Voyez Mathilde {E.Sw
grandes dames venaient voir égorger leurs rivales à domicile % et les notaires étaient en' compte courant avec les empoisonneurs, les assassins et les noyeurs de Paris ou de la banlieue.
« Le seul secours pour les honnêtes gens , au milieu de ce désordre, était les princes allemands, qui abandonnaient leurs États, déguisés en ouvriers , pour aller défendre la vertu dans les tapis-francs de la rue Aux- Fèves* ou les forçats en fuite, qui assuraient Tavenir des jeunes gens pauvres, et découvraient dans un lupanar la femme qui devait faire leur bonheur '.
« Encore Tinfluence de ces défenseurs de la vertu était-elle souvent annulée par la fameuse société de Jésus , que secondaient les dompteurs de bêtes de l'Allemagne, les étrangleurs de l'Inde et les directeurs de maisons de santé de Paris^.
« Vous devinez d'avance. Messieurs, ce que devaient être les mœurs dans une société pareille! Sauf les grisettes, vivant comme des saintes au milieu des rapins, des clercs d'avoués et des commis marchands^ , les femmes bien nées n'avaient d'autre occupation que la galanterie, et les bons pères de famille se chargeaient de louer eux-mêmes une petite maison oti leurs filles mariées pussent recevoir à l'aise des amants®. Si par hasard une grande dame restait chaste, elle ne manquait
i. Voyez VHittoire des Treize (H. de Balzac). S. Voyez Les Mystèreê de Parie (E. Sue).