de Bracciano. se rendit dans l'appartement de sa femme
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GONSHNTEMENT.
Lorsque la princesse de Monllaur l'eut quittée, nous l'avons dit, Jeanne avait écrit ces mots à Herman :
Tout est perdu. II n'y a plus éf espoir... i>ous ne mourrez pas seul. On voue rapportera cette nuit la croix de votre mère...
Désespérant de l'avenir, la malheureuse femme était décidée à partager le sort d'Hèrman, à mourir avec lui, pure et sans taehé.
Les événements s'étaient tellement pressés dans eette fatale journée, que madame de Bracciano se
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trouvait mm Fiaflafaee d'une sorte d'ivresse fiévreuse,
Tantôt elle marchait avec agitation, tantôt elle retombai! accablée..,
EUe attendait avec anxiété que la unit fut asses avancée pour pouvoir sortir de ctiei elle par tin petit esealier dérobé qui, de «en eabinet de toilette, descendait dans la cour des remises.
Par un hasard qui servait ses desseins, une de ses femmes, récemment mariée, recevait quelques personnes, et donnait une sorte de petite fête aux communs. Jeanne pensa qu'à l'aide d'une mante et d'un chapeau, -elle pourrait être prise par le portier pour une des personnes qui avaient assisté à la réunion dont on a parlé*
Il était près d'une heure du mâtiné..
Jeanne souleva le rideau de sa fenêtre pour voir si la lofe du co.ncierge était encore éclairée.
Elle avait hâte de partir.
Après avoir éveillé toutes les espérances d'Her~ maa par sa première lettre, elle venait de le replonger dans un abîme de douleur.
Elle regardait comme un devoir d'aller mourir avec lui.
Une heure sonna.., une faible lumière éclairait la cpur... Jeanne crut le moment favorable pour son départ.
Bans sa chambre, il y avait deux portraits, celui de sa tante, celui de sa mère, qu'elle a?ait à peine connue...
Avant de partir, Jeanne s'agenouilla devant ces
t<» LE COLONEL DE SUR VIL LE.
portraits. Ses larmes, depuis longtemps comprimées, coulèrent abondamment. Elle se sentit soulagée.
« Ma mère, pardon ! et à vous, ma seconde mère, pardon ! dit-elle à voix basse, à travers les sanglots qui la suffoquaient. Votre fille va commettre une grande faute... Vous prierez pour elle... et peutêtre Dieu me pardonnera- 1— il d'avoir attenté à mes jours... »
Puis Jeanne brûla les pages d'un album où elle avait écrit quelques-unes de ses rêveries de jeune fille... elle posa sur son secrétaire une lettre pour la princesse de Montlaur. Cette lettre renfermait ses dernières volontés.
Cette chambre ne rappelait à Jeanne aucun doux souvenir, et pourtant elle éprouvait une émotion navrante en la quittant.
Jeanne allait prendre sa mante, lorsqu'on frappa à la porte de sa chambre; elle entendit la voie de son mari qui demandait si on pouvait entrer.
Immobile... croyant M. de Bracciano instruit de son desseiu, elle n'eut pas la force de faire un pas .. Le duc, pensant qu'elle était couchée et endormie, ouvrit la porte...
Frappé de la pâleur, de l'altération des traits de sa femme... il ne put s'empêcher de s'écrier : ci Qu'avez-vous madame?»
Jeanne, sentant, à la vue de son mari, tous ses ressentiments se soulever, s'écria : « Que voulez-vous, monsieur? Ne puis-je, mon Dieu! rester au moin9 seule chez moi?
— Madame, dit M. de Bracciano, pardonnez- moi