CONCLUSION
Un quart d'heure après cette scène, Jeanne se dirigeait vers l'hôtel de Bracciano/ soutenue par Raoul et par Boisseau, qui, malgré sa faiblesse, avait voulu accompagner M; de Surville.
Il élait quatre heures et demie environ.
La pluie tombante torrents, la nuit était profondément noire.
« Du courage, Jeanne... Dans un quart d'heure vous serez sauvée... On n'a pu s'apercevoir encore de votre absence, » lui dil tendrement Raoul, u. «*
-10* LE COfONEL DE StRVILLE.
Jeanue remercia Raoul par un serrement de mains couvulsif, et lui dit : « Je crains que me* force» ne soient épuisées...
— Par grâce... Jeanne, encore un effort...
— Je tâcherai, mais je me sens mourir...
— Et mot aussi, pensa Boisseau, depuis vingtquatre heures sans manger... et avoir une telle alga- ' rade pour se restaurer... Où diable les aventures viennent-elles me chercher ? »
Raoul, Jeanne et Boisseau arrivèrent devant rhôtel de Bracciano.
« Mon ami, dit Raoul à Boisseau, pendant que Jeanne s'appuyait sûr un des bancs de pierre qui garnissaient la porte, écoule bien... je vais frapper... le portier viendra sans doute ouvrir avec sa lanterne, tu réteindras. Pendant que je m'emparerai de lui, tu lui mettras la main sur la bouche pour l'empêcher de crier.. A la faveur de l'obscurité, ma cousine pourra, sans être aperçue, regagner son appartement par Pescalier dérobé: on expliquera l'attaque du portier comme on voudra... . comprends-tu bien ?
— Je comprends... si j'en ai la force... et je la trouverai... d'un coup de poing j'éteins la lanterne,
. et après j'étouffe les cris du portier.
— A merveille... Vous, Jeanne... du sang- froid... Dès que vous verrez la lumière éteinte, précipitezvous dans la cour et montez chez vous,*.
— Je tâcherai... dit Jeanne.
' . —Cette expédition n'aurait-elle pas mieux convenu à cet enragé Bottoi? » dit tout bas Boisseau. Ranul frappa,