AU CARDINAL MAZARIN
SONNET
Héros, dont le génie étonne les humains, Grand Jules, ta conduite à nulle autre seconde, Fait bien voir que tu sors de ces fameux Romains, Que ]a vertu rendit les ar])il-es du monde.
(1) Les quatie vers suivaiil* iuaiu|iieal.
Sur leurs plus beaux exploits tu formes tes desseins Et la vieille Italie en lauriers si féconde, Semble avoir transporté sa fortune en tes mains, Pour couronner Louis sur la terre et sur l'onde.
Mais quelque grand honneur que ce prince ait acquis,
Il ne s'arrête pas à ce qu'il a conquis,
Kt tu portes sa gluire où son courage aspire.
Tu ne peux te borner, travaillant pour son bien, Kt tu veux que la France étende son empire Aussi loin qu'autrefois llome étendit le sien.
Pièces qui se trouvent dans les Lettres biographiques sur François de Maynard. par M. de Labouisse- Rochefort, (Toulouse 1846 \ et qui n'ont pas été reproduites par MM. Garrisson et Blanchemain.
LE QUATRAIN SUIVANT FIGURE A LA TKTE D'uN DES CVIIIEHS MANUSCRITS DU POf;ïE :
Papier où ma plume ne range (Jue des mots de soie ou de miel, Prends des ailes et vole au Ciel l);ms h's IjeJlcs mains de mon ange.
A LA rein;: an m;. (1)
r>i'iiif i|iic l'univcis admire, Peau l(Mi diinl mon [irince est biùlé, Kcoutc c*' «pic je vais [o dire, Ap(dlnn me l'.t r<''vél»'' ;
(t) Les <|iialii' (iriMiiitTs vi-is de rt» suiiiK'l oui piiiii iiuii> I •■liilii.ui i\f KiiC, mais li'dix de^lic^^ soûl euUcreiueul dUléreuls.
Le Mars qu'on attend que tu donnes Aux peuples soumis à tes lois, Doit faire trembler les couronnes Sur la tête des plus grands rois.
Que d'espérances renversées !
Que de citadelles forcées !
(,)ue de remparts ensevelis !
Anne, il sera plutôt le maître De l'empire qui t'a vu naître Que de celui des fleurs de lis. (1)
ÉPIGRAMVE. (2)
Olympe, je n'ai point de paix, Absent do vos beautés parfaites ; f^t je ne sais ce que je fais Quand je ne sais ce que vous faites. (3)
INSCRIPTION OnAVÉE SUR UN ARBRE.
Adieu donc, arbres toujours verts, Bien que la rigueur des hivers Vous blesse de toute sa force.
Croissez et faites croître aussi Ces chiflres qui, dans votre écorce.
Sont les témoins de mon souci.
(1) Il exisie une spoondo vorsioii de ce sonnet, mais Mavii.ii'd n'en a éctil i(ik' deux voî-s :
Nos nialheni's sont à leur fin, La reine porte un dauphin.
(2) CeUe petite pièce figure dans le manuscrit de Toulouse et elle .i été insérée par Saint-Marc dans les poésies de Charleval comme étant de ce dernier.
(3) Variante du dernier vers :
Quand j'ignore ce que vous faitesi
ÉPIGRAMME
Je la crois digne d'excuse, Si parfois elle s'amuse De parler de la vertu Dont Platon tut revêtu ; Car à bien compter son âge
Elle passe pour ^voir
Avec ce grand personnage. (1)
KF'ITAPJIE DK RIf:HELIEU FAITE VERS 1043.
Ci-git Armand, dont la noire fureur
Nous a privés de tant d'illustres tètes,
Et qui força la faim du laboureur
De ravir l'herbe à la gueule des l)ètes.
Il a tout pris, il a tout renversé,
Et la pitié si douce à l'oppressé,
Dans son esprit n'est jamais descendue.
Sa violence a fait taire nos lois,
Et sans respect des princes et des rois,
Il a joué l'Europe et l'a perdue. (2)
RÉPONSE DE MaVNARD AUX i< RIDICULES PASQUINADES DONT ON A VOULU LE DÉCHIRER. )>
Ta sanglante fureur d'écrire N'a jamais eu d'original, Elle enchérit sur la satire
(1) Varinnte des trois derniers vers donnée par >t*ynard dans nno lettre a M. le banni il** Fonlés ;
A bien calculer son à^e Sans doute, elle a ronil)allu (Contre ce ni'and personnage.
(2) i-e Ion de ceUe épllaphe est bien différent de relui des Stances ^ Louis XUI et de l'Ode au dur de Savoie, aussi Raillel écrit-il : « C'est ainsi que la plupart des poètes ont souvent changé leurs vteux en Imprécations suivant leurs intérêts, et qu'ils défont de leurs propres mains tous ces beaux Dieux (pi'ils ont faits eux-mêmes, lorsqu'ils les Voient b'irs d'état de siitisfaire leurs passions, i — Jugements des savants sur les pririci|>aux ouvrages des auteurs, pai' Adrien Raillet, revus, corrigés et augmentés par M. de I.a Monnoye, de l'Académie Française. Paris, 1722. Tome V.
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D'Arétin et de Juvénal.
Ta muse, fille du Cocyte,
Dans tous les vers qu'elle débite
Choque les fiers et les prudents.
Malheureux, calme ta furie
Et désarme ta raillerie
De ses ongles et de ses dents. (1)
SONNET A M. DE PRESSAC.
Tu dis que les faiseurs de vers Sont des rêveurs m(''lancoliqaes Que les maîtres de l'univers Eloignent des charges publiques,
Et que notre grand potentat M'eût honoré de son estime Et mis dans le Conseil d'Etat Sans l'amour que j'ai pour la rime,
Il est vrai, Pressac, j'ai failli Et me repens d'avoir vieilli Dans cette charmante folie,
J'aurais pourtant le revenu
D'un petit prince d'Italie
Si mon siècle m'eût bien connu.
ÉPIGRAMME
Muses mes fidèles compagnes
Vos ébats ^•ont ingénieux,
Mais l'art qu'on cherche en vos montagnes
N'est pas un art pécunieux.
Il faut, hélas ! que je vous quitte ;
L'or fait aujourd'hui le mérite
(i) Celte pièce est la [neniière version de répigraitime d" recueil de lôifi. «. Ta sanglante façon d'écrire, v
Et donne l'honneur et le rang, Votre amour m'est une disgrâce Fondez tous les vers du Parnasse Vous n'en sauriez tirer un blanc.
AUTP.F VKRSION UE l'épioramme : (( Tu dis que je suis une dupe. »
Tu me plains et me veu.v apprendre Des secrets qui me puissent rendre Fort riche en deux ou trois hivers, Pierre cherche ailleurs qui te croie, Mon bien est de faire des vers Et non de la fausse monnoie.
Pièces données comme inédites par M. Prosper Blanchemain dans son édition des « Poésies diverses de François de Maynard, non recueillies dans le volume des Œuvres publiées en 1646, provenant des Lettres biographiques de M. de Labouisse-Rochefort. et qui n'ont pas été reproduites par M. G. Garrisson.
ÉPIGn.\MME.
France, ne dis plus que Louis Soit le meilleur roi do la terre, La triste paix dont tu jouis To fait tous les maux de la guerre.
Le diable enlève tes deniers, Le soldat te mange et te pille, Et tes héros sont prisonniers Dans les cachots de la Bastille. (1)
(i) Ces h«^ros prisdnniors «ont MM. iJf n.assoinpierii:' el do Cramai). .Vrmaml est le cardinal d<.- lUchulieu,
Armand qui n'aime l'ien que soi,
N'a pitié, prudence ni fui,
Et suffoque ceux qu'il emlirasse ;
X. . . . fuit et n'espère plus rien ; Nos maîtres ont l'âme si basse Qu'ils n'itsenl iMre gens de Iticn.
Kl'KW.AMMK.
Tu dis que je suis une du{K', Bien qu'on m'e«tirne ingénieux, Vl soutiens que; l'art qui m'occupe Ne fut jamais pécuuieux.
Pierre, ma fortun(,' est petite ; Mais ne crois pas que je t'imite Pour avoir un meilleur [)ourpoint.
Ma bure méprise la soie,
J'aime les vers et ne veux point (1)
Faire de la fausse monnoie.
KUli IJAI.ZAC.
Ta parl'aite élMquoncij a surpris tes rivaux,
La Cour ne cberclie plus que tes fameux travaux,
Et malgré tes mallieurs, rEuro[)e en est cbarmée ;
(}uoi qu'on en puisse dire, ou n'en peut dire assez,
Et je vois que ta [dume été à la renommée
Tout ce qu'elle a d'amour pour les siècles passés.
(1) Varinntf ; .Faime mieux faire six Ijeaiix veis
<^)ne vingt, soii^ île l'nii'isi' tiiiiniiMir',