SECOURS. 2Z
Glapisson, se joignant h Pierre Herbin, désarma Herman, après une vigoureuse résistance...
— Ménagez-le, dit l'autre personne.
— Oui, mon colonel, dit Glapisson, je veux seulement luiôter cette épingle.
— Monsieur de Surville ! s'écria Pierre Herbin, en se retournant.
' — Oui, misérable que vous êtes... et j'arrive à temps pour vous traiter comme vous le méritez...
— Monsieur, vous n'êtes pas juste, dit Pierre Herbin , en montrant le sang qui couvrait sa main et coulait de la blessure de son bras. Je me suis jeté au devant du coup qui vous était destiné.
— Il serait vrai... dit Raoul d'un air étonné ! Alors, pardon, monsieur... Mais vous sachant l'ami de cet homme ( et il montra Herman), je devais vous croire son complice.
11 était évident que le colonel ne savait pas que madame de Bracciano était chez Herman.
Le premier mouvement du colonel eût été de la chercher.
Herman eut un moment de vague espoir; si Pierre Herbin ne pariait pas, la cachette où était renfermée Jeanne n'était pas découverte , et , quoique les projets d'Herman ne fussent pas ar-
rêtés, le gain de quelques heures importait beaucoup à sa vengeance.
S'ils n'eussent pas entendu la voix du colonel , Herman et Herbin auraient eu de la peine à le reconnaître.
Voulant voyager plus inconnu et surtout avec une plus grande rapidité , M. de Surville s'était vêtu en courrier; sa veste verte galonnée d'or, sa culotte de daim et ses bottes fortes étaient souillées de boue et ruisselaient de pluie. Il arrivait de Vienne à franc étrier.
Les ordres que le ministre de la police avait donnés aux barrières de Paris d'arrêter M. de Surville, avaient été ainsi éludés !
On prit Raoul pour un courrier de cabinet : il passa.
Il se rendit d'abord chez lui.
Apprenant la disparition de Boisseau, un secret instinct lui dit qu'Herman n'était peut-être pas étranger à cet événement.
Pouvant avoir besoin d'aide, il ordonna à Glapisson de monter le cheval du postillon, et arriva bientôt, ainsi que nous l'avons dit, dans la demeure d'Herman.
Pour que la conduite du colonel de Surville soit appréciée dans toute sa valeur, nous devons répéter que, tout en ayant pour madame de Brac-