DEUX INTENDANTS DU CANADA SOUS LOUISXIV
Quoiqu’Antoine Raudot eût parlé p:'sieurs fois de la nécessité d’explorer l’ouest et de reconnaître les rivières qui pouvaient mener du Canada au grand Océan, quoique, curieux de tout ce qui l’instruisait des habitudes, des mœurs, des intérêts des peuples confiés à son administration, il eût écrit plus de quatre-vingt-dix lettres sur les rapports des officiers, lettres dont une grande partie traite tout au long des postes du sud et de l'ouest, n porta de préférence son attention vers l’est; sans parler de la crainte qu’il avait, ainsi que son père, de voir la colonie se dissiper de nouveau dans la course des bois et s’affaiblir en s étendant vers l’ouest qui ne donnait après tout que des pelleteries, il voulait qu’on exploitât de préférence un élément de prospérité trop aégligé, les pêcheries de l’est; et, d’ailleurs, il lui semblait nécessaire de se fortifier dans cette partie du territoire qui était la tête, la clé de la colonie. Aussi, tandis qu’il est contraire aux établissements de Temiscaming, de Niagara, de Michilimakinac et du détroit surtout, qu’il regardait comme funestes aux intérêts de la colonie, on le voit favoriser tous ceux de la côte de Labrador, du golfe Saint-Laurent, et développer les avantages de la fondation du cap Breton.
L'idée première de ce dernier établissement n’était pas de lui. uw Nous envoyons, écrivent dans une lettre commune de 4705 MM. de Vaudreuil, de Beauharnais et Raudot, deux Mémoires du sieur Pousseret : l’un sur les cendres, qui nous a paru fort bon, l’autresur l'établissement du cap Breton ;
nous sommes tous persuadés que l’on ne peut rien faire de meilleur que de commencer à établir cette île. »
Antoine Raudot, qui la mème année envoyait de son côté un grand Mémoire pour établir aux côtes de la Nouvelle-France la pèche de la baleine, sentit à cause des pêcheries mème l’importance de cette idée. Il annonça, le 20 octobre 1705, un Mémoire sur le mème objet ; et, l’année suivante, il présenta en effet un long mémoire écrit et signé de sa main. 11 s’attacha à réaliser ce projet avec tant d’ardeur, il en comprit, scruta et développa si bien les avantages, qu’il dut ètre regardé comme le promoteur de cet établissement et qu’il put faire oublier aux historiens le nom du sieur Pousseret ; mais il appartient à un Raudot de rendre à cet homme dont nous ne retrouvons plus rien, le mérite qui lui revient; les titres de l’intendant dans cette entreprise suffisent à son honneur.
cessité d’exer du Canada it des habininistration, les officiers, lu sud et de parler de la dissiper de s l’ouest qui oitât de préde l’est; et, te partie du u’il est conhilimakinac térèts de la or, du golfe cap Breton.
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