j'en arrive ; et si l'on m'y reprend, à aller en Espagne, que je sois pendu,

comme j'ai manqué de l'être Ah ça! Raoul

est encore couché?

— M. le marq... M. le colonel?... Non^ monsieur, il est chez monseigneur le prince de Neufchàtel, qu'il doit précéder à Vienne.

— Comment! Raoul va à Vienne?

— Monsieur n'a donc pas vu la voiture de voyage dans la cour?

— Raoul part bientôt?

— Ce soir même, monsieur...

— Au diable ! moi qui venais justement m'établir chez lui... pendant quelques jours...

— M. le marquis sera bien désolé.

— Eh! comment va-t-il? Toujours brillant , toujours brave, toujours galant?

— Ah! monsieur Anacharsis, pour brave, il n'y' a pas un plus brave que M. le marq... M. le colonel, voulais-je dire.

— Ne vous gênez pas avec moi. Dauphin, dites M. le marquis tant que vous voudrez.

— Vous êtes bien bon, monsieur, c'est le titre de la famille, et je ne puis m'habituer à ne pas le donner à mon maître? Cela sonne mieux

à mes vieilles oreilles que ce mot : Colonel.., Mais il se fâche quand je l'.ippeîle autrement.

— Ah! si j'étais marquis. .. je ne me fâcherais pas, moi, d'être appelé par mon titre... Mais ses blessures?

— La dernière ce coup de feu à l'épaule

que nous avons reçu h Wagram, va tout-à-fait bien nous étions alors colonel du 17* dragons. On appelait notre régiment les marquis^ parce qu'il n'y avait pas dans l'armée un régiment mieux tenu. Les soldats étaient soignés, pimpants, comme des petites maîtresses, ce qui ne les empêchait pas de se battre comme des démons, et pourtant, monsieur, quand nous avons pris ce régiment là, les soldats en étaient si malpropres, si farouches, si indisciplinés; qu'on les nommait les sangliers.

— Diable! dit Anacharsis, et cette métamorphose de sangliers en marquis fut longue sans doute?

— Trois mois à peine, monsieur.

— Trois mois!

— Oui, monsieur! et quels hommes, quelles figures, quels bandits! M. le marquis en a conservé un échantillon à son service , un nommi'^ Glapisson ; vous le verrez, c'est-à-dire qu'on ne peut pas s'imaginer les horreurs que ces mons-

très là avaient faites en Espagne. Et quand ils nous ont rejoints en Allemagne, est-ce qu'ils ne se sont pas révoltés j est-ce qu'ils ne se sont pas mis à massacrer un nouveau colonel qu'on leur avait donné pour les mater , le fameux colonel Picot^ qui sortait pourtant des mameluks, et qu'on disait le plus terrible militaire de la grande armée.

— Peste... quels gaillards!... Et c'est Raoul de Surville q^ a succédé à cet infortuné colonel Picot? 1p

— Oui, monsieur... Ce fut alors que Napoléon nous envoya pour dompter les sangliers... Figurez-vous j s'il vous plaît, M. le marquis avec ses vingt-quatre ans, sa jolie figure , sa voix douce et sa tournure de grand seigneur, arrivant au milieu de ces vieux pandours, dont beaucoup avaient servi en Egypte. Mais, dit M. Dauphin en s'interrompant , tenez , voici un quidam qui vous racontera le reste mieux que moi , et il montra à Anacharsis un homme de quarante-cinq ans environ , en pantalon et en veste d'uniforme qui entra timidement dans le salon.

Cet homme était Jean Glapisson , ancien brigadier de dragons du régiment de M. de Sur-

ville. Il servait alors le colonel comme piqueur, chargé de ses chevaux de guerre.

C'était une de ces figures bronzées, cuivrées, tannées, immortalisées par Gharlet, portant des cheveux ras et de longues moustaches noires. Sachant l'attachement du colonel pour Dauphin, Glapisson respectait infiniment ce dernier, qui lui imposait d'ailleurs beaucoup par ses grandes manières de majordome.

— Tenez, Glapisson, dit Dauphin, racontez à monsieur comment nous vous avons domptés et changés de sangliers en marqhfs.,. Car vous étiez alors... un sanglier... et par ma foi, des plus farouches, Glapisson.

— Ah! monsieur Dauphin... dit Glapisson en baissant les yeux d'un air honteux et embarrassé, en tortillant son bonnet de police :

— Figurez-vous, monsieur Anacharsis, dit le valet de chambre , qu'avec son air saint-n'ytouche , ce malheureux-là, qui ne donnerait pas une chiquenaude à un enfant, c'est une justice h lui rendre , s'est permis de faire rôtir des moines en Espagne!!!

— Ah! dam, monsieur Dauphin, écoutez donc, c'est pas nous qui avions commencé ; les révérends avaient fait cuire dans le four de leur couvent un maréchal-de-lo£fis chef de l'esca-

dron, et notre timballier. C'était pas beau, non plus! dit doucement Glapisson.

— Et les religieuses d'Astorga , vilain monstre? répondit Dauphin avec indignation.

— Ah! dam, monsieur Dauphin, la mère abbesse avait empoisonné la citerne du couvent... Sur cent-cinquante cavaliers de ma compagnie , il y en a eu soixante - deux qui sont morts en se tordant comme des enragés. D'après ça, on pouvait bien rire un peu avec ces dames!

— Taisez-vous, abominable scélérat, et racontez à monsieur comment M. le marquis est venu h bout de vous tous , vieux démons incarnés! et surtout ôtez votre chique infecte ; je crains ses suites pour le parquet, et vous n'êtes pas ici au corps-de-garde.

Glapisson ôta sa chique, la mit dans le turban de son bonnet de police , passa ses longues moustaches entre son pouce et son index, se hancha légèrement à gauche , toussa modestement, et commença en ces termes, en s'adressant à Anacharsis Boisseau : — C'est tout simple , monsieur ; quand nous sommes arrivés d'Espagne à l'armée du Nord , ça nous a dérangés de nos habitudes; nous étions habitués à faire la guerre en corps francs, à fusiller ces

gredins de paysans , tant nous nous méfiions d'eux ^ à écarteler \es senores j en récompense de ce qu'ils nous sciaient entre deux planches, etc., etc., enfin h faire les cent dix-neuf coups pour avoir la paix. Nous voilà en Allemagne, bon ; nous croyons, nous, qu'on pouvait traiter les mejnhsrs comme les sejiores, mais ce n'était plus ça... D'abord, on nous ôte notre colonel^ le vieux Ledoux, le brave des braves, cinq blessures, onze campagnes, l'œil crevé d'un coup de lance, le nez de moins... un troupier fini , qui ne connaissait que son drapeau , que l'honneur de la France , et qui se promenait tous les soirs à Aslorga dans une vinaigrette traînée par quatre sacristains, attelés avec des grelots et des panaches !

— Si l'on a vu pareille abomination ! dit Dauphin, se joignant les mains.

— Et même, reprit Glapisson, qu'un dragon de mon peloton, qui était le cocher, me dit que c'était un petit maigre qui tirait tout. Enfin , c'est pour dire que le colonel Ledoux était le père du soldat. On nous l'ôte à notre arrivée en Allemagne , et on nous envoie le colonel Picot , un dur à cuire , qui sortait des mameluks ; il commence par nous faire les grosses dents, nous lui répondons par les nô-

très, en vrais sangliers ; enfin ça va de manière à ce qu'on ne pouvait pas dire que le colonel et nouSj nous nous caressions. Un jour, à quelques lieues d'Heidelberg , nous avons des raisons avec notre hôte , pour un petit veau de rien du tout que nous avions dépecé pour l'histoire de rire, et que nous emportions en quartiers sous nos chabraques... Finalement, nous trouvons que le paysan est dans son tort, nous l'enfermons dans sa cassine , nous y mettons le feu, tant pis, ça le regarde... Bon ! voilà que le colonel Picot prend ce prétexte-là pour nous traiter comme les derniers des derniers. Notre ancien colonel, lui, nous aurait pris par la douceur, nous aurait dit : Mes enfants, vous aviez le droit de tuer le veau et de brûler la maison : mais y renfermer le paysan.... c'est bête.... Oui, oui, c'est bête, que nous aurions répondu en reconnaissant nos torts. Touché de ça , le colonel Ledoux nous aurait dit : Alors, c'est bien, n'en parlons plus. Nous nous serions fait écharper pour lui 5 mais aussi, lui, c'était le père du soldat.

— Ah ça, finirez-vous, avec vos regrets, dit Dauphin ; nous parlerez -vous du colonel Picot?

— M'y voilà, monsieur Dauphin, m'y voilà...

LE VOYAGEUR. fl

Le colonel Picot, lui, comme je vous le disais, nous traite comme les derniers des derniers , s'ébouriffe, tire son sabre, nous ordonne d'aller éteindre le feu... Nous répondons que nous ne sommes pas des pompiers, alors il tombe sur nous et nous massacre. D'abord nous prenons ça très-bien ; pourtant, quand nous voyons une douzaine de dragons blessés, on s'impatiente, on se monte ; finalement on lui envoie deux coups de mousqueton, il en meurt... Bon, nous voilà bien, sachant ce qui nous attend; nous nous barricadons dans le village, en envoyant nos officiers et nos sous -officiers se promener où il leur plaira , bien résolus à nous faire tuer jusqu'au dernier plutôt que de nous rendre et de dénoncer ceux qui avaient tiré sur le colonel Picot.

— Ah! ça mais , vous étiez de véritables diables enragés, dit Boisseau.

— Il ne s'agit que de savoir prendre le soldat, monsieur, le colonel Ledoux.... le brave des braves... nous aurait...

• — Encore ! dit Dauphin. Finirez-vous , Glapisson?

— M'y voilà , monsieur Dauphin, Finalement, le petit caporal apprend nos farces, et dit : « Il n'y a que le colonel Surville qui soit

capable de venir à bout de ces brigands-là; s'ils ne nomment pas ceux qui ont tiré sur le colonel , le sort décidera et on en fusillera un par peloton. » Le colonel Surville arrive avec un trompette pour nous conter ça. C'était la veille du combat d'Arnheim, sur les huit heures du soir. Dam, monsieur, quand nous voyons cette jeune barbe qui venait nous arrêter et nous fusiller à lui tout seul , d'abord ca nous a fait rire comme des bossus. 11 fait sonner h cheval par son trompette; nous nous mettons aux fenêtres.

— Soldats! je suis votre colonel : l'empereur m'envoie vers vous; si dans un quart-d'heure vous n'êtes pas rangés en bataille sur la place, ou si vous ne m'avez pas dénoncé les misérables qui ont tiré sur le colonel Picot ^ nous nous fiicherons.

En entendant ce joli petit jeune homme nous dire ça , ça fut des rires, des sifflets , des cris h n'en plus finir : Charivari pour le colonel ! charivari pour le colonel !

Lui , sans se déconcerter , tire sa montre , regarde l'heure, et dit de son petit air tranquille : A neuf heures précises vous serez sur la place, en bataille.

Ce sang-froid nous fit de l'effet. Nous nous

disons : C'est un brave ; ce qui ne nous empêche pas de continuer à faire un lapage d'enfer, en criant qu'on nous rende notre ancien colonel Ledoux ; qu'on nous promette de ne pas nous décimer, et alors nous nous rendrons. Le qiiartd'heure se passe; le colonel retire sa montre, fait sonner à cheval , bien entendu nous ne descendons pas; alors il se met à nous dire : Vous uc voulez pas vous mettre en bataille! — Non! non! — Eh bien ! je vois ce que c'est, dit le colonel; on attaque demain la redoute d'Arnheim au point du jour , vous ne voulez pas vous battre, vous avez peur; vous êtes un tas de

— Assez , assez, dit Dauphin en interrompant à temps Glapisson.

— Et il nous tourne le dos, reprit le dragon. Dam , monsieur , à ces mots-là , en nous entendant traiter de lâches , c'était à qui dégringolerait les escaliers ou le long des fenêtres, à qui débarricaderait les portes pour courir après le colonel ; nous étions comme des tigres déchainés; c'est un hasard qu'il n'ait pas clé massacré! Cinq ou six dragons, j'en étais, nous accourons sur lui, furieux, le sabre à la main. li se rotouine croise ses bras sur sa poitrine, nous regarde d'un œil... sapristie... quel œil ! et nous dit : halte!... d'une voix si ferme , si canne que nous nous

là LE COLONEL DE SURVILLE.

arrêtons tout court, comme à un commandement de parade. — Remettez, sabre , nous ditil de la même voix. Il n'y a que le premier pas qui coûte : nous rengainons... en un moment; les autres dragons arrivent; nous l'entourons en vociférant... Il nous appelle lâches!... Il faut le fusiller comme le colonel Picot!.., Mais lui, pas plus ému que rien du tout, toujours les bras croisés , nous laisse crier. Au bout de quelques minutes, il dit : Silence dans les rangs!... On l'écoute.

— Je vous dis que vous êtes des lâches , reprit-il, parce que si vous aviez du cœur, dans deux heures, vous auriez enlevé la redoute d'Arnheim (vous savez, monsieur, que les dragons se battent aussi à pied); mais vous n'oserez pas. — Nous n'oserons pas!... nous n'oserons pas! que nous disons en fureur... Mais conduisnous y donc à ta redoute ! Nom de nom de nom... et tu verras si le 17^ dragons a jamais boudé au feu ! — Il n'y a pas de bravoure sans discipline, reprend le colonel. — Mais nom de nom, on en aura pour le quart- d'heure, de la discipline... Où est-elle ta redoute? Mène-nousy, nous n'en ferons qu'une bouchée, et après, ton compte sera bon !

— Oui, oui, à la redoute, qu'il nous mène à la

redoute, après , on lui donnera son compte! El voilà que c'est nous qui forcions le colonel à se mettre à notre tète. — Sois tranquille ! pour ça , on t'obéira comme des mécaniques... Nous voulons d'abord te prouver si nous sommes des lâches... Mais après... tu verras... que nous lui disions. — Enfin il consent à nous commander , l'état-major arrive , nous faisons la frime d'obéir très-bien, pensant qu'après vous comprenez.... Finalement le colonel se met à notre tête , il nous traite comme des nègres , nous patientons toujours. Nous partons à la nuit fermée , à deux heures du matin la redoute était en notre pouvoir avec vingt-cinq pièces de canon ; nous étions huit cents hommes , l'ennemi était deux mille cinq cents.. . Vous pensez bien, monsieur , que quand nous avons vu notre jeune colonel au feu, brave comme un lion, recevoir deux blessures, nous n'avons plus guère pensé à lui donner son compte ; car , après tout , voyezvous , le soldat a du bon , faut savoir le prendre ; aussi , quand après l'affaire, il nous a fait former un carré, nous lui avons tous demandé... Eh bien! colonel, comment nous trouvez -vous? Sommes-nous des lâches? Heim?

— Vous vous êtes bien battus, c'est tout simple , ce n'est pas assez : il faut que ceux qui

ont tiré sur le colonel Picot se déclarent , sinon ils feront fusiller cinquante ou soixante de leurs camarades.... Et je défie ceux qui ont commis ce mauvais coup d'avoir le courage de cette lâcheté-là. — Un dragon qui était par terre avec un biscayen dans les reins , entend ça et dit : C'est moi , colonel . — C'était vrai ; et il crève. — Un autre dragon qui n'était pas blessé , voyant ça, avoue aussi : c'était encore vrai. Le colonel le fait arrêter; le lendemain le dragon passe à un conseil de guerre et est fusillé. Depuis ce jour-là , monsieur, le colonel a fait du régiment tout ce qu'il a voulu ; nous nous serions fait hacher pour lui jusqu'au dernier ; d'un mot il nous aurait fait entrer dans un trou de souris. Le 17' dragons a toujours été à l'ordre de l'armée; et pour la tenue, c'était un régiment si ficelé pour la propreté des personnes, que nous avions tous des brosses à dents dans notre paquetage. Voilà comme le colonel a fait des marquis avec des sangliers.

A ce moment du récit de Glapisson, le colonel entra dans le saloii.

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