‹ Deux livres de comptes du Cardinal Fesch, archevêque de Lyon [microform]Chapitre 18 sur 23 · A M. COURBON, VICAIRE-GÉNÉRAL. — 25 NOVEMBRE 1803, DE · texte numérisé non relu

A M. COURBON, VICAIRE-GÉNÉRAL. — 25 NOVEMBRE 1803, DE

Rome. — « Dorons les cœurs des fidèles et ne nous soucions pas du reste ; actuellement, je suis chargé de dettes ». Il l'explique, en avouant que le mobilier de son palais lui coûte plus de cent mille écus.

A M. Talleyrand, ministre des Relations extérieures, de Rome, 6 nivôse an XII, 28 décembre 1803. — Mon traitement n'a pas couru de la nomination, mais seulement de mon entrée en exercice ; je réclame contre cette suppression ; d'autres devoirs m'ont retenu. Ma confiance en vous m'autorise à vous prévenir que je suis hors d'état de faire aucun sacrifice. Je ne m'attendais pas à autant de dépenses ; avec les mêmes charges que le cardinal de Bernis, combien mes moyens sont faibles en comparaison, si je comptais. Interposez-vous pour que je puisse toucher depuis le 15 floréal.

Le 7 mars suivant, Fesch renouvelle sa demande au ministre : « Je rappelle la promesse pour me faire rentrer dans un mois et demi d'appointements qu'on m'a retranchés ».

A M. Perregaux & O^, banquiers. — 18 pluviôse, 8 février 1804. — « Les appointements retranchés seront soldés ».

Aux MEMES, 7 mars. — « Payez 15.000 francs à Murât, 45.000 à madame Clary, 6.000 à Tournefort ».

A M. Jauffret, premier vicaire général. — 9 ventôse, 29 février 1804. — « Vous ne deviez pas permettre que M. Portails fît signer l'arrêté pour les 15.000 francs ; j'avais destiné cette somme pour l'administration du diocèse ; attribuant 6.000 francs pour la table et le service journalier ; le reste pour un voyage à Rome et d'autres voyages, et en partage avec vous ».

A M. Courbon, 28 germinal an XII, 18 avril 1804. — Après avoir déploré la nudité du sanctuaire de Saint- Jean, Fesch ajoute •

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« Dieu nous donnera les moyens d*y pourvoir. J'ai fait cette année, continue-t-il, des dépenses immenses : j'ai été poussé par une main invisiole, je n'ai pas pu lui résister. Je viens de m'apercevoir qu'il y a trop de luxe, mais je ne suis plus dans le cas de le réformer. Cela fait plaisir au pape, aux Français, et je m'en console ».

Au MEME, 11 JUILLET 1804. — « Faites des miracles : J'accepte d'acheter l'abbaye de l'Argentière pour servir de petit séminaire ! ». La procuration du cardinal fut envoyée à M. Jauff ret, le 29 messidor, 28 juillet.

A M. Jauffret, 1 1 JUILLET 1804. — Pour l'acquisition de l'Argentière, Fesch conseille un emprunt ; il donnera de suite 5.000 francs ; il est dépourvu à cause des frais immenses d'installation ; ses dettes s'élèvent à 250.000 francs. Les 15.000 francs de son traitement d'archevêque seront employés à la nourriture et à la tenue de la maison, aux voyages, le surplus partagé entre les trois grands vicaires, mais pas d'achat de livres ni d'estampes.

A Sa Majesté l'empereur, 16 fructidor an XII, 3 septembre 1804. — Cette lettre fait suite à une précédente du 9 juillet, publiée par H. du Casse (histoire des négociations diplomatiques, etv. , Paris, Dentu, 1855). Fescn y prévenait son neveu que, depuis la prise de possession de son ambassade, il avait contracté 250.UOO francs de dettes et il lui demandait un don de 150.000 francs, pour couvrir les frais des appartements préparés à la mère de Sa Majesté et pour sa demeure chez lui pendant cinq mois.

Les 150.000 francs, dit-il dans celle-ci, qu'il demande comme gratification, serviront à donner à ses créanciers un fort acompte et le mettront à même d'obtenir un délai pour le paiement des 100.000 francs restants. « Le prince Joseph m'a écrit que Votre Majesté me les enverrait : qu'elle daigne en donner les ordres à son trésorier, le chargeant de m'en prévenir aussitôt par le retour du courrier qui apportera la lettre d'invitation à Sa Sainteté.

« Je ne crains pas que Votre Majesté me refuse ce concours et qu'elle veuille permettre que je devienne le plus malheureux des hommes. Mon honneur en souffrirait extrêmement. J'ai promis de donner des traites sur Paris avant la fin de septembre. A qui pourrais-je m'adresser ? ».

Les appels à la générosité impériale, de la part de l'archevêque, ont été assez fréquents, on en jugera en particulier par ce qui s'est passé dans la cession de l'hôtel de la Chaussée d'Antin, acquis par Napoléon. Mais il ne sera pas superflu d'ajouter ici quelques phrases empruntées à la lettre déjà publiée dans le livre du baron du Casse, mentionné plus haut, et des plus significatives. Au début de 1807, Fesch avait résolu de passer quelque temps à Lyon, il y résida six mois et, dès la seconde semaine après son arrivée, il écrivait à son

neveu, le 8 janvier : « Mon séjour à Paris a ruiné mes finances ; j'ai dû faire beaucoup d'aumônes ; à peine ai-je pu me réserver douze mille livres pour mon voyage à Lyon. Les pauvres ouvriers manquaient de pain ; j'ai dû emprunter 6.000 francs pour remettre aux curés de la ville et signer une obligation payable par mon caissier, en avril, que j'ai remise aux administrateurs des comités de bienfaisance. Venez, sire, à mon secours, en m'accordant une forte somme pour retirer mes bons et secourir ces pauvres.

Permettez aussi que je rappelle à Votre Majesté l'assurance qu'elle m'a donnée, qu'à compter du 1er de cette année, mes revenus, pensions ou traitements, seraient portés par Elle à 500.000 francs. Cette somme m'est indispensable pour soutenir avec décence le rang où Votre Majesté m'a élevé ».

A M. Lenoir, receveur des Contributions a lyon, 13 nivôse, 2 janvier 1805. — Excuse et refus de payer les impositions foncières, ayant un logement national.

Au maire de l'Ouest a lyon, même date. — Son Eminence le prie de le faire décharger pour les impositions ; il ne peut être dans les intentions du gouvernement de lui faire payer le quinze pour cent de son revenu ; la cote de l'an XII se montant à 997 francs 45 centimes.

Son Eminence dépose chez lui cent et tant de mille francs, pour Torlania, banquier romain ; mais elle ne veut pas subir le change.

Au ministre de la Police, 16 ventôse an XIII, 7 mars 1805. — La demande de Fesch pour être payé des frais occasionnés par l'arrestation de l'émigré Vernègues, avait été transmise par le ministre des Relations extérieures au grand juge et par celui-ci au ministre de la Police : « Au moment de mon départ, écrit Son Eminence à Fouché, il m'est urgent de recevoir la somme sans délai ». Le 22 mars, il renouvellera sa demande, mais ce n'est qu'à Milan que l'affaire recevra sa solution.

Au MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, 4 GERMINAL AN XIII,

25 MARS 1805. — « Ma dépense pendant le voyage (de Rome à Paris pour le couronnement de l'empereur) a été au compte du gouvernement ; même chose au retour ; prière qu'on me fasse l'avance au moins d'une partie ; mon départ est fixé à jeudi matin, 28 mars ».

Au MEME, 5 GERMINAL, 25 MARS 1805. — « J'ai entretenu aujourd'hui Sa Majesté des frais de voyage ; elle statuera sur rapport que vous ferez ».

A Paris, chez Tarbé, notaire, rue de l'Arbre-Sec, 16 pluviôse AN XIII, 5 FÉVRIER 1805. — Procuration à Nicolas Claude Edme Lucotte, prêtre, comme fondé de pouvoirs de Son Eminence.

A M. Lucotte, rue pu Mont-Blanc, 20 avril 1805. — « J'ai tiré

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50.000 francs en faveur de Nivière-Chol, payeur du département, envoyez-moi mes comptes ; bien fâché de ne vous avoir plus avec moi».

Au MEME, 28 AVRIL. — « J'ai tiré un mandat à M. Féaux, de 10.000 francs pour finir de payer l'Argentière, outre le mandat de 38.000 francs à M. Nivière du 15 courant ; au grand amiral Murât, rentes de 100.000 francs empruntés depuis quatre ans, vous remettrez cinquante mille francs. Touchez 100.000 francs à la Trésorerie ».

A MADAME Bonaparte mère, a Paris, 20 avril 1805, de Lyon.

— « Je vais donner les ordres, afin qu'on vous remplace les objets de porcelaine qu'on vous a cassés et les couteaux qui ont besoin de réparation. Pour les meubles qui vous appartiennent, dans ma maison, je ne les achèterai qu'autant qu'ils seront mis à un prix convenable et juste.

« Faites-les estimer ce qu'ils valent dans le moment actuel ; j'ai la note de ce qu'ils vous ont coûté, et, si le prix n'est pas exagéré, je m'en chargerai ».

A l'abbé Lucotte, 6 mai 1805. — a Payez 22.949 livres à Sieux père et fils, marchands toiliers à Lyon. Vous aurez payé 10.000 francs pour fin paiement de l'Argentière ; 25.000 francs à Groboz pour payer Pradines, 6.000 francs des aumônes pour Pradines et 4.000 pour le séminaire ; créditez ».

Au MEME, DE Milan, 3 juin 1805. — « Retirez chez M. Estève 50.000 francs mis à ma disposition par le gouvernement, le 12 prairial. N'abandonnez pas l'affaire de la police, c'est-à-dire les sommes avancées pour l'extradition de Vernègues ».

Au ministre des Relations extérieures, 15 prairial an XIII, 4 juin 1805, DE Milan. — « Lorsque je vous ai entretenu des frais extraordinaires de M. Isoard (suppléant l'ambassadeur pendant son absence de Rome) vous m'avez répondu qu'il convenait de les prendre sur moji traitement. Mes fonctions de ministre n'ont pas cessé pour cela et j'ai beaucoup reçu. Sa Majesté est convaincue de l'injustice qu'il y aurait à me faire une retenue, elle sera favorable à votre rapport ».

A Sa Majesté l'Empereur, 16 prairial an Xllï, 5 juillet 1805.

— « M. de Talleyrand fait encore des difficultés pour le paiement de la gratification à accorder à monseigneur Isoard, qui a servi pendant neuf mois, en qualité de ministre par intérim ; il prétend que c'est moi qui dois la supporter, suivant la règle établie par Votre Majesté. Je ne .veux point faire attention que je n'ai pas cessé d'exercer mon ministère pendant mon absence, remplissant ma mission par ordre exprès du gouvernement et que je suis le plus mal payé des ministres.

« Si je devais supporter cette distraction d'une partie de mes appointements, je me verrais forcé de fermer ma maison à tout le monde et de diminuer les gens qui sont à mon service ».

A l'abbé Lucotte, 20 messidor, 9 juillet 1805. — « Retirez tout ce qui était destiné pour frais extraordinaires à la Grande Aumônerie, cette année ; j'ai dépensé au-delà ; je l'estime à 53.372 francs et avec aumônes avancées, 10.000 piastres ici. Il ne me reste pas un sou et c'est pour payer des dettes faites dans mon voyage ; c'est 50.000 francs juste ».

A M. Rollier, intendant de madame mère de l'empereur, 4 thermidor an XIII, 24 juillet 1805, de Rome. — « J'ai reçu dans le temps votre lettre du 20 prairial dernier, j'ai lu l'estimation faite du mobilier de ma sœur. Prétend-on que je paie tout ce qui est usé comme neuf et l'on me dit encore qu'on me fait grâce des tapisseries. Si j'avais eu de l'argent, le compte envoyé m'aurait dégoûté d'acheter ce mobilier.

« La dépense où je me suis vu mis pour achever de meubler ici ma maison est devenue si forte que je suis obligé de me mettre en grande économie pour deux ans et, dans ce temps-là, je pourrai peu à peu, avec la même somme qu'on me demande au meilleur marché, faire rétablir le même mobilier à neuf. J'y renonce par conséquent et ma sœur peut en disposer comme elle .jugera à propos. Je vous prie de faire en sorte qu'on ne me dégrade pas les tableaux et les peintures en démeublant la maison ».

A M. CouRBON, 1er AOUT 1805. — « Vous avcz très bien fait d'acheter de madame Vionet la cellule avec les dépendances qu'elle possédait aux Chartreux pour 1 .500 francs. Si vous pouviez avoir de cette manière tout le cloître, j'en serais volontiers l'acquéreur.

A M. Lucotte, 5 fructidor an XIII, 23 août 1805. — « L'ameublement de mon premier étage de Rome m'a jeté dans des dépenses énormes ; je prévois que je ne pourrai pas payer, le trimestre courant, M. Salicetti ; je n'ai pas payé les 6.000 francs à Canova qui se trouve à Vienne ; envoi d'une traite ».

Au MEME, 26 septembre 1805. — Payez mandat à Groboz de 10.779 francs 30 centimes ; dépenses faites sur le secrétariat, entre autres à M. Jolivet, marchand de bas, 5 paires, au lieu de 4, 300 francs ; bréviaire in-4o, 77 francs ; rochet blanchi, 55 francs ; mademoiselle Cornier (fabricante d'ornements), 7.500 francs ; cordonnier, 144 francs».

A M. Jauffret, secrétaire général de l'Aumonerie impériale, 4 OCTOBRE 1805. — Fesch lui annonce que les bulles de monseigneur de Broglie pour l'évêché d'Acqui (Piémont) seront expé-

diées dans six jours et qu'il alloue, pour en payer les frais, 4.000 francs sur les dépenses imprévues de la Grande Aumônerie.

A M. Cholleton, vicaire général, 16 octoôre 1805. — « Achetez Pradines pour mor et mes successeurs : payez entièrement le capital ; puisque j'ai déboursé 25.000 francs, j'entends ne rien débourser pour l'institution ».

Au MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, 18 OCTOBRE 1805. —

Envoi de la note des frais extraordinaires de l'an XIII (1805).

A M. LucoTTE, 16 NOVEMBRE 1805. — « Ayez 40.000 francs dont grand besoin. J'ai déposé au bureau des Relations extérieures le compte des frais extraordinaires de l'an XIII : 65.974 francs 34 centimes ; sollicitez le paiement ; pressez ».

A Monsieur Rollier, intendant de l'impératrice mère, le 7 décembre 1805. — Après une réclamation sur les erreurs de compte, S. E. répond à la proposition de céder son hôtel de la rue du Mont-Blanc : « Il n'y a pas lieu à l'arrangement que vous proposez. Je suis trop attaché à cette maison et j'en ai refusé à Milan 100.000 écus offerts par l'empereur ».

Au MEME, 17 JANVIER 1806. — « Son Eminence règle les sommes dues à sa sœur à 1.016 francs 17 centimes ; M. Lucotte paiera ».

A M. Lu COTTE, 17 JANVIER 180 >. — « Vous paierez à l'ordre de M. Bouillaud, grand vicaire et supérieur du séminaire Saint-Irénée, à Lyon, 2.000 francs ».

A M. COURBON, VICAIRE GÉNÉRAL, 25 DÉCEMBRE 1805. — « ChoUe-

ton a fait le bon ange, lorsqu'il m'a jeté comme perdu le projet d'acheter une terre à Pradines de 25.000 francs. Ne vaudrait-il pas mieux acheter la maison carrée et la vigne des Chartreux ? L'année prochaine, j'aurai 30.000 francs de disponibles ; réfléchissez, je vous laisse le maître d'en disposer. En mai, je pourrai faire le paiement de la moitié».

A M. Cholleton, vicaire général, même date.— A Saint-Irénée, 110 séminaristes coûteront 9.000 francs : la dépense montera à 38.000 francs ; pour l'Argentière, Saint- Jodard, Roche et Meximieux à 56.000 francs. Pour Pradines, je vous renvoie à M. Courbon ; il est riche, et, s'il veut, il pourra bien vous contenter ».

A M. Cholleton, vicaire général, 12 février 1806. — « Les comptes de l'Argentière dépassent de 10.009 francs les crédits permis ; plaintes. Empruntez l'ancienne besace des Capucins et parcourez ainsi les villes et les campagnes. On dira que mon système est basé sur l'ostentation et que je ne veux faire que le bien visible. Celui qui inspire le bien voit ce qu'il en est ».

Au roi de Naples, 17 juin 1806, Paris. — « Nommé à la coadjutorerie de Ratisbonne, je me vois dans le cas de me défaire de mon mobilier à Rome, quoique l'empereur me conseille de le garder. Si ce mobilier vous convenait, vous pourriez charger quelqu'un d'en faire l'estimation. Mais si on le mettait à trop bas prix, j'aimerais mieux le garder ou le céder à l'empereur qui m'en offre cent mille écus, sans comprendre les écuries, le linge, l'argenterie et la bibliothèque ».

Voici une énumération qui laisse deviner quel somptueux état de maison l'ambassadeur avait organisé.

« Je vous propose mes chevaux ; il m'en reste quinze à Rome ; vous en auriez à moi vingt, y compris les cinq que je vous ai prêtés .

« En ce moment, les treize tapis du premier appartement de mon palais, provenant des fabriques de Tournai, doivent être arrivés ; je crois qu'avec les transports ils monteront à 24.000 francs.

« Je ne puis pas vous donner la note de ma cave, je compte qu'il doit y rester environ 3.000 bouteilles, tant de Bordeaux que de Cassis, Bourgogne, Champagne, Roussillon, Malaga, Percaret, Muscat et Smyrne, Porto, etc. Lorsque j'aurai la note, je pourrai vous en dire le montant ».

A M. Féaux, a Rome, 18 juin 1806, de Paris. — M. Féaux, prêtre originaire de la Loire, avait été appelé à Rome par Monseigneur Fesch, qui le chargea de veiller à ses intérêts et à son déménagement, lorsqu'il fut rappelé à Paris : dans une de ses premières lettres, on relève ces recommandations : « Faites bien nourrir les chevaux. Après le mois de juin, ne payez aucune dépense de la légation ; pour ce trimestre, payez le moins possible ».

A monseigneur Isoard, auditeur de Rote a Rome, 8 août 1806. — « Depuis six semaines on travaille à ma maison du Mont- Blanc ; en attendant, je loge chez ma sœur, rue Saint-Dominique, qui est à Pont-sur-Seine. Dites à Lucien (le prince, son neveu) de donner main-levée des inscriptions qu'il prit sur mes biens, quand il me prêta 150.000 francs que je lui ai rendus ».

Au ministre des Relations extérieures, 29 janvier 1806. — « Les frais extraordinaires de la légation, pendant les mois du premier vendémiaire an XIV au premier janvier 1806, montent à 17.321 francs 45 centimse ; prière de les faire rembourser à mon fondé de pouvoirs ».

Au MÊME, 30 avril 1806. — « Frais extraordinaires du l^r trimestre de 1806 : 19.685 francs 05 centimes. Depuis dix-huit mois, les avances que j'ai faites pour le compte du gouvernement ne m'ont pas été remboursées ; j'ai un besoin indispensable de ces fonds que je dois ».

Au roi de Naples, 12 juillet 1806, de Paris. — « Je viens

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d'écrire à mon économe, à Rome, pour qu'il mette à votre disposition mon mobilier. Lucien me l'avait demandé, mais je crois que sa position ne doit point lui permettre une dépense aussi conséquente.

« Je fais proposer à Salicetti de me vendre sa maison, rue Saint- Lazare, la mienne ne pouvant contenir la moitié de mes gens ».

A M. CouRBON, 14 AOUT 1806. — « J'ai offert 80.000 francs de la maison carrée (les Chartreux) ; le propriétaire demande 100.000 francs. Négociez les Carmélites ; Rondot vendrait-il les Capucins ? ».

A l'abbé Féaux, a Rome, 19 août 1806. — « Je ne reçois pas Tétat des frais extraordinaires ; je risque de les perdre par ce retard ».

Au MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, 27 AOUT 1806. — « LcS

frais extraordinaires ti second trimestre de l'an 1806, le dernier trimestre de l'an XIII (1805), cent jours de l'an XIV, premier trimestre de 1806, s'élèvent à 147-852 francs 54 centimes. On me réduirait aux expédients, si on ne soldait pas mes frais extraordinaires >.

A FÉAUX, 12 SEPTEMBRE 1806. — « Vcrscz 800 piastres au Père Molinari ». Ce religieux dominicain s'occupait avec dévouement de la cause de la vénérable Agnès de Langeac, si chère à la Compagnie de Saint-Sulpice.

A M. DE TaLLEYRAND, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES,

SEPTEMBRE 1806 (avaut le 25, date du départ de l'empereur pour la campagne de Prusse). — « Je ne m'attendais pas à apprendre qu'on avait arrêté dans vos bureaux que je cesserais de toucher mon traitement de ministre, à dater du jour de mon départ de Rome, sous le prétexte qu'il était alloué à M. Alquier. le dois à cet égard faire une observation à Votre E^-celience, M. Alquier ne fait que tenir provisoirement ma place et, comme on ne m'a point averti que j'étais définitivement rappelé, j'ai dû compter sur l'intégrité de mon traitement. Sa Majesté m'en a toujours assuré et vendredi dernier elle a bien voulu me dire que les 150.000 francs me seraient payés par les Relations extérieures jusqu'à ce que je fusse pourvu de manière à soutenir convenablement mon état. Sa Majesté l'empereur m'a autorisé à vous prier de lui rappeler cette parole pour lever toutes les difficultés qu'on pourrait faire naître. Je supplie Votre Altesse de terminer cette affaire, ainsi que celle des 6.000 francs de voyage, avant le départ de Sa Majesté. Votre Altesse me rendra un grand service, car un retard me gênerait beaucoup Quant aux frais de voyage pourrait-on exiger que je dusse voyager comme un simple particulier ? Fallait-il congédier à Rome toute ma maison ? Etant appelé en France par Sa Majesté, je devais conserver un état de maison considérable. D'ailleurs on ne peut pas ignorer que la légation de Rome me coûte la vente de mes biens et plus de 150.000 francs de dettes contractées

dans cette ville depuis dix mois. Je ne parle pas de celles que j'ai faites pour mon retour et pour les frais extraordinaires qu'on ne m'a pas encore remboursés. Cependant le temps presse ; on me demande de l'argent et il serait inconvenant que je dusse recourir à de nouveaux emprunts, lorsque Votre Altesse peut, après en avoir parlé à Sa Majesté, me tirer des embarras où je me trouve. « Je la prie d'agréer, etc. ».

A M. James, intendant du roi de Naples, 15 novembre 1806. — Son Eminence lui donne avis d'un premier envoi du mobilier, acheté par le roi Joseph ; les porcelaines et verreries viendront ensuite. Cet envoi comprend voitures, sellerie, chevaux, vins, et légumes. Fesch demande un acompte de 80.000 francs, car il doit à Rome, dit-il, 20.000 piastres ; il estime ses voitures à 45.000 francs, la berline de cérémonie, en particulier, est taxée 15.000, plus belle que celle dont l'empereur s'est servi pour le sacre. Il se plaint, en terminant , des critiques exercées sur ce marché par Miot de Melito.

A Sa Majesté le roi de Naples, 23 novembre 1806. — « D'après le retard que vos officiers ont mis à retirer mon grand mobilier de Rome, je présume que vous y avez renoncé ; je n'en suis pas fâché et par tout ce que me dit l'empereur, avant son départ, il est possible que j'ai besoin d'une maison à Rome. Si, toutefois, vous aviez encore besoin de mon mobilier, vous pouvez être plus pressé que moi et je suis enchanté que quelque chose qui m'appartient puisse vous être utile ; mais vous saurez que vous ne puissiez pas en prendre une partie, en me laissant l'autre. Il faudrait vous charger de tout, même de la bibliothèque, des tapisseries et de tout ce qui la constitue ».

A Torlonia, a Rome, 23 novembre 1806. — « Le 8 octobre j'étais votre débiteur pour 14.400 piastres ; vous recevrez un acompte de 10 à 12.000 francs. Le ministre de l'Intérieur doit mes traitements depuis longtemps ».

A Sa Majesté le roi de Naples, 23 novembre 1806. — Son Eminence prévient son neveu Joseph qu'il a demandé à M. Jammes 80.000 francs d'acompte et qu'il lui passe tout ce qu'il possède à Rome, même la bibliothèque.

Au ministre de l'Intérieur, 30 novembre 1806. — « Sur 47.047 francs, alloués par les départements du Rhône, de la Loire et de l'Ain, 33.000 francs seulement m'ont été versés ».

A Sa Majesté le roi de Naples, 10 janvier 1807, Lyon. — c D'après votre lettre du 10 décembre dernier, je fis demander à M. Jammes l'état estimatif des objets que mon économe avait envoyés de Rome à Naples. Cet état est absurde.

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« Les juments et chevaux normands m'ont coûté plus du double à Pans ; j'en ai perdu trois en route et les frais ont dépassé le quart de leur valeur.

« Les vins de Bordeaux ont été achetés par Pierre dans la dite ville à 6 francs ; ils ne sont pas encore payés ; on les estime 2 francs ; les yms de Malaga, une piastre sur les lieux ; les Paquerait, 8 francs sur les heux, les muscats, 8 francs sur les lieux, ainsi des autres à proportion ; on les estime 2 francs. Les porcelaines sont diminuées d'un tiers du prix de la fabrique ; les cristaux de plus des deux tiers ; les harnais de collier de plus de deux tiers, ainsi du reste. Ajoutez-y les transports, les assurances, etc. Ces seuls articles doivent vous donner une idée de l'équité et de la justice de vos officiers.

C'est une « affaire finie, nous n'en parlerons plus, il ne me convient point de faire ramener à Rome les voitures ; que dirait-on ? ».

A M. LucoTTE, 27 JANVIER 1807. — « Versez 100.000 francs chez Perregaux au profit du marquis deTorlonia ; les frais extraordinaires de l'ambassade, du premier vendémiaire à octobre 1805, s'élèvent à 17.321 francs 45 centimes >>.

Au MÊME 12 FÉVRIER . — « Payez 2.000 francs à l'ordre de M. Cabarat, acompte de dépenses faites pour mon petit séminaire de l'Argentière ».

Au MÊME, 23 MARS, DE LvoN. — « Euvoycz mandat de 2.000 francs pour 1 .000 bouteilles de vin de Lunel à M. Sambucy ». Son Eminence se plaint ensuite de son neveu Joseph. «Le roi de Naples, di-til, n'a pas payé la moitié de la valeur des objets, estimés par son grand écuyer, comme s'ils eussent été trouvés sur le rivage. Dites franchement que je ne veux pas céder la berline qui est dans la remise de l'hôtel ».

A M. CouRBON, 14 JUILLET 1807. — « Achetez le jardin (partie du clos des Chartreux) avec 6.000 francs de don et les 14.000 en messes dues par les évéques de Montpellier et de Metz ». '

Au MÊME, 1er AOUT 1807. — « H faut conclure pour 5.200 francs l'achat de la maison de M. Laporte à Alix (établissement d'un petit séminaire ) ».

A MONSEIGNEUR FOURNIER, ÉVÊQUE DE MONTPELLIER, 11 SEP- TEMBRE 1807. — « Ce n'est pas 4.000, mais 3.500 messes, que vous devez dire ou faire dire. Monseigneur l'évéque de Metz (monseigneur Jauffret) aura bientôt rempli le même devoir. Le produit doit servir à payer un jardin aux Chartreux ».

A Pasqualini, 23 octobre 1809. — Depuis plusieurs années, ce correspondant possédait la confiance du cardinal pour traiter de ses

affaires, il acheva de liquider ce qui avait été laissé à Rome. Son Eminence lui annonce l'arrivée de idéaux â Paris. « Féaux, dit-il, est ici depuis huit jours. Oifrez porcelaines et bronzes ; je les estime à 28.00U piastres. Si on vous fait observer que la porcelaine a mon chittre, avec vingt sous d'eau-forte les chiffres disparaissent ».

A Sa Majesté le roi de Naples, 27 octobre 1807. — « Il y a longieinps que je vous ai écrit et que je n'ai reçu de vus nouvelles.

« 11 y a plus d'un mois et demi, et peut-être deux mois, que je fis part à la reine que j'allais vendre mon mobilier de Kome, que j'allais ordonner d'expédier en France tout ce que je ne pourrais trouver ici pour l'ameublement de ma maison et de vendre à Rome les pendules, les candélabres, bronzes et porcelaines, etc. Je la priai de vous écrire que vous pouviez faire transporter ces objets à Naples et que vous me les auriez payés au prix coûtant.

« Du reste, ne consultez que vos convenances ; si vous vous en accommodez, Torlonia se rembourserait de l'argent qu'il m'a prêté ».

A M. Groboz, secrétaire général de l'archevêché, 1 1 novembre 1807. — « J'ai .eçu votre compte général ; je n'y comprends goutte, ce qui ne .ait rien à la CnOse ».

A LA reine de NaPLLS (madame CAROLINE MURAT,) 6 JANVIER

lou9. — « Ma très chère nièce, j'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite au sujet de mes meubles à Rome. Vous me dites en substance que votre état de finances ne vous permet pas de payer à Torlonia le prix des meubles que vous prendrez, mais que vous pensez à l'imputer sur le capital de 250.000 francs que je vous dois. J'y souscris.

<{ Je vous dirais francnement que j'avais porté le tout à 150.000 francs ; je diminuerai mes prétentions et je me restreindrai à vous offrir le tout pour la somme de 131.250 francs. Par ce moyen, je vous paierai 6.250 francs que je vous dois d'intérêts, du l^r juillet 1808 au 1er janvier 1809, et j'éteindrai la moitié du capital dont je suis redevable au roi, votre époux.

« Je vous donne toute la latitude possible ; tenez-vous au prix que j'y mets de 131.250 francs, ou mettez-y le prix que vous voudrez ; enfin, ne les prenez pas, s'ils vous sont inutiles ou peu convenables. Je voudrais être moins embarrassé et vous en faire l'hommage gratuit »»

A M. DaRU, INTENDANT DE LA MAISON DE L'EMPEREUR, 15 FÉVRIER

1809. — « Voici le mémoire des sommes que j'ai déboursées pour achat et agrandissement de mon hôtel. Je me trouve très embarrassé pour payer mes dettes et pour fournir aux dépenses que je suis obligé de faire pour mon établissement dans le palais archiépiscopal de Paris. Mais surtout je vous prie de dire à Sa Majesté que je ne pourrai X ien diminuer de la somme de 800.000 francs ».

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Les pourparlers, s'ils ne furent pas interrompus, traînèrent en longueur ; c est seulement par un ordre du 25 mars 181 1 que Daru fut

fsœS^ franc?'/"'' ^'^'''''î ' '^"^P^^^"^ P^'^^' »^ ^'^^^^ 1 500 000 francs, (un million et demi) avec réserve de la jouissance

pour le cardmal, sa vie durant.

A Pasqualini, 24 février 1809. — « Quand j'ai fixé le orix du mobilier à 131.250 francs ou ce que la reine voudra? q^vous^c^diez au prix, fixé à Naples par Me Lechat, de 120.000 francs, je ne l'admets pas». , je lie I dU

A ESTÈVE, BANQUIER A PaRIS, 13 MARS 1809. - « J'ai 200 000

francs a verser à Rome ; pour ne pas éprouver de perte, il faudrait aire payer cette somme en Toscane ; pourriez-vous me donner de lettres de change sur une des villes de cette province ? ».

A TORLONIA, BANQUIER A ROME, 19 MARS 1809. - « DepuiS UU

mois, M. Lucotte garde 200.000 francs pour vous remettre ; les sommes^dues excédantes seront payées à raison de 10.000 francs par

Ria^, ;:^^^J^^«^ ^^s Cultes, 10 avril 1809. - Le cardinal prévient Bigot de Preameneu qu'il s'est arrêté pour céder son hôtel de la rue du Mont-Blanc au prix de 800.000 francs. : Cette somme, dit-il doit me libérer des dettes que j'ai contractées. C'est un sacrifice que je fais, en me contentant de 800.000 francs, au lieu de 1. 150.000 livres que j aurai déboursées pour les travaux faits jusqu'à la fin de la seconde campagne, sans comprendre 300.000 francs de plus-value ».

A. M Daru, 14 avril 1809. - Envoi du mémoire des sommes payées tant pour l'achat du grand et du petit hôtel que pour la bâtisse que le cardinal Fesch a fait exécuter, ce mémoL monte à 818.659 francs 59 centimes ; il demande que la somme de 800 000 francs lui soit comptée sans délai. okju.vuu

fr.ll^p'"'''^' banquier, 29 AVRIL 1809. - . J'ai fait payer 200.000 francs a Perregaux ; j'attends que vous me fassiez connaître ce que ie vous reste à devoir ». ^ ^

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