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XX III

Florence, 27 décembre.

Je reviens aux écoles normales, pour compléter ce que je vous ai écrit de Naples et de Rome. Je réunirai d'abord un certain nombre d'observations générales communes à tous les établissements de ce genre et concernant l'organisation, les programmes, les examens pour le brevet, etc. ; je parlerai ensuite avec quelque détail de deux ou trois écoles de grandes villes, Rome, Florence, Milan.

Les écoles normales, vous le savez déjà, sont des externats, celles de filles comme celles des hommes ; on y trouve souvent annexé un pensionnat, destiné à recevoir un certain nombre de boursières et d'élèves payantes. Il y a des Écoles normales du gouvernement, au nombre de 48, dont 22 pour les élèvesmaîtres, 26 pour les élèves-maîtresses; d'autres provinciales, mais assimilées aux premières quant à l'organisation et à la valeur légale de renseignement, au

nombre de 13, à savoir 9 de filles et 4 d'hommes. Il y en a de privées, qui, au lieu de comprendre trois an* nées de cours, n'en ont ordinairement que j^deux et portent alors le nom A' Écoles magistrales^ au nombre de 51, dont 19 pour instituteurs, 32 pour institutrices. ^- En tout 112 établissements, entretenus ou subventionnés par rÉtat, avec plus de 6000 élèves, dont 4100 dans ceux de l'État et des provinces, 1800 dans les écoles privées. L'Ëtat alloue environ 1000 bourses de 250 livres chacune, les provinces 600, réparties entre les élèves de l'un et de l'autre sexe.

Laissez-moi vous rappeler que les professeurs des Écoles normales pour les deux sexes, au moins les principaux, sont tenus, à l'avenir, d'avoir fait leurs études secondaires, c'est-à-dire d'être munis de la licence lycéale ou diplôme du baccalauréat complet, et d'avoir suivi les cours d'une Université (Faculté des lettres ou des sciences) durant deux, trois ans, pour obtenir le grade ou diplôme correspondant aux matières qu'ils veulent enseigner. J'appelle l'attention sur cette disposition capitale, appelée à porter si haut le niveau de l'enseignement normal ; le lecteur ne manquera pas de la comparer avec notre régime français, qui recrute les professeurs normaux dans les rangs du personnel primaire sans leur demander des preuves d'une forte et méthodique préparation scientifique ou littéraire*. Seulement il y a lieu de craindre que de si grandes exigences,

1. Cet état de choses est en train de se modifier depuis rétablissement du concours de Paris, qui opère une sorte de sélection des meilleurs candidats.

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maljusUfiées par le chiffre du traitement (2900 fr. pour les maîtres titulaires, 500 à 900 francs pour les maîtresses assistantes dans les écoles de filles, 500 fr. de supplément pour le directeur) ne rendent difficile en Italie le recrutement du corps professoral ^

Je disais, dans un précédent article, que les élèvesfilles sont beaucoup plus nombreuses que les élèveshommes; elles sont à peu près dans la proportion de 3 pour 1. Dans les grandes écoles féminines de Naples, Florence, Milan, j'ai trouvé plus de 200 élèves; à

1. Voici quelques indications comparatives empruntées aux Let^ très dé M. Manfroni. £n Italie, sur 100 professeurs d*écoles normales, 25 de l** classe ont 2600 livres; 34 de 2* ont 2178 ; 41 de 3* ont 1810; à quoi il faut ajouter une augmentation d*un dixième tous les six ans (soit 266 francs, 217 francs, 181 francs) pour ceux qui dans rintervalie n*ont pas été promus à une classe supérieure.

£n Prusse, le directeur de Técole normale de Berlin a 6750 francs; les professeurs ordinaires 5250; les professeurs assistants 4500. Dans le reste du royaume, ces chiffres descendent respectivement à 6000, 4125, 3000. Les maîtres de Vécole 4n'aiique sont payés comme les assistants. En outre, pour tous, logement gratuit ou indemnité.

En Allemagne, le directeur, à Vienne, reçoit 3800; ailleurs 3300; les professeurs à Vienne 3000 ; ailleurs 2500. Mais il faut ajouter 500 francs d'augmentation tous les cinq ans sans égard à Tavancement qui a pu avoir lieu dans rintervalle. — Après trente ans de service les directeurs ont droit à une retraite de 6800 pour Vienne, de 6390 ailleurs ; les professeurs, de 6000 pour Vienne , de 5300 ailleurs. — En outre, les membres du corps enseignant, comme tous les autres employés de l'État, jouissent d'une solde (TeuitiviU qui varie selon les lieux : à Vienne 1250 francs ; ailleurs, selon le chiffre de population, 750, 625, 500 francs. Les maîtres de Fécole pratique reçoivent 200U francs avec une augmentation quinquennale de 250 francs et une solde d*activité de 650 à 250.

NapleSy le cours de deuxièihe année est suivi par i20 jeunes filles : nombre manifestement excessif, qui dépasse les forces d'un seul professeur, et qui met surtout obstacle à la bonne marche des exercices pratiques de pédagogie. En revanche, Técole des jeunes maîtres à Naples n'a que 45 élèves répartis entre les trois années.

Cette différence de nombre est importante à noter. Elle tient à ce que la carrière de l'enseignement primaire offre aux filles des avantages et des attraits qui ne paraissent pas suffisants aux jeunes hommes. Ceuxci, quand ils sont bien doués ou qu'une occasion favorable se présente à eux, s'engagent volontiers dans une voie plus commode et de plus de profit, par exemple, dans les emplois des chemins de fer; aussi se plaint-on partout que les candidats au brevet ou à l'école normale soient, les uns des paysans peu ou point dégrossis, les autres, c'est-à-dire le plus grand nombre, des jeunes gens fourvoyés qui, par défaut d'énergie, d'intelligence, ou d'habitudes studieuses, n'ont pas su réussir ailleurs et qui n'apportent aucun don de vocation dans une carrière où les plus exquises qualités morales ne seraient pas de trop. Il y a, sans doute, de nombreuses et honorables exceptions ; j'ai vu, par exemple, à Milan des élèves-maîtres, sortis presque tous, je crois, ainsi que les nôtres, de la classe rurale, à l'apparence un peu rude, mais qui m'ont paru se préparer de fort bon cœur à leur future carrière ; leur directeur, l'honorable M. PoUi, m'a confirmé dans cette impression en me parlant de leur application au travail, de leur bonne

conduite en ville (ce sont des externes) et du goût que la plupart éprouyentpouf leur profession future. < Ceuxlà, ajoutait-il, ne risquent pas de devenir des mécontents ni des révolutionnaires, quelques-uns seulement chercheront un autre emploi : mais quoi d'étonnant, ils sont si mal payés ! >

Il est trop vrai, en effet, que le traitement des maîtres et des maltresses est insuffisant. Le minimum descend pour les femmes jusqu'à 360 francs, et pour les hommes jusqu'à 550 ; la moyenne pour tout le royaume et pour les deux sexes ne dépasse guère 600 francs ; seulement, il faut considérer que le chiffre de la rétribution s'élève assez haut dans les grandes villes telles que Rome, et dans quelques provinces ^ Mais le maître n'a ni loge-

1. Voici quelques chiffres précis. Je les tiens de M. le commandeur Bonnasia, directeur de l'enseignement primaire au ministère de rinstruction publique, à Tobligeance de qui je suis très redevable.

Pour ritalie septentrionale le traitement moyen des instituteurs est de 681 francs (Piémont 638; Ligurie, 873). Pour l'Italie centrale il est de 763. (A Rome, ville et territoire réunis, de 1046; pour la ville seule et pour les maîtres du degré supérieur hommes et femmes, il monte jusqu'à 2000.) Pour l'Italie méridionale, 632; ce chiffre inférieur tient à ce qu'il y a dans ces provinces beaucoup de prêtres, faisant office de maître d'école en même temps que de curés, et de Sœurs enseignantes, et que les uns et les autres se contentent d'un salaire moindre.

Quant aux femmes, la moyenne de leur traitement dans l'Italie du Nord est de 540 ; dans l'Italie centrale de 604 (à Rome, pour les maîtresses urbaines du degré supérieur, 1800) ; dans le Midi, de 656. Si l'on prend une moyenne générale, on aurait pour lés hommes 697 francs, pour les femmes, 586 ; et pour les deux sexes réunis 612, en mettant à part celle des maîtres et maîtresses du degré supérieur, qui atteint 838 francs.

ment ni jardin, excepté dans un assez petit nombre de communes ; aussi est-il réduit à cumuler les fonctions de maître d'école, d'organiste de l'église, d'employé de la poste. Si l'on ajoute à cela qu'il est nomipé par le conseil municipal ; que, dans les premières années surtout, il est plus ou moins à la merci du syndic et du conseil municipal, qui peuvent le renvoyer ou lui rendre la vie insupportable; qu'il est souvent obligé, bon gré mal gré, de se compromettre dans les luttes électorales; que la moyenne de la pension de retraite est assez faible ^^ on n'aura pas de peine à comprendre que le sort de maître d'école en Italie paraisse médiocrement séduisant, et que beaucoup de jeunes bommes ne l'acceptent que comme un pis-aller et s'y préparent par les voies les plus expéditives, au lieu de suivre les cours de l'École normale. Je ne dois pas oublier de dire que le service militaire est obligatoire pour les instituteurs Comme pour les séminaristes.

Les cours normaux de filles, au contraire^ comptent parmi leurs élèves assidues beaucoup de jeunes filles de la bourgeoisie qui n'ont pas l'intention d'enseigner.

Elles suivent ces écoles, à défaut d'autres écoles supérieures ; elles y trouvent l'avantage de faire leur éducation, une éducation sérieuse, bien que restreinte, sans s'éloigner de leurs familles, et sans dépense aucune — car l'instruction normale, ouverte à tous, est

1. Depuis quelque temps la loi assure une pension de retraite aux instituteurs publics. Après quarante ans de service, cette pension égale la moyenne du traitement; après trente ans les trois cinquièmes.

gratuite pour tous* EIIqs subissent les épreuves ordi* nairesi passent les examens annuels de promotion d'un cours à l'autre, qui ne sont rien moins que de pure forme. La plupart se présentent à la fin de la deuxième année pour obtenir la patente inférieure, ou même poussent jusqu'à la troisième année pour obtenir la patente supérieure; c'est une bonne attestation, qui peut devenir un jour, en cas de revers de fortune, une précieuse et honorable ressource. En attendant qu'il y ait des écoles supérieures en Italie (on n'en compte jusqu'à présent que quelques-unes dans les plus grandes villes du Nord et du Centre), on ne peut pas songer à priver les familles aisées de ce moyen d'instruction, ni à décharger ainsi les cours normaux de leur trop-plein d'élèves. Tout d'ailleurs n'est pas perte ni inconvénient dans cet état de choses qui, en associant chaque jour des jeunes filles de conditions sociales diverses aux mêmes études, aux mêmes exercices, à la même discipline, aux mêmes influences intellectuelles et morales^ amèn^ entre elles un échange salutaire d'impressions, relève le ton général des manières comme des sentiments, excite une émulation salutaire. On ne s'aperçoit pas, m'ont dit les directeurs des grandes villes, que ce mélange contribue à développer la vanité et le goût de la toilette ; d'ailleurs les maîtresses assistantes, chargées de veiller à l'exécution des tâches et aux détails de la discipline, et d'être présentes aux leçons, veillent de près à réprimer l'esprit de coquetterie dans la tenue et les vêtements. Elles y réussissent assez bien, s'il est permis d'en juger par ce que j'ai vu de mes yeux dans

les grandes villes. On peut croire aussi que le mélange de la bourgeoisie et des filles du peuple n*est pas défavorable à la moralité des externes hors de rétablissement : il se forme à l'école un sentiment de dignité collective et de respect de soi qui est une protection pour les jeunes filles les plus exposées. En fait, on a rarement à constater des écarts graves de conduite >.

Je dois cependant avertir que de bons observateurs contestent cette appréciation indulgente du régime de l'externat combiné avec le mélange d'élèves d'origine et de vocation diverses. Ils sont au contraire d'avis que les élèves sorties de familles plus ou moins aisées et ne se vouant pas à l'enseignement, outre qu'elles encombrent de leur grand nombre les classes et y rendent impossible de sérieux exercices pratiques, — ce qui n'est pas douteux, — y introduisent un esprit mondain et des goûts frivoles fort peu d'accord avec lavocation des élèves-mslitresses. En conséquence, ils demandent que l'on élimine cet élément étranger, et que les vraies élèves soient tenues d'habiter ensemble un convittOy placé sous la même direction que l'école, ou elles trouveront une atmosphère morale meilleure que celle de la ville, meilleure surtout que ne l'est, en général, celle des familles du peuple d'où elles sortent pour la plupart. — Dans le même ordre d'idées, on exprime le vœu que les écoles normales d'hommes et de femmes soient

1. G*est plus tard, dans l'exercice de leur profession, que les jeunes institutrices, isolées dans les villages, trop dépendantes à regard des notables municipaux, et mal défendues par la première éducation de famille, courent parfois de réels dangers.

éloignées des grandes villes et transportées dans les petits ou moyens chefs-lieux, où les élèves trouveront une vie plus calme et des habitudes plus siitiples.

Il est vrai que les pensionnaires du convitto ou pensionnat travaillent peut-être plus que les élèves libres, étant moins distraites par la vie domestique ou sociale, et n'ayant pas à perdre de temps en allées et venues. Mais externes ou internes, on s'accorde partout à reconnaître que les élèves-maîtresses Sont plus appliquées à l'étude et qu'elles en tirent meilleur profit que les jeunes hommes. Elles écoutent les leçons avec une altention dévorante, font leurs tâches avec beaucoup de soin, se montrent avides de lire et d'apprendre ; si bien qu'aux examens de promotion annuelle ou à ceux de patentey leurs compositions écrites sont souvent supérieures à celles des hommes.

C'est qu'en efifet, pour les femmes, la vocation d'institutrice répond à leurs meilleures aptitudes d'esprit et de cœur, outre qu'elle leur assure des moyens d'existence difficiles à trouver d'ailleurs. Celles qui, dans l'ancien temps, seraient « entrées en religion », entrent aujourd'hui, moitié par un légitime calcul, moitié par un instinct d'ordre élevé, dans la carrière de l'éducationl; pour s'y préparer, elles ne reculent devant aucune peine. Plus tard, lorsqu'elles ont pris charge d'école, il n'est pas rare, surtout dans les grandes villes, qu'elles usent prématurément leurs forces. Ce doit être surtout le cas dans les classes de garçons de 7 à il ans (cours élémentaires) qu'on aime, avec tant de raison, à leur confier, et dans les écoles rurales mixtes qui ont

une double classe, l'ane le matin pour les garçons, l'autre raprës-midi pour les filles ^

J'ai eu l'occasion de Toir, à Milan, dans le groupe scolaire San SpiritOy une classe de Quatrième élémentaire (seconde du cours supérieur élémentaire; âge moyen de 9 à 11 ans), composée de 70 garçons, conduite par une vaillante maîtresse, avec l'aide d'une jeune suppléante. Se représente-t-on ce qu'il faut de fermeté, de tact, d'activité infatigable pour maintenir la discipline dans ce bataillon de jeunes Méridionaux, habitants d'une grande ville ? Ajoutez qu'il y a, plusieurs fois par semaine, soixante-dix devoirs écrits d'italien, d'arithmétique, etc., à corriger un à un^ et à marquer d'une note précise *.

On se plaint en Italie, comme en France, que les jeunes maîtresses sorties des écoles normales, surtout celles du degré supérieur, répugnent à s'établir dans les villages. Elles ont pour cela, je l'ai dit, quelques bonnes raisons, entre autres le désir de ne pas s'aventurer,

1. La séparation des sexes est de rigueur en Italie, à partir de sept ans, même dans les campagnes.

2. L'instituteur doit marquer chaque jour, sur un registre, les notes relatives au travail et à la conduite de chaque élève^ ainsi que le chiffre relatif de points (maximum : 19) que méritent les devoirs écrits. On forme ainsi des résultantes ou moyennes^ qui entrent pour une part dans les examens semestriels et annuels. Ce système très laborieux est destiné à assurer à chaque élève une part de Tattention du maître ; mais, comment empocher que dans le très grand nombre des écoles rurales, rarement visitées par Tinspecteur, et même, à la longue, dans les bonnes écoles de villes, une appréciation si minutieuse ne devienne superficielle et presque illusoire !

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sans tutelle morale, loin de leurs familles ; mais il arrive aussi que la vanité ou la force de l'habitude les retient dans leur ville natale, ou que, si elles acceptent d'aller dans un pays reculé, elles y portent des goûts et des manières de vivre, de s'habiller, etc., qui les rendent à la fois malheureuses et insupportables aux autres. De là vient que beaucoup d'écoles rurales sont vacantes ou mal pourvues. Pour remédier au mal, le Gouvernement a décidé de fonder des écoles dites magistrales, avec deux années seulement de cours aboutissant à la patente inférieure. On y reçoit des jeunes filles de la campagne, qui bornent leur ambition à devenir maîtresses dans le pays même où elles sont nées et où elles ont leurs parents et leurs habitudes. L'enseignement y est réduit au strict nécessaire et marqué d'un caractère strictement pratique.

Cetle institution est de trop fraîche date pour qu'on puisse juger de ce qu'elle vaut. De bons esprits pensent, et nous nous rangerions volontiers à leur avis, que, si elle peut rendre, au commencement, des services, — en pourvoyant les communes reculées d'institutrices telles quelles, supérieures pourtant en savoir et en méthode aux Sœurs enseignantes, — , elle ne tardera pas à révéler des inconvénients fâcheux. Le niveau général de l'instruction populaire est trop bas en Italie pour que des jeunes filles, sorties des écoles élémentaires, soient capables de recevoir, en deux ans, le minimum de culture indispensable. Non seulement elles ont tout à apprendre, mais il leur manque de bonnes habitudes mentales. Dès lors, comment les for-

merait-on en si peu de temps à l'art d'enseigner? Elles occuperont, il est vrai, des postes.trës modestes : mais les inconvénients de leur éducation insuffisante et précipitée n'en seront, à la longue, que plus graves. Elles seront seules à diriger une école de 2 ou 3 classes ; et, par suite même de leur position isolée, leur développement intellectuel ou pédagogique s'arrêtera juste au point où elles se trouvaient à l'issue des études normales. Incapables de réagir par elles-mêmes contre la vulgarité et l'ignorance de leur entourage, elles ne répondront plus, au bout de quelques années, aux exigences nouvelles du progrès général de l'instruction. On peut improviser, comme le font les congrégations, des maîtresses pour enseigner à lire, à écrire et à calculer de routine ; mais, dès qu'on veut franchir cette limite, il faut une lente et sérieuse discipline intellectuelle.

C'est là l'opinion que j'ai entendu, en particulier, exprimer à un homme de beaucoup d'esprit et de très bon jugement dans tout ce qui concerne l'art scolaire, M. Camarrota, provéditeur des études à Florence. Il me parlait avec une grande faveur d'une école magistrale de filles établie à Poretta, dans la Romagne toscane, et réduite, pour l'enseignement, comme pour la direction, à une seule personne douée de qualités exceptionnelles d'esprit et de caractère. Le service intérieur y est fait, cela va sans dire, par les élèves elles-mêmes, qui gardent leurs habitudes rustiques et le costume de leur village. Elles apprennent à repasser et à coudre ; — leur bourse, qui est de 30 francs par mois, suffit

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à couvrir tous les frais. Pour les leçons, la directrice réussit à se multiplier, sans trop user ses forces, par . un procédé ingénieux, qui est, en même temps, une excellente discipline pédagogique, mais qui ne vaut évidemment que par la vertu du maître qui sait en faire usage. Elle charge trois ou quatre jeunes filles de préparer à fond la leçon qu'elles viennent d'entendre, pour la répéter le lendemain, en sa présence, à leurs compagnes. Elle se ménage ainsi un certain repos relatif et oblige les élèves de se rendre compte, par le rude effort d'enseigner, de ce qu'eAes ont appris. Tout marche bien, à ce qu'il parait; mais M. Camarrota a trop d'expérience et de clairvoyance pour juger de l'institution en général par cette expérience unique, dont le succès tient à une personne de rare mérite et dévouée à son œuvre. J'aurais été curieux d'aller observer de près cet essai ; j'en ai été détourné par la rigueur de la saison. Hais l'éminent provéditeur de Florence a bien voulu me communiquer des compositions en italien et en arithmétique, faites pour l'examen d'admission à cette école magistrale. C'étaient des travaux tels qu'on peut les attendre de nos bons candidats au certificat d'études primaires. Je me demande comment des élèvfes, parties de ce point inférieur, arriveront en deux ans à embrasser toutes les parties de leur modeste programme normal et à devenir des maîtresses d'école capables de se suffire à elles-mêmes et d'instruire les autres ? Les résultats n'ont pas encore prononcé ; mais si l'on considère que les pays les plus avancés en sont venus à confier les petites classes élémentaires à des

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maîtres pleins d'expérience, on jugera qu'il y a peu à attendre d'une préparation pédagogique ainsi abrégée.

Les Italiens sont loin d'être insensibles à ces considérations. Ils le sont si peu qu'ils voudraient, en quelque sorte, au lieu de les restreindre, prolonger des deux côtés leurs cours normaux en y ajoutant des cours complémentaires et des cours préparatoires : je vous parlerai, une autre fois, des premiers, qui sont déjà institués à Rome et à Florence. Quant aux seconds, qui existent aussi dans quelques villes, je me borne à dire qu'ils sont destinés à remplir la lacune dont nous nous plaignons nous-mêmes entre l'école élémentaire, d'où l'on sort à l'âge de 11 à 12 ans, et l'école normale où l'on n'est admis qu'à 15 ans pour les hommes, à 16 ans pour les femmes. Où aller durant cet intervalle ? Où continuer, où entretenir du moins l'instruction déjà acquise ? On est réduit à languir dans les classes primaires, à repasser chez soi, dans une demi-oisiveté, ce que l'on a déjà appris vingt fois ; on n'étudie rien de nouveau et l'on n'approfondit pas ce que l'on sait. Ainsi se perdent pour la bonne culture de l'esprit quelques années^d'un âge libre de soucis et de passions et singulièrement propre à l'étude. Les établissements d'ordre primaire supérieur, où pourraient se préparer les aspirants à l'école normale, manquent totalement en Italie pour les filles ; et ils n'existent pour les garçons que sous une forme en quelque sorte étrangère et d'ailleurs très critiquée, celle des écoles techniqties. Pour obvier à ces inconvénients, on a institué çà et là des

cours d'une seule année, préparant spécialement à Texaraen d'admission.

Hais ce que réclament avec le plus d'ardeur les bons esprits, c'est que les études normales, même celles des deux ou des trois années régulières, deviennent, non pas plus étendues (on les juge déjà un peu encombrées de matières), mais plus sérieuses, plus éducatives, et pour cela moins abstraites, moins dogmatiques, et aussi, cela va sans dire, moins mnémoniques. Ils mettent à s'accuser eux-mêmes sur ce point et à dénoncer les défauts de leur instruction normale comme de toute leur instruction élémentaire, une franchise et une vivacité qui les honorent et que nous ferions bien d'imiter. Ils se plaignent très haut dans leurs journaux pédagogiques et politiques S dans leurs congrès, et même dans les documents officiels, que l'enseignement d'un grand nombre de leurs écoles soit dépourvu de vie, de réalité, que par suite il soit stérile pour le développement de Tintelligence, et enfin de peu d'utilité pratique. € Beau- » coup de professeurs, lisons-nous dans un rapport » ministériel, perdent un temps précieux à dicter leurs ^ leçons et à les faire apprendre machinalement par » cœur. D'autres, au contraire, se plaisent à discourir » en belles phrases sans s'apercevoir que l'attention de "» leurs élèves ne les suit pas. D'autres prodiguent les "» principes généraux, les définitions, les distinctions, jf où l'esprit se perd et qui dégoûtent de la science » comme d'une chose sans rapport avec la Vie. Avec

1. Voir, par exemple, un intéressant article de M. Anguilli, dans le Pungolo (U janvier 1880) de Naples.

» cela peu d'exercices pour obliger l'élève à réfléchir et » à s'ouvrir une voie propre. Il est très rare que l'on » sache partir de faits simples, vulgaires, qui excitent » d'autant plus la curiosité et l'esprit d'observation

> qu'ils sont plus connus ; on aime mieux imposer à l'in- » telligence une science toute faite, pédante, dogmati- » que, comme au temps où il importait par-dessus tout

> de former les hommes à ne point penser. Quoi d'éton- » nant, après cela, que la culture de l'esprit se réduise

> à répéter des formules, que l'on sache dire comment » une chose se fait, sans que l'on sache la faire soi- » même ; qu'enfin il manque à l'instruction cette frai-

> cheur et cette lucidité, cette valeur d'application, cette -» tendance pratique, d'où elle tire sa principale utilité, » puisqu'elle doit préparer les gens avoir clair et à faire 9 quelque chose dans le monde, au lieu de se repaître » de mots et de vagues représentations. »

Ces critiques vigoureuses, adressées de divers côtés à l'enseignement normal et à l'enseignement élémentaire, ne portent pas seulement sur le côté en quelque sorte intellectuel, mais sur le côté moral. Elles se résument, je crois, en deux reproches que nous ne saurions trop méditer pour notre compte, et qui, à quelques égards, se confondent : l'un, c'est que l'instruction est trop feuéducative, servant plutôt à inculquer du dehors des connaissances, des idées, des maximes de conduite, qu'à instituer fortement les esprits et les caractères, en sollicitant l'éveil et le jeu régulier des forces individuelles ; l'autre, qu'elle est peu pratique, ne prenant

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pas pied dans la réalité et ne préparant pas Télëye à sY mouvoir un jour lui-même.

Si de tels reproches peuvent s'adresser avec quelque fondement à beaucoup d'écoles du Gouvernement et des* provinces, à leurs professeurs^ à leurs méthodes, à leurs élèves, à plus forte raison sont-ils applicables à l'en-^ seignement privé et aux maîtres élémentaires publics qui n'ont pas traversé les cours de l'école normale» Le nombre de ceux-ci, je l'ai dit, est considérable ; beaucoup de jeunes gens se présentent chaque année aux examens de la patenUy n'ayant fait aucune sorte d'études régulières, et dépourvus, en outre, de toute culture pédagogique spéciale. On prend, il est vrai , à leur égard, des précautions particulières ; on met à les interroger sur chaque matière un temps double (20 minutes) de. celui que Ton consacre aux élèves de l'école normale ; on porte au compte des candidats venus de l'école normale la note qu'ils ont obtenue dans leur examen annuel scolaire, si bien que cet examen est en réalité décisif et pourrait, à la rigueur, suffire moyennant la présence d'un juge venu du dehors ; on compose le jury des professeurs mêmes de l'école normale et du directeur, présidés par le provéditeur des études de la province, qui représente l'autorité impartiale de l'Etat; enfin, on multiplie les épreuves écrites. Ces épreuves sont au nombre de sept ou de huit pour le degré supérieur, à savoir : histoire sainte, composition italienne et grammaire, arithmétique et comptabilité, notions de sciences physiques, histoire nationale et géographie, pédagogie, calligraphie; avec autant d'épreuves orales^

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augmentées de la géographie. Il y a cinq épreuves pour le degré inférieur (catéchisme et histoire sainte, langue italienne, arithmétique et système métrique, pédagogie, calligraphie, avec des épreuves orales correspondantes)» Ajoute2-y, comme- matières facultatives pour la patente complète ou normale du degré supérieur : la morale avec épreuve écrite et épreuve orale, le dessin, le chant, la gymnastique. J'allais oublier l'épreuve pédagogique orale, par exemple une petite leçon ou explication sur tel ou tel sujet, destinée à des élèves de tel ou tel âge. Ce grand appareil de dispositions paraîtra sans doute un peu compliqué et d'un maniement difficile ; mais le résultat^ c'est que les élèves des écoles normales sont presque tous admis, et sur presque tous les points S tandis que' les étrangers, les irréguliers succombent dans une forte proportion. Un certain nombre de ces derniers franchissent l'épreuve avec succès ; quelquesuns ont été préparés dans une bonne école et ne le cèdent pas aux normaliens pour le savoir; mais a la plupart il manquera toujours une bonne instruction première; ils enseigneront comme ils ont été eux-mêmes instruits, c'est-à-dire, par la voie des idées abstraites, des formules, de la mémoire, de la logique formelle. Aussi incline-t-ou en Italie à exiger de tous les maîtres publics, comme a fait la récente loi belge, qu'ils aient été élevés dans les écoles normales, soit dans celles

1. L*élève qui n'a failli que sur un seul point est admis, à titre provisoire, pour le reste de Texamen, à condition qu*il répare la partie faible dans le courant de Tannée ; passé ce délai, il doit présenter à nouveau toutes les parties du programme.

du Gouvernement et des provinces, soit dans des écoles assimilées ou autorisées, présentant des garanties convenables.

On peut considérer comme un premier pas fait dans cette voie la disposition suivante. Les municipalités, quand elles ont à nommer un maître, ouvrent un concours dont elles sont elles-mêmes les juges, à moins qu'elles ne s'en remettent, ce qui est souvent le cas, au Conseil scolaire de la province, appelé par la loi à confirmer leur choix ; mais, s'il se présente plusieurs postulants, munis de titres scolaires égaux, elles sont tenues de donner la préférence à celui d'entre eux qui a été élevé à l'école normale.

Outre les maîtres patentés de provenances diverses, il y a les maîtres simplement autorisés à enseigner, en attendant qu'ils aient réussi à conquérir leur brevet. C'est là une autre cause de désordre! et de faiblesse qui s'aggrave par l'effet des mauvaises considérations politiques; ainsi tels maîtres ignorants, incapables, ou paresseux, occupent, à titre provisoire, des postes plus ou moins importants grâce au patronage d'un syndic influent, d'un député, d'un meneur électoral qui les recommandera ensuite contre toute justice « à la bien- » veillance » de ses amis, membres de la commission d'examen *.

1. Voir à ce sujet YAvvenire délia Scuolùj feuille scolaire très recommandable, publiée à Naples par M. le professeur Pasquale numéros du 13 septembre 1876 et du 25 septembre 1879. La proportion des 217 candidats non normaliens qui ont obtenu la patente inférieure ou supérieure en 1878 devant la commission de. Naples, a été d'environ 22 pour 100; en 1875 de 15 pour 100 seulement.

Enfin, il reste à mentionner un dernier éiémeut, encore assez notable, du personnel primaire enseignait, et qui ne contribue guère à en relever la valeur pédjstgogique. Je veux parler des prêtres qui cumulent les fonctions de maître d'école avec la cure d'àmes, et des Sœurs (il y a très peu de Frères) que beaucoup de communes du Midi appellent, soit pai' raison d'économie, soit parce qu'elles soignent les malades et entretiennent l'église. Celles-ci, il est juste de le dire, prennent peu à peu l'babitude de se présenter aux examens de la patente. Le nombre de ces maîtres et maîtresses ecclésiastiques diminue de jour en jour ; mais il est encore aujourd'hui, si je suis bien informé, d'environ 7000 sur 40000. — Quant à la proportion entre tous les éléments du personnel, je relève dans un rapport de 1878 les chiffres suivants: sur 37 623 maîtres publics, 18612 sont venus des écoles normales, 7632 des écoles libres ; 9829 sont munis de titres conférés par les gouvernements déchus; 4500 n'ont qu'une autorisation provisoire et occupent de petites écoles de village ou de hameau.

J'ai rapporté fidèlement les plaintes que font entendre les « hommes de l'art » et les hommes d'État sérieux sur l'instruction normale et l'instruction élémentaire. Elles sont fondées sans doute pour un grand nombre d'écoles, et en ce qui concerne l'éducation morale comme en tout le reste ; mais, outre que les mêmes reproches peuvent s'appliquer à d'autres pays d'assez bon renom, il ne faut pas les entendre d'une manière absolue. Il y a de bonnes écoles normales en Italie, et aussi de très

bonnes écoles élémentaires, surtout dans les grandes villes du Nord et du Centre. De plus, il est certain que le progrès s'accomplit d'année en année sur toute la ligne, je veux dire, dans tout le pays et en tout. Ce pro^ grès serait plus rapide sans doute, si Fltalie n'était pas comme échouée depuis quatre ans dans un état politique malsain qui nuit singlièrement à l'action administrative, et si, d'autre part, elle n'était réduite à faire des économies sur les chapitres les plus importants,rarmée comme l'instruction publique. Mais, en somme, les choses vont s'améliorant par l'effet de la puissante impulsion qui fut donnée après 1860 et 1870. Les cadres d'organisation scolaire, établis par les lois successives, sont en général bons, bien que défectueux ; toutes les écoles, rurales ou urbaines, élémentaires ou normales, sont te^ nues en principe de s'y adapter ; de fait, elles s'y adaptent de plus en plus, autant que le permettent l'extrême diversité régionale, Tétat inférieur de civilisation des pays du Midi, Tembarras des finances de l'État, l'imperfection du service d'inspection scolaire, enfin la grande misère qui règne dans beaucoup de provinces* Il s'agit désormais de faire passer dans ces cadres (programmes, examens annuels, distribution des cours, système des points, etc.) l'esprit vivifiant, par lequel seul vaut l'organisation, et d'élever peu à peu dans tout le pays l'instruction populaire au niveau qu'elle a déjà atteint dans quelques villes privilégiées.

Je vous parlerai dans ma prochaine lettre des Cours supérieurs ou complémentaires.

Florence, 29 décembre.

Le Cours supérieur ou complémentaire institué dans les seules écoles de Rome et de Florence est Tune des expériences les plus dignes d'intérêt qui aient été faites en Italie dans ces dernières années. C'est, je crois, M. Airoli, l'intelligent directeur de l'école normale des filles, à Florence, qui, le premier, en a émis l'idée. Il remarquait, et d'autres avec lui, que trois ans d'études, c'est-à-dire à peine vingt-quatre mois de leçons, étaient bien insuffisants pour des jeunes filles dont l'éducation antérieure avait été si médiocre ; insuffisants en particulier pour celles qui devaient tenir les écoles élémentaires des villes, et à plus forte raison pour les maîtresses et sous-maîtresses de pensionnat , pour les assistantes d'école normale, etc. Il pensait qu'avec une année ou deux de plus on pourrait composer au moms une élite d'institutrices propre à la fois à occuper des postes de quelque importance et à servir de modèle à tout le personnel enseignant.

* Une autre observation, de portée plus générale, ve-^ nait coniirmer cette idée ; les élèves des écoles normales commencent ou peuvent commencer leurs études à quinze ans ; elles prpnnent le brevet inférieur à dixsept, le brevet supérieur à dix-huit; or, c'est précisément à cet âge, à ce degré de culture, et une fois délivrées du souci des examens, qu'elles sont le plus aptes et le mieux disposées à recevoir une éducation ample et sérieuse. Les arrêter à ce moment, c'est interrompre un développement commencé ou le livrera tous les hasards de l'étude solitaire, dépourvue de règles et de moyens. Conformément à ces vues, il fut institué à Florence , en 1870 , un cours complémentaire provisoire pour les meilleures élèves sorties de l'école normale. Les jeunes filles y apportèrent dès le premier jour un bon vouloir exemplaire, et les résultats en parurent si encourageants qu'un décret de 1875 constitua le cours d'une manière définitive. Il devait durer deux ans; on enseignait la littérature italienne, l'histoire universelle, les sciences naturelles, l'anglais et le français, le dessin. Des bourses de 400 francs étaient fondées pour les deux meilleures élèves de toutes les écoles normales du royaume, munies du diplôme supérieur. Le Cours était aussi ouvert à toutes les jeunes filles qui avaient obtenu à leur examen du degré supérieur une somme de 8 points (échelle de 1 à 10; 6 étant le minimum exigé pour le diplôme, 10 le maximum). Plus tard on joignit, à titre d'essai, l'algèbre et la géométrie aux autres matières ; ce nouvel enseignement réussit fort bien. Ainsi se formèrent de bonnes maîtresses pour les écoles

élémentaires des villes^ des assistantes et même des maîtresses d'italien ou d'histoire pour les écoles normaleSy pour les conservatoiref ou pensionnats, des institutrices pour les familles riches de l'Italie et de l'étranger.

Une commission nommée en 1878 proposa la création d'une troisième année, où les élèves se spécialiseraient pour se mieux préparer à l'enseignement et au diplôme de leur préférence : italien et histoire, mathématiques élémentaires, français et anglais, sciences naturelles.

Depuis quelque temps, un cours tout semblable avec le même privilège de bourses pour l'élite des élèves de toutes les écoles normales, a été annexé à l'école de Rome; la troisième année y a môme été récemment organisée, et le ministre actuel, M. de Sanctis, se propose d'en ajouter une quatrième. Mais pour établir d'une manière définitive ces deux dernières il est besoin d'une allocation budgétaire, que le Parlement n'est pas, dit-on, disposé à voter.

L'enseignement des mathématiques, non réglé par le décret de 1875, a cessé à Florence, bien que les résultats fussent satisfaisants ; il continue à Rome : il embrasse la géométrie plane, les logarithmes, l'algèbre.

Quant'aux deux langues vivantes, l'élève, en outre du français, q^ui est obligatoire, a le choix entre l'anglais et l'allemand. En troisième année, on abandonne les mathématiques, mais on étudie plus à fond la littérature italienne et les littératures étrangères, sans compter l'histoire et le dessin. On trouvera ci-dessous le tableau des heures de classe des deux années du Cours supplé-

mentairBy avec celui de la troisième qui figure sous le nom dlMtitut magistral.

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