CHAPITRE XVII
La nuit était calme ; les feux allumés sur les berges de l'habitation de Sporterfigdt jetaient au loin leur clarté flamboyante.
Fatigués des travaux du jour , les noirs armés sommeillaient dans la grange , prêts à sortir à la première alarme.
Suivant les avis du major Rudchop, qui avait annoncé l'approche des nègres révoltés , Adoë avait ordonné à Bel-Cossim de mettre les noirs sous les armes. Celui-ci venait de parcourir les postes et de rentrer dans l'intérieur de la maison, lorsque minuit sonna.
En face du bras du canal qui défendait la partie orientale de l'habitation , s'étendait la plantation de caféyers dont on a parlé.
Entre cette plantation et le bord du canal , restait une savane absolument découverte et éclairée par le feu allumé sur la berge.
Un jeune noir, son fusil sur Tépaule, se promenait sur la crête de cette hev^e et venait de
temps en temps en alimenter la flamme qui y brûlait.
Par un effet de lumière naturel, l'ombre mobile de l'esclave en sentinelle se projetait gigantesque sur la savane, partout éclairée, et allait se perdre, en s'élargissant, dans la lisière des caféyers.
Sortant d'un de ces massifs d'arbres, rampant comme un reptile , un Indien s'était glissé au milieu du rayon d'ombre^ si on peut s'exprimer ainsi, que projetait la sentinelle. Avec une merveilleuse adresse , il en suivait les moindres mouvements, soit que cette ombre s'avançât, soit qu'elle s'arrêtât, suivant la marche du nègre.
L'Indien n'avait pu être aperçu de la sentinelle , dont la vue était encore éblouie par la clarté qui contrastait si vivement avec l'obscurité qui voilait le reste de l'horizon.
La distance qui séparait les caféyers ducanal était telle que les Piannakotaws, embusqués dans cette plantation , ainsi que l'avait craint le commandeur, auraient pu tuer d'un coup de fusil la sentinelle qui complètement éclairée leur offrait im point de mire presque infaillible.
Mais un coup de feu eût donné l'alarme, et les Indiens ne voulaient pas tenter une attaque de vive force.
L'arc et la flèche, d'une portée beaucoup moins longue et moins sûre que celle du fusil, mais d'un effet muet, étaient donc préférables à employer pour se défaire de la vedette sans bruit et sans éveil.
L'Indien s'était donc glissé dans l'ombre afin de s'approcher assez près de la sentinelle pour viser à coup sûr.
Il avait mis dans sa manœuvre cette patience opiniâtre , particulière aux sauvages ; il ne pouvait s'avancer vers le canal qu'en profitant des rares instants pendant lesquels le nègre s'arrêtait pour alimenter le feu. L'immobilité de l'ombre permettait alors à l'Indien de gagner quelque peu de terrain, mouvement qu'il n'aurait pas pu tenter, pendant que l'ombre était en mouvement , puisqu'à mesure qu'il se serait élevé vers le canal , l'ombre marchant toujours l'aurait laissé à découvert
Lorsque le Piannakotaw se crut à portée , il profita du moment où la sentinelle était arrêtée de nouveau près du feu ; une flèche tirée à trèspetite distance siffla, et le noir tomba sans pousser un cri.
Lorsque la sentinelle s'affaissa sur elle-même, l'ombre gigantesque disparut avec elle ; l'Indien resta éclairé par la flamme.
Alors, moitié courant, moitié rampant, avec une agilité merveilleuse , il s'approcha du canal^ se mit doucement à l'eau , et arriva au pied de la berge , sorte de muraille de terre qui s'élevait à pic , et la gravit en y enfonçant de courtes et fortes broches de bois de fer pointues , dont il se servait ensuite comme de points d'appui pour s'élever progressivement.
Arrivé sur la crèle du retranchement , il acheva la sentinelle qui respirait encore , et , par un raffinement de barbarie, il étouffa le feu sous le cadavre du noir.
Ce côté du parallélogramme étant masqué à l'intérieur par l'élévation du bâtiment d'habitation , les sentinelles placées sur les autres berges ne purent s'apercevoir que le feu de l'une d'elles était éteint.
Les Piannakotaws cachés dans les caféyers attendaient que le feu fut éteint pour sortir de leur embuscade ; ils arrivèrent bien tôt au nombre de sept sur les bords du canal , qu'ils traversèrent à la nage , et escaladèrent la berge à leur toitr, au moyen d'une corde de liane que le premier arrivé leur jeta.
Si l'on songe à l'adresse^ a la 'légèreté , au silence de mort dont les Indiens enveloppent toutes leurs expéditions, on ne s'étonnera pas de
l'adresse et de la célérité avec lesquelles fut exécutée cette audacieuse entreprise.
Surs de pouvoir exécuter leur retraite en se précipitant du haut en bas de la berge dans le canal qu'ils traverseraient à la nage^ les Piannakotaws , d'après les ordres de l'Ourow-Rourow qui avait attendu Gupidon au passage du Biry-Bîry , commencèrent à se glisser un à un dans l'intérieur de l'habitation en descendant le revers de la berge qui s'inclinait en pente douce jusqu'au pied de la maison d'habitation. A peine étaientils arrivés dans cet endroit , qu'à travers une des lames des persiennes qui fermaient les croisées du rez-de-chaussée, deux petits morceaux de papier enflammé tombèrent à terre à peu de distance l'un de l'autre...
A ce signal, convenu sans doute, l'Ourow- Kourow , chef des Indiens , prononça à voix basse , mais distincte , le mot %vag.
Tous restèrent immobiles.
Alors les persiennes s'entr'ouvrirent doucement, Jaguarette parut, et, à la faible lumière qui éclairait intérieurement cet appartement , on put voir un hamic de coton où Adoë dormait profondément, sous l'influence d'un sûmnifère.
Jaguaretle leva deux fois ses bras en lair en tournant les paumes de ses mains du côté des
Indiens ; le chef et deux de ses gens s'approchèrent de la fenêtre , entrèrent dans la chambre.
Pendant que Jaguarette jetait un voile épais sur la figure de sa maîtresse , les deux Indiens décrochèrent le hamac, le chargèrent sur leurs épaules, sortirent du rez-de-chaussée et gagnèrent précipitamment le sommet de la berge ; là ils attachèrent une corde à chaque extrémité du hamac^ le firent glisser jusqu'au bord du canal, où deux Indiens, nageant d'une main , le reçurent de l'autre. Le poids d'Adoë était si léger, qu'ils traversèrent ainsi le canal à la nage , tenant le hamac un peu élevé au-dessus de l'eau.
Arrivés à l'autre bord , ils traversèrent la savane , et disparurent dans la plantation de caféyers sans que personne dans l'habitation se fût aperçu de l'enlèvement de la fille de SporterfigdL
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GHj^PîTRE XVIII.
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Bousy-Cray, mots qui signifient en patois nègre , les forêts 'pleurent ^ était le principal établissement des nègres rebelles , commandés par Zam-Zam.
Cette espèce de camp retranché occupait une île assez grande , située au milieu d'un immense marécage. Une foret presque impénétrable l'entourait au sud, à l'est et à l'ouest.
Au nord , une jetée naturelle séparait ce Biry- Biry d'un des bras de la rivière de Maroni , qui prend sa source au pied de la chaîne des montagnes Bleues, et se jette dans l'Océan Atlantique à vingt lieues environ au sud de Surinam.
Les nègres et les Indiens connaissaient seuls ce chemin étroit et dangereux qui conduisait à Bousy-Gray ; partout recouvert de deux ou trois pieds de vase ou d'eau , il restait toujours submergé , et ne se distinguait en rien du reste du marécage.
Bousy-Cray renfermait de grandes provisions
(Je riz , d'ignames, de manioc et decassave; une source d'eau vive fournissait de l'eau en abondance ; quelques parties de celte petite île étaient cultivées; dans le cas d'un rigoureux blocus, elles pouvaient assurer la subsistance des rebelles pendant assez long-temps. Ce blocus ne pouvait d'ailleurs beaucoup durer, les assiégeants devant apporter leurs vivres avec eux, et ne trouvant pas à les renouveler au milieu de ces solitudes.
Deux ou trois cents huttes , construites en planches et recouvertes de feuilles de latanier, servaient de retraite aux nègres rebelles qui y habitaient avec leurs femmes et leurs enfants.
Au milieu de ce village on voyait la case de Zani'Zam. Elle était fort élevée, percée de quatre fenêtres , et dominait tout le marécage jusqu'à la lisière de la forêt.
A gauche , et h peu de distance de cette maison, étaient les bains et l'habitation des femmes du chef noir ; une palissade épaisse défendait ce gynécée de l'œil des curieux.
Non loin de la case de Zam-Zam , on voyait une chaumière d'une apparence bizarre; des signes cabalistiques peints avec le suc de différents végétaux , mélangé Je gomme et de vernis, couvraient sa porte de bois de fer.
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Baboûn-Knifi ^ sorcière indienne de la tribu des Piannakotaws , alliés des rebelles , habitai î: cette demeure. Selon la coutume de ces peuples, une obiaï ou sorcière négresse avait été envoyée à la fois en échange et en otage au carbet des Indiens.
Zam-Zam^ très-superstitieux^ ne tentait aucune entreprise sans consulter la magicienne. Depuis quelques jours il était inquiet * plusieurs petits partis des rebelles , envoyés en éclaireurs ,. avaient été complètement détruits par Tavantgarde des troupes du major Rudchop.
Les espions de Zam-Zam n'étaient pas revenus ; il attendait aussi vainement depuis deux jours un renfort de Piannakotaws.
Ne sachant s'il devait sortir de son repaire ou y attendre les blancs^ il avait interrogé Baboùn- Rnify.
Celle-ci , après de longues évocations magiques , lui répondit que l'épreuve du serpent pouvait seule mettre un terme à ses incertitudes ; que Marna- Jumboë ( esprit supérieur ) prononcerait sa volonté sur cette épreuve.
Qui exécutait la volonté de Marna - Jumboë était sûr de la victoire.
Zam-Zam conjura la magicienne de tenter l'épreuve du serpent.
Un jeune noir, désigné par le sort pour égarer dans cette terrible cérémonie propitiatoire, fut enfermé pendant trois jours et soumis aux formalil^s religieuses qui précédaient le sacrifice.
Le jour et l'heure de l'épreuve étaient venus.
On entendit bientôt le roulement lugubre (Tun coëroma, sorte de tambour ; les guerriers nègres, vêtus de caleçons rouges, les torses et les jambes nus, la tête recouverte d'une calotte d'osier et de joncs tressés, armés de fusils et de longs couteaux caraïbes , se rassemblèrent en silence sur la place qui entourait la demeure au chef et de la sorcière.
L'intérieur de la case de Baboùn-Knify olf'rait tm tableau bizarre, effrayant.
La porte et la fenêtre étaient fermées de manière à ne pas laisser entrer le moindre jour.
Quoiqu'on ne vît aucun luminaire apparent^ la vive clarté qui régnait dans cette cabane donnait à tous les objets une teinte livide.
Cette lumière étrange et phosphorescente sortait par jets des profondes orbites d'une tête de mort placée près de la sorcière , sur un Irépiei fait d'ossements humains.
Deux veilleurs ou porte-lanternes (i), gros
(1) Cet insecte a été dessiné et décrit par mademoiselle de -Mcillan, qui l'a nommé le Veilleur; mais les Hollandais le dé?i-
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scarabées de l'espèce des mouches à feu , enfermés dans la concavité du crâne , produisaient cet effet singulier.
Baboûn-Rnify . quoiqu'elle eût quarante ans environ , était encore belle , d'une beauté sombre , presque farouche ; ses cheveux noirs tombaient en longues mèches sur ses épauies; une couronne de coquillages de couleurs variées entourait son front élevé ; une ceinture d'aloës serrait , à sa taille , sa pagne rouge qui retombait jusqu'à ses pieds. Ses bras étaient nus jusqu'aux épaules ; elle appuyait son menton sur une de ses mains; de l'autre elle agitait machinalement sa baguette divinatoire , en regardant d'un air triste et distrait le plafond de sa cabane.
Au lieu de la chouette et du hibou, ciseaux symboliques des sorciers du nord, Baboûn-Knify avait auprès d'elle, perché sur le sommet du
gnent sous un nom qui rappelle le bruit qu'il fait entendre vers le soir, et qui ressemble assez au bruit de l'acier sur la meule lorsqu'on repasse un couteau. Ce remarquable insecte est ainsi surnommé porte-lanterne , à cause de la lumière qu'il répand la nuit, lumière beaucoup plus forte que celle d'une mouche à feu, quelle que soit son espèce, et à la faveur de laquelle on peut parfaitement lire. Le ■porte-lanterne a plus de trois pouces de long; il a le corps épais et de couleur verte avec quatre ailes transparentes, sur lesquelles brillent une grande variété de couleurs... {Siedman, — Voyage à Surinam, tome il.)
ciàne qui lui servait de lampe , un vampire ou spectre de la Guyane , appelé pej^ro-volador (i) au Mexique.
Rien de plus hideux que cette chauve-souris monstrueuse , haute d'un pied , velue et fauve ; ses ailes noires et membraneuses, h demi étendues, avaient d'envergure le triple de sa hauteur. Ses pieds, palmés comme ceux des oiseaux aquatiques, étaient terminés par de fortes griffes. Deux yeux ronds et brillants luisaient au milieu de sa tête brune, surmontée d'oreilles rondes et transparentes.
Baboùn-Rnify avait à côté d'elle une sorte de petite cymbale de cuivre , qu'on faisait bruire en la frappant avec une racine ronde de palétuvier. A ses pieds était une boîte carrée en bois d'àjoupa couverte désignes cabalistiques. Au milieu de son couvercle, on voyait un trou rond, de
(1) Le vampire, quand la personne qu'il veut attaf;uer est endormie , ce qu'il reconnaît par instinct, s'abaisse près de sa victime, en se soutenant toujours au-dessus d'elle par le mouvement rapide et continu de ses énormes ailes ; puis il fait un trou si petit qu'une tête d'épingle pourrait à peine y entrer, et qu'il ne cause pas la moindre douleur. Au moyen de cette ouverture , il suce le sang jusqu'à ce qu'il soit obligé de le dégorger ; il recommence ensuite à sucer et à regorger, tellement qu'il ne peut j;lus s'envoler que diiTiciicment {Sledman. — Voyage à SiirUiam, tome !». — Voir auss. BujJ'on, Hisl. nat.)
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deux pouces de diamètre et fermé pir un grillage mobile.
Après être restée long-temps rêveuse , Baboûn- Knify secoua tristement la tête, ouvrit la grille de la boîte , prit d'une main sa cymbale , de l'autre la racine de palétuvier, en frappa sur l'instrument quelques coups mesurés en cadence , disant à voix basse, Wannacoëî! Wannacoé!!
Bientôt la tête plate d'un serpent noir et brillant comme l'ébène parut au dehors du trou , ses petits yeux d'un rouge sombre et vitreux s'attachèrent avec une sorte de complaisance sur sa maîtresse, qui continuait de faire retentir sa cymbale de cuivre...
Le serpent, sortant de deux pieds environ en dehors de sa boîte , se tenait dressé ; il semblait par le balancement de son corps marquer le plaisir qu'il éprouvait à entendre l'étrange musique de la sorcière.
Bientôt Baboùn-Knify chanta doucement, avec un accent mélancolique, les paroles suivantes sur un air plaintif:
— Qui retrouvera l'enfant perdu ? Qui le retrouvera? Hélas , qui le rendra à sa mère éplorée... qui le lui rendra? On entoure l'oppessai(i)
(1) La sarrigue.
d'un cercle de charbons ardents , et elle le traverse pour courir à ses petits... qu'elle voit loin d'elle. . . Hélas. . . Héla^ ! que n'ai-je aussi un cercle de charbons ardents à traverser pour pouvoir ensuite embrasser ma fille ?... Où est mon enfant ? Où est-elle ? où est-el!e ? où est-elle ?
Le chant de l'Indienne fut interrompu par Zam-Zam , qui entra dans la cabane.
A sa vue , le serpent distendit la peau flexible et ridée qui surmontait ses yeux et parut irrité.
Le vampire agita ses ailes. La magicienne fit un signe de sa baguette ; le serpent rentra dans sa boîte , le vampire devint immobile.
Zam-Zam était un nègre Loango , de quarante ans environ, grand et robuste, au nez aplati , au front bas et déprimé , aux lèvres épaisses qui laissaient voir des dents blanches et limées en pointes aiguës, selon l'usage de ceux de sa tribu. Mode bizarre , qui donnait quelque chose de féroce à sa physionomie, déjà basse et farouche. Ses cheveux crépus tombaient sur son front , tressés en nombreuses nattes , au bout de chacune desquelles pendaient quelques grains de verroterie ; sa barbe épaisse , hérissée , lui descendait jusqu'au milieu de la poitrine ; il portait sur l'épaule gauche une longue pièce d'étoffe de coton bariolée de jaune et de rouge vif. Son ca-
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leçon blanc était serré autour de sa taille par un chàle de l'Inde volé dans quelque hai3itation. Le nègre y avait suspendu un poignard à manche d'argent. Des bracelets de verroterie entouraient ses chevilles et ses poignets. Ses sandales de cuir s'attachaient à ses jambes musculeuses par des courroies de peau; enfin , il porlait au col une amulette renfermée dans un sachet fait de plumes d'oiseaux mouches.
Intrépide, cruel, rusé, d'une infatigable activité , dominant les rebelles par son énergie^ Zam-Zam était l'àme de l'insurrection et l'ennemi le plus redoutable que pût avoir la colonie.
Lorsqu'il entra dans la case de Baboùn-Knify, le chef noir tressaillit et baissa respectueusement les yeux devant le regard sévère de la magicienne.
— Pourquoi entres-tu ici sans mon ordre :' lui dit-elle.
— Parce que nos guerriers attendent la volonté de Marna- Jumboë ; le soleil s'abaisse. et si le grand esprit veut que nous allions attaquer les blancs^ il faut que nous soyons sortis avant la nuit.
— L'homme est-il prêt? dit la sorcière.
— Il est prêt, répondit Zam-Zam.
— A-t-il jeûné ?
— Il a jeûné.
— Est-il purifié? ^
— Il est purifié.
— A-t-il fait le sacrifice de sa vie?
— Il l'a fait.
— S'attend-il à mourir?
— Il s'y attend.
— La case de l'épreuve est-elle préparée?
— Elle est préparée.
Et la sorcière sortit, suivie de Zam-Zam.