‹ Deux livres de comptes du Cardinal Fesch, archevêque de Lyon [microform]Chapitre 21 sur 23 · LE BUSTE DE CANOVA · texte numérisé non relu

LE BUSTE DE CANOVA

Cette œuvre de l'illustre Vénitien, dont les Vénitiens et Romains viennent de célébrer le centenaire avec tant d'éclat, a été achevée dans l'un des premiers mois de l'année 1807 ; entreprise après le départ du cardinal ambassadeur, il est probable qu'elle n'a été exécutée autrement que de mémoire, sans nulle séance de la part du modèle. Canova tenait à lui ménager la surprise de ce cadeau et de ce souvenir. L'un et l'autre, du reste, se connaissaient depuis assez longtemps ; vraisemblablement ils s'étaient liés dès 1802, pendant le premier séjour du maître en France et au cours de ses fréquentes visites aux Tuileries ; ils s'estimaient réciproquement et, en plus d'une occasion, Fesch avait été heureux d'employer son crédit au service d'un homme dont le génie était universellement loué. Ainsi, le 9 novembre 1804, il écrivait à Estève, trésorier du gouvernement, que Canova demandait le second tiers de la somme promise pour la statue du premier consul. Le 24 août 1805, il annonçait directement à l'intéressé, en résidence alors à Vienne, qu'une gratification de 6.000 francs lui était accordée par l'empereur pour le buste de Pie VII envoyé à Paris ; il le prévenait que cette somme lui serait versée contre reçu par les mains de l'abbé Lucotte, son chargé de procuration, rue du Mont-Blanc, n^ 1, Chaussée d'Antin.

En quittant l'Italie, l'archevêque avait laissé un de ses secrétaires, l'abbé Féaux, prêtre originaire de Saint-Etienne, assez entendu en affaires, avec mission de liquider la plus grande partie du mobilier, de tenter des échanges, d'expédier ensuite, soit à Paris, soit à Lyon, ce qui devait être conservé ou ce qu'il serait impossible de vendre. Parmi un des premiers envois, le mandataire crutsagement agir en y joignant le buste qu'on venait de déposer au palais ; il en prévint monseigneur Fesch, qui ne fut qu'à demi-satisfait d'une diligence qui contrariait ses dessins.

« Vous avez mal fait, répond-il à l'abbé, le 27 août 1807, de m'envoyer le buste ; j'aurais voulu en faire tirer sept à huit copies par Maximilien ; je serai obligé de le renvoyer à cette fin, si toutefois Canova n'a plus le modèle. Je m'acquitterai avec ce chevalier de l'obligation que je lui ai ».

Le colis, dont le poids, d'après le bordereau de la messagerie, indiqué au chanoine Groboz, secrétaire de l'archexTCché, atteignait trois cent soixante livres, arriva à la Chaussée d'Antin et, dès le 26 octobre, Fesch en accusa la réception. Mais on devine, sous son laconisme, que son admiration fut des plus tempérées.

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INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

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