ACTE III, SCÈNE T
ROSA
Et vous d’une belle journée d’hiver! Brrr!... Je suis fâchée de ne pas avoir pris mon manchon!
ALIDOR, à part.
Qu’est-ce qu’elle a?
Tenez... asseyons nous... car debout vous n’ètes par drôle!
(Elle s’assied à gauche. — Après un grand temps.) Eh bien?
Moi, je ne dis rien!
rosa.
Je le vois bien I . . (Allongeant son pied.) Comment trouvez-vous ces petites pantoufles?
alidor.
Dame I je les trouve en maroquin...
ROSA, vexée.
Monsieur le marquis, vous ôtes une oie...
Un oie !
ROSA
Apprenez que lorsqu’une femme montre ses pantoufles... c’est pour qu’on lui parle de son pied!
Oh! oui 1 parlons de votre pied!., il me fait l’effet d’une fraîche matinée de printemps...
ROSA
Encore !.. avez-vous quelquefois pêché à la ligne?
Oui... pourquoi?
Moi, je ne trouve rien d’insupportable comme ces petits poissons qui mordent toujours et qui ne se prennent jamais!
AI.IDOR.
Les ablettes?., vous voulez parler des ablettes?
ROSA
J’aime mieux les brochets!., au moins ils ont des dents! (mie
ôte ses gants.)
Vous ôtez vos gants? oh! donncz-les-moi?
ROSA, les lui donnant.
Pourquoi?
ALIDOR, se levant.
J’ai mon idée! (a part.) Quand j’en aurai quinze paires... quelle fricassée!
ROSA, se levant.
Dites donc... yous ne savez pas une chose? c’est aujourd'hui ma fête...
Allons donc ! c’est la Saint-Procope...
ROSA, impatientée.
Ça ne fait rien !.. je vous dis que c’est tua fête !
Je le veux bien!., alors, mademoiselle Procope, je vous la souhaite!
ROSA
Eh bien?., dans votre pays, est-ce qu’on ne s’embrasse pas?
Vous! jamais ! ça serait profaner mon idole I
- . ROSA
Mais puisque je vous y autorise !
ALIDOR, avec feu.
yous le voulez!., ô volupté!., volupté!.. Eh bien!., (s’arrêtant.) eh bien! non! nonül
ROSA
Air : Qu’il est flatteur d'épouser celle...
Pourquoi donc? lorsque je vous presse...
C’est le langage des amours.
Pour moi vous êt’s une déesse Que je veux respecter toujours!
Jamais aucun mortel sur terre Ne sut vous vénérer autant...
ROSA y h part
Voilà quatr’ jours qu’il me vénère...
Ça finit par être embêtant! (bis.)
(Tout i coup pleurant.) Ah! je vois bien que vous ne m’aimez pas 1
Moi?., je ne vous aime pas?., eh bien! je vais vous en donner une preuve!
'.0 ROSA
Laquelle?..
ALIDOR, tirant une marguerite de son sein.
Nous allons interroger la marguerite 1
ROSA
Ah ! encore Jes marguerites !
Ecoutez ça! (Effeuillant ta fleur.) je l’ai me... un peu... beaucoup... normément. '
ROSA
Eh bien! c’est convenu 1 normément U. après?
Maintenant, nous allons voir si vous m’aimez, vous! (u tire une autre marguerite de son sein.)