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Kn établissant coimno nous venons clo lo fairo que les « Œuvres )> ilr- 1()i;^, ne sont pas de François Maynaifl, l'un des membres fondateurs de l'Académie Française, nous n'avons pas eu l'intention de chercher à diminuer la part de gloire qui est légitimement due à ce poète. Nous ne nous sommes proposés qu'un but, celui d'apporter notre petite parcelle de vérité dans l'histoire trop peu connue de notre lillératnre française aux débuts du \" VIP'"»' siècle et d'empêcher une erreur de se propager. Bien n'est plus difficile, en effet, que de détruire une erreur lorsqu'elle a pris, pour ainsi dire, force de loi ; elle passe de bouche en bouclie et on a beau entasser preuves sur preu'es pour en établir l'inanité, elle triomphe et la vérité n"a qu'à s'incliner devant elle. Même en distrayant de son œuvre le volume que lui attribuait à tort M. Gaston Garrisson, François Maynard reste non seulement un des écrivains remarquables du XVII^^"ie siècle, mais encore, on peut le dire sans exagération, un de ceux qui ont porté le plus loin le génie poétique de notre langue. Ses contemporains lui ont rendu justice, Balzac, Chapelain ne tarissent pas d'éloges sur la facilité de ses vers ; on a vu ce qu'en pensait Pfllisson ; Richelet dans son Becueil des plus belles Epigrammes (1) admire le charme de son élocution et la beauté du tour de ses vers. Le père Menestrier (2) fait la remarque que Maynaid a un grand nombre de vers composés presque entièrement de monosyllabes, U'U que :
Il est grand dans la paix, il est grand dans la guerre , Ses yeux diîpuis deux ans n'ont rien fait que pleurer.
(1) lUchelcl. Rcciifll d»'S plus bflles i-pigrammos. Paris, l^clerc 1698, 2 vol. lii-12.
(2) l^ p*re Menpstrier. nepi-éscntalion en musiques anciennes et modernes, Page 147. Parts, in-ir>.
Perrault l'a cité avec éloge dans son poème « le Siècle de Louisle-Grand : »
Donc quel haut rang d'honneur ne devront point tenir
Dans les fastes sacrés des siècles à venir
Les Regniers, les Maynards, les Gombauds, les Malliei Les,
Les Godeaux, les R.icans, dont les écrits supeibes,
En sortant de leur veine et dès qu'ils lurent nés,
D'un laurier immortel se virent couronnés.
Après deux siècles ces appréciations favorables n'ont pas à être l'evisées. Voici, en eflet, comment s'exprime M. Petit de Julleville sur Maynard dans son « Histoire de la Littérature française : »
« Dans cette dédicace (la dédicace des Œuvres de 1646), Maynard s'excuse sur son âge (avec un peu d'afTectation) du ton suranné qu'on trouvera, dit-il, dans ses écrits. «Notre langue a reçu tant de nouveaux ornements et a été mise dans des justesses si régulières depuis que l'càge m'a rendu incapable d'apprendre, que ma façon d'écrire est de celles qui méritent plutôt excuse que louange, » A moins qu'il n'entrât beaucoup d'ironie dans cette humilité, Maynard se maltraite à tort. Du moins, si les modes de la veille sont surannées au goût du jour, celles du siècle passé se rajeunissent parfois dans le siècle suivant ; et c'est ici le cas pour Maynard. En admettant qu'il eût un peu vieilli pour son temps, je trouve qu'il n'a pas vieilli du tout au goût du nôtre ; sa langue élégante et soJire, un peu sèche, iiiais bien française, n'a pas pris une ride ilepuis deux cent cinquante ans, comme ces visages qui n'avaient pas beaucoup de fraîcheur dans l'adolescence, mais qui, en récompense, ne sont jamais décrépits. »
Que pourrions-nous ajouter après un pareil éloge ?