CONCLUSION. S
— Un grand secret... que je ne voulais tous confier qu'à mon retour d'Allemagne... Ce que vous appelez ma disgrâce changeant mes projets, je puis maintenant tout vous dire. Depuis un an, je suis très-amoureux de madame de Formont.
— De lajeune et jolie veuve de ce nom? dit la princesse.
— D'elle-même, madame, nous avions fixé notre* union à une époque un peu plus éloignég. Mais les circonstances qui nous avaient fait reculer le terme n'existant plus, je le hâterai de tout mon pouvoir, et nous irons vivre dans mes terres de Lorraine. LVm-pereur a choisi pour moi celte province.
— Un exil!... dit Jeanne. Et c'est moi... moi...
' „ — Il va épouser madame de Formont, » répéta la maréchale avec les signes du plus grand élonnemenU Toutes ses idées sur les amours de sa nièce et de Raoul étaient bouleversées.
Herman, voyant ses infernales ruses découvertes, partit pour l'Espagne, sous la conduite de Glapissou.
On n'entendit plus parler de lui.
Pierre Herbin ne poussa pas le désintéressement jusqu'à refuser une pension de 6,000 fr. que lui assura le duc de Bracciano, pour payer son silence et la destruction du dossier de Dijon!
Le divorce de M. et de madame de Bracciano fut prononcé.
M. de Sunille se maria.
Quelque temps après ce mariage, Jeanne quitta Paris avec sa tante el se retira en Bretagne, clans un
lOt LE COLONEL DE SURVILLE.
vieux château où elle avait été élevée. Elle y languit longtemps et y mourut à vingt-cinq ans.
Les derniers mois de sa vie furent bien pénibles.
Son amour pour Herman avait été tué par la terrible révélation qu'elle avait due au hasard.
Frappée du dévouement... des nobles qualités dont Raoul avait fait preuve en la sauvant... sa reconnaissance s'était exaltée jusqu'à l'amour le plus passionné.
Raoul était marié : Raoul était le plus heureux des hommes. Il ignora toujours ce sentiment.
Jeanne l'aima en secret, souffrit en silence... et mourut.
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