‹ Deux mois de mission en ItalieChapitre 8 sur 15 · TROISIÈME COURS · texte numérisé non relu

TROISIÈME COURS

De 9 h. àlO b. 1/2 Sciences physiques.

De 10 h. 1/2 à 12 h Exercices pratiques.

De 12 h. 1/2 à 1 h. 1/2. . Morale.

De 1 h. 1/2 à 2 h. 1/2 Travaux de femmes.

De 2 h. 1/2 à 3 h. 1/2.. . . Histoire et Géographie.

De 9 h. à 10 h. 1/2 Arithmétique.

De 10 h. 1/2 à 12 h Littérature.

De 12 h. 1/2 à 1 h. 1/2. . Morale.

De 1 h. 1/2 à 2 h. 1/2 Sciences physiques.

De 2 h. 1/2 à 3 h. \/% Gymnastique.

De 9 h. à 10 h. 1/2 Pédagogie.

De 10 h. 1/2 à 12 h Sciences physiques.

De 12 h. 1/2 à 2 h. 1/2 . . Histoire et Géographie.

De 2 h. 1/2 à 3 h. 1/2. . . Dessin.

De 9 h. À 11 h. . . . •* Dessin.

Dell h. à lïh Chant.

De 9 h. à 10 h. 1/2 Littérature italienne.

De 10 h. 1/2 à 12 h Pédagogie.

De 12 h. 1/2 à 1 h. 1/2. . Histoire et Géographie.

De 1 h. 1/2 à 2 h. 1/2. . . Religion.

De 2 h. 1/2 à 3 h. 1/2 Gymnastique.

De 9 h. à 10 h Arithmétique.

De 10 h. à 11 h Sciences physiques.

Dell h. à 12 h Religion.

De 12 h. 1/2 à 2 h Littérature.

De 2 h. à 3 h. 1/2 Travaux de femmes.

Certaines leçons, on le voit, durent une heure et demie, et se suivent immédiatement avec quelques minutes d'intervalle. En Allemagne, la durée ordinaire est de trois quarts d'heure, suivis d'un quart d'heure de repos. — On sera frappé aussi de voir que, dans la

troisième année, qui prépare au brevet supérieur, il n'est réservé à l'italien (littérature italienne) que trois leçons par semaine; chacune, il est vrai, d'une heure et demîe ; et en deuxième année (préparant au brevet inférieur) que quatre heures. La pédagogie et les exercices pratiques ont deux leçons seulement pour la deuxième année, de une heure et demie chacune; trois leçons en troieième année : chiffre d'une insuffisance flagrante.

Le total hebdomadaire des heures de leçons est à Rome de trente à trente-deux, ailleurs de vingt-sept à vingt-huit heures, pour les matières obligatoires. Il n'est pas sans intérêt de comparer la répartition de ces heures avec celle qu'ont adoptée les pays qui passent pour les plus avancés. En Prusse, il y a trente-sept heures de leçons obligatoires et trois facultatives, ainsi distribuées :

!*• année.

Pédagogie ......... .2

Religion 4

ÂUemand 5

Histoire universelle. 2

Arithmétique 3

Géométrie. ......... 3

Sciences naturelles.. 4

Géographie 2

Dessin 2

Calligraphie 2

Gymnastique 2

Musique 7

En Saxe, il y a trente-six heures obligatoires et deux facultatives. Bien que le niveau de l'examen d'admis-

2* année.

3« année

avec

les exercices

pratiques.

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sion à récole soit assez élevé, les études embrassent six ans pour les hommes de treize à vingt ans; cinq ans pour les femmes. Le latin est obligatoire pour les hommes; le français pour les femmes.

Religion 4

Allemand 3

Latin 7

Géographie 2

Histoire 2

Sciences naturelles 2

Arithmét. et Géométrie. 4

Pédagogie »

Musique 5

Calligraphie 2

Gymnastique 3

Dessin 2 2 2 2 11

En Autriche, la somme moyenne des heures par semaine est de trente-deux obligatoires ; trente et une pour les femmes. Le cours embrasse quatre ans. Mêmes matières qu'en Saxe, au latin près. Je me borne à remarquer que la pédagogie, avec les exercices, prend trois heures dans la deuxième année, cinq heures dans la troisième, neuf heures dans la quatrième.

En France, la moyenne hebdomadaire est, si je ne

me trompe d'environ trente-six heures, dont deux seulement, en troisième année, appartiennent aux leçons de pédagogie et une dans les deux premières années.

J'assiste avec beaucoup d'intérêt à quelques leçons, entre autres à celle de morale et d'éducation donnée par le directeur lai-raéme, M. Antonio Quirico, un de

ces Pîémontais au ferme regard, comme on en trouve à la tête de quelques-unes des meilleures institutions scolaires de Rome. Il expose la morale en prenant son point d'appui dans des exemples ou récits extraits d'un petit livre ad hoc ou des écrits de Silvio Pellico; de là il remonte aux principes généraux; il y joint quelques notions philosophiques sur l'homme, sa nature, ses facultés. Les élèves, toutes fort attentives, prennent des notes, qu'elles mettent en ordre à domicile. Ce que j'ai lu ou entendu de leurs cahiers m'a semblé convenablement rédigé. On les exerce assidûment à exposer de vive voix, à leur façon, sans reproduire les paroles du professeur. Le directeur est aussi chargé de la leçon de pédagogie. Il conduit les exercices pratiques sur le vrai terrain, je veux dire, dans les classes élémentaires annexées à l'école; chaque volée annuelle d'élèves ou fraction de volée y prend paitt à son tour. Mais on devine combien il est difficile d'associer avec un réel profit les soixante-quatre jeunes filles du deuxième cours, les trente-neuf du troisième à des épreuves semblables. Le nombre est, ici comme ailleurs, l'écueil de ce cours important.

Le cours d'histoire se fait par voie d'exposition orale ; les élèves prennent des notes et s'aident de livres de texte pour écrire la leçon à domicile. Ces cahiers ne sont pas, comme dans nos collèges, de longues rédactions; ils servent seulement à compléter le livre et à fixer les idées principales à l'aide des explications données en classe. En d'autres écoles, pour l'histoire comme pour d'autres cours importants, les professeurs, tout en

recommandant la rédaction à domicile des cahiers, qu'ils ont soin de reviser de temps à autre, déconseillent de prendre des notes. Ils disent que^ les jeunes filles, à cet âge, sont trop peu développées pour savoir distinguer au.vol les idées ou les faits principaux des faits secondaires ; qu'elles écrivent servilement tout ce que dit le maître, et que ce travail absorbant, presque mécanique, empêche l'application calme et vraiment fructueuse de l'esprit. On jugera sans doute que cette manière de voir est parfaitement justifiée^ mais comme, •d'autre part, c'est trop attendre de jeunps gens de quinze à dix-huit ans qu'ils saisissent avec une parfaite justesse des aperçus généraux, des jugements, historiques ou autres, etc., et qu'ils les retienneni, il conviendrait, je pense, de dicter un très court sommaire donnant à la fois la substance et l'ordre de la leçon.

J'appelle, à ce propos, l'attention sur le rôle très important que jouent les « livres de texte » dans toutes les classes, primaires, moyennes, secondaires. Chaque professeur les choisit à son gré, avec l'agrément de l'école ; ils tiennent en grande partie lieu, soit de nos cours dictés, qui font perdre un temps précieux, soit de nos cahiers, rédiges péniblement et confusément par l'élève. Cela n'empêche pas que là parole vivante du professeur ne soit l'organe principal de l'enseignement; tout au contraire, ainsi que je l'ai dit plus haut, elle déploie d'autant plus librement son effet que l'élève peut y prêter toute son attention, sans avoir le souci de de la consigner à la hâte sur son cahier. Et quelle différence, pour un jeune esprit, d'avoir à déchififrer un

manuscrit coHfus ou d'étudier un livre bien ordonné, que les souvenirs de la leçon ne font que compléter et «claircir!

On a bien fait de réagir contre Tabus des (l écritures », où nous donnons encore trop facilement. Le principal mérite en revient, si je ne me trompe, à M. Bonghi. Les professeurs de tout ordre, interrogés pourquoi ils n'avaient pas mis entre les mains de leurs élèves un livre de texte, lui répondaient qu'ils n'en connaissaient aucun de bien approprié à leur enseignement. « C'est sans

> doute, leur écrit le ministre dans une circulaire de » 1875, que dans la plupart des cas vous n'avez pas

> assez cherché. Considérez] qu'un livre médiocre vaut

> encore mieux que de n'en avoir pas. Les lacunes ou » les erreurs de l'auteur peuvent donner lieu aux déve-

> loppements et aux rectifications du maître. Mais en- » fin, en admettant que ce livre parfaitement approprié

> n'existe pas, il me paraît qu'un professeur dont le

> goût est si raffiné que de ne pouvoir se contenter de » rien de ce qui a été fait par d'autres, doit se sentir * capable de faire mieux lui-même; ou, s'il ne le fait » pas, c'est qu'il ne lui manque que l'occasion et les » moyens... Dorénavant, les professeurs de gymnase et » de lycées seront mis en demeure d'indiquer les livres » de leur préférence ; s'ils n'en ont pas à indiquer, on

> les invitera à en composer eux-mêmes. Ces textes une

> fois composés, le ministre ne prend pas l'engagement

> de les publier; mais il fera la dépense pour les auto-

> graphier; et les élèves qui en feront usage rembour- » seront au moins unc'partie des frais. De son côté, le

> professeur pourra corriger d'année en année son cour^ » autographié, et préparer ainsi une publication défini- » tive. » — Au reste, M. Bonghi laissait chaque maître libre de donner à son texte la forme et l'étendue qu'il lui conviendrait. On peut, disait-il, exposer succinctement les principales idées de toutl'enseignement, ou les seulesconclusions de chaque chapitre, ou les preuves et les faits notables ; mais il faut à tout prix que l'élève ne soit pas destitué de livre ou, ce qui est pis encore, obligé de glaher dans des livres divers les morceaux épars de la leççn : c L'heure d'une semblable recherche et » d'un tel triage n'est pas encore venue pour lui ; il

> n'a pas assez de temps pour cela; il n'a pas boa » plus l'esprit assez formé, ni un critère assez sûr; » il risquerait de s'habituer, par cette méthode, à con- » fondre des doctrines et des tendances opposées ; rien

> ne contribue davantage à exténuer Tesprit et à le » rendre incapable de distinguer et de graver forte- » ment les traits propres de chaque chose et de chaque » pensée. i> En conséquence, les professeurs avaient à prendre leurs mesures pour produire, dès l'ouverture .prochaine des classes, soit un livre déjà publié, soit un cours autographié aux frais du gouvernement. J'ai cru qu'il n'était pas inutile d'insister un peu longuemeat sur cette question intéressante.

On ne pratique pas en Italie notre système d'émulation à outrance et de tournois hebdomadaires. Hais partout, dans les écoles de tout degré (au moins dans celles des villes), on multiplie les tâches à domicile^ qui sont ensuite l'objet d'une revision attentive. Il y a

9USSÎ, pour chaque matière, de fréquentes compositionSy que le maître lit chez lui et qu'il marque d'un chiffre d'appréciation (selon une échelle de 1 à 40). Ce chiffre, inscrit aussitôt dans un registre spécial, compte pour les examens semestriels et pour les examens annuels de promotion. Cette dernière épreuve est la pièce principale de la machine scolaire; elle est très sérieuse, aussi bien dans les lycées que dans les collèges de filles, les écoles normales, les bonnes écoles élémentaires ; nul ne monte à une classe supérieure sans avoir obtenu dans l'examen, à la fois écrit et oral, le chiffre minimum de 6. Dans certains établissements on dispense de l'examen les élèves qui, dans le cours de l'année, ont atteint une moyenne suffisante de points relatifs à la fois aux compositions ou travaux écrits, à la conduite et au travail quotidien.

J'ai toujours été frappé, dans mes visites scolaires du Nord au Midi, de l'énorme travail qu'impose au professeur Vévaluation précisCy et en quelque sorte mathématique, de tant de travaux se succédant de se- ' maine en semaine et quelquefois de trois en trois jours. Je suppose qu'en Italie comme ailleurs la revision se fait un* peu en gros; toutefois j'ai pu m'assurer, en entrant à l'improviste dans les classes et en prenant aus&itôt connaissance des copies accumulées sur le bureau, qu'elles étaient toutes, non pas corrigées, mais lues et soulignées. Revenons à l'École normale dei Termi,

J'assiste à une leçon de religion, donnée par un vieux prêtre, d'esprit libéral, dit-on, comme on en rencontre

tu DEUX MOIS

encore en Italie. Il expose l'histoire sainte; les élèves prennent des notes, et on les interroge sur les leçons précédentes. Ce cours, écouté avec la même attention que les autres, et répété, je dois le dire, par les élèves avec le même accent précis et la même verve qu'elles mettent à répondre sur tout le reste, forme pourtant un singulier contraste avec l'esprit et les méthodes de tout l'enseignement profane de l'école. C'est la vieille méthode scolastique, avec ses procédés les plus arbitraires appliqués au maniement des textes et de l'histoire. Le professeur développe d'abord le récit sacré, selon le sens vulgaire et réel ; puis il en dévoile par la voie allégorique, le « mystère » caché. Ainsi, dans la formation de l'homme, le limon et le souffle divin, c'est d'abord évidemment l'union de l'âme et du corps; mais c'est aussi le mystère de l'union de Jésus-Christ et de l'Église. Même sorte d'interprétation pour la lutte de Jacob et de l'Ange, etc., etc. De telles méthodes d'interprétation, appliquées à nos traditions religieuses, dans une école toute pleine de l'esprit moderne, se passent de commentaires.

J'ai sous les yeux des compositions sur les diverses matières. Elles ont été faites par les élèves du premier Cours, à l'examen de promotion annuelle, et par celles du troisième, à l'examen du brevet supérieur. Il serait trop long d'en donner ici des extraits; mais on me saura gré d'en indiquer au moins les sujets K

1. 1" ANNÉE. — Examen final ou de promotion- En Morale: l* Amitié, ou les Amis; quelques élèves ont adopté la forme d'une lettre. — En Religion : le commandement d'obéir aux parents. -^

On verra, par la seule énumération des titres, com-

En Histoire : Tinvasion des Gaulois. — En Géographie : Latitudes^ zones, climats. — En Arithmétique : Solution raisonnée d*un problème sur les fractions. — En Langue italienne : Développement de ce texte : Une fille de veuve écrit au propriétaire de la maison où loge sa mère, le priant de patienter quelque temps pour le payement du loyer; elle lui expose les motifs de ce retard, et essaye de tous les arguments propres à le toucher.

3* ANNÉE. — Ezamen pour la patente du degré supérieur. — 3Iorale : Développer ce thème : Si le mari est chef de la famille^ la femme en est l'administrateur (reggitrice). — Religion : Combat de David et du géant Goliath ; en tirer un . argument pour démontrer que Dieu aide le faible, quand c'est un juste, qu'il écrase le fort, quand c'est un méchant. — Scietices physiques : L'air et l'eau; leur composition ; préceptes d'hygièn« qui s'y rapportent. - Litté'^ rature : Développement de cette pensée : Sacrée est la mère ; morte ou vivante, honore-la, ô mon fils. — Arithmétique : Une aspirante au brevet supérieur obtient à son examen de réparation ■{c'est-à-dire où l'on répare un précédent examen qui a été malhf^ureuxj pour l'italien, l'arithmétique, la pédagogie, les chiffres de points suivants : pour la composition italienne, les 5/192 de la racine cubique du triple de 2359296; pour l'arithmétique, le 1/10 de la racine carrée de la racine cubique de 729000000 ; le rapport du nombre des points obtenus dans la composition de pédagogie à la somme de tous les autres est égal à 5/4. On demande combien de points elle a obtenus dans chaque matière et si elle a atteint la moyenne obligée de 6 (l'échelle des points est de 1 à 10).— Comptabilité : Définir le Livre-Journal ; en expliquer l'utilité et de quelle manière on y enregistre les divers articles. — Pédagogie : La maîtresse d'école éducatrice. Lettre où l'on rend compte d'une visite faite à une classe élémentaire supérieure, conduite par une excellente maîtresse. — Histoire : Exposer les grandes inventions et les découvertes géographiques ; dire comment elles ont transformé les conditions du moyen âge et produit un âge nouveau ; exposer ensuite l'état de l'Italie à la mort de Laurent de Médicis. — Géographie : Parler des fleuves qui coulent sur le versant oriental de l'Asie ; dire leur origine et les particularités qui s'y rapportent. Marquer les principales informations sur la Chine, l'État le plus considérable de ce versant.

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