HAT
ONAYTi-C
ArABwN
ACKAHniOAOTO;
OCKYeHC
Je crois que les deux dernières lettres de la seconde ligne forment le monogramme HC, et je lis NAïTHC, mais le mur étant détruit en cet endroit, il se peut faire que le C final de ce mot ait péri. Le premier nom semble aussi manquer d' une finale : peut-être faut-il lire 'HSvXoç , H$6ç. .Ce personnage a d'ailleurs un surnom distinclif , le marinier , ô vauTiriÇi Enfin il est parlé d'un certain Agathon , 'A-^a^wv, et d'un Asclépiodote, dit le Scylhe, 'AçxXs^téSoxoç 6 SwiOtjç. Mais arrêtons-nous à une autre légende bien plus remarquable, inscrite, peut-être par hasard, dans le contour d un pied humain, qui^ terminé sous la cheville par une double ligne bien arrêtée , paraît représenter un pied votif.
BOrnAXHTOÏ BACIAEOC
Un peu audessUs, est dessiné uii autre pied , mais dans une proportion moindre et sans aucune lettre. Il semble donc que ce ^açiXeuç giouTcàTYjxoç, ignoré de l'histoire, ait offert ce signe votif. D'autre part, à cause de la relation qu'il y a entre ftornivriioq ou pouTiaTYj-w)? et le pied ( puisque la racine -TuaTéo) signifie marcher ou fouler) , il jest possible que ce mot ne soit pas un nom propre mais un appellatif , et en ce cas , reste à voir si le sens est épigrammalique ou autre. Quelques uns veulent lire PouTraxYjTYjç , composé jusqu'ici inconnu chez les écrivains grecs , et traduisent : celui qui niarche avec le
pied de bœuf; d' autres préfèrent pou^uatTQTo; , qa'ils interprètent par foulé aux pieds. Quant à.nous , nous n'essayerons pas de nous décider dans une question où tant d'éléments font défaut, et nous attendrons volontiers le sentiment des savants.
Après avoir découvert la gravure du cruoifix , nous trouvâmes encore dans un ambulacre V4)isin du même palais , un monogramme chrétien , qu'au prenâier aspect l' on pourrait croire postérieur au IIP siècle , et cpii ainsi démentirait en apparence la date que nous avons établie. Le style avait tracé dans la chaux les deux initiale réunies de Ir^aoOç Xptaxéç , V I et le X , et sur ce chiffre, une répétition du même monogramme, mais placée en travers, de façon à présenter douze rayons partant du même centre.
Assuréments, ces lettres entrelacées, dont le caractère chrétien ne • saurait être méconnu, pourraient à la rigueur avoir été gravées à une époque plus récente que l'image de la croix. Mais nous n'avons pas à recourir à un tel moyen de défense. Si en effet , Constantin rendit célèbre le monogramme ^ , qu'il fit briller sur le labarum , cet autre monogramme du Sauveur, le t , était déjà d'un usage ancien bien ayant le règne de ce prince. Plus d un monument Fatteste, et. pour n'en citer qu'un seul, la pierre sépulcrale de l'an 268, éditée par Boldelti 1, porte, gravé en traits profond, ce signe vénéré.
1 Cîmiteriy p. 80, n. 28. Cf. mon édition de VHagioglypta de F. Macarii, p. 163, note; et mes Vetri ornait etc. p. 92.
Nous ne laisserons pas non plus sans explicalion le chiffre isolé T, qui, creusé plus profondément que lout le reste, se trouve au coté droit du crucifix. Il est des lecteurs qui y verront la lettre initiale de quelque nom propre, que le caprice a oublié de compléter; et en eflfet, les exemples à Tftppui ne manqueraient ni à Pompéi, ni à Rome, ni même sur la paroi qui nous occupe, où est ti-acé déjà AX, première syllabe sans doute de XyjXe^ç , répété deux fois dans la chambre voisine, et NA , que Ton peut prendre pour le commencement de NASTA, écrit à peu de dislance. D'autres aimeront mieux se rappeler ce qu'écrit Béer 1 , qui, ayant remarqué ce signe au principe de toutes les inscriptions en langue et en caractères nabathéens et grecs, découvertes au Mont-Sinaï, jugea que ce devait être le chiffre des chrétiens de cette contrée, avant Tadoption du monogramme de Constantin et de la croix. Mais il est utile d'ajouter que la lettre T se retrouve encore sur beaucoup de marbres qui n'ont rien de commun avec le christianisme , et que, parlant, la signification demeure de plus en plus incertaine 2.
Tournons maintenant les regards vers Alexamenos , ce chrétien si cruellement tourné en dérision par son compagnon payen. Il porte une simple tunique : c'est le vêtement qui , avec le pallium , avait détrôné, dès le règne d'Auguste, lancienne toge romaine, et qui indignait si fort ce prince, l'orsqu'il s'écriait 3, en citant un, vers fameux de Virgile :
En Romanos rerum dominos genlemque togalam.
Or, que signifie ce geste expressif de la main ? Est-ce un colloque avec le Dieu crucifié? Mais, s'il faut tenir compte de la légende,
1 Stud. Asial. IIl, p. 15.
2 Cf, mes InscripHones veieres Reate quae exstant, Bruxelles, 1854. • 3 SoBT. in Aug. C. XL.
n'est-ce pas plutôt un acte d'adoration qu' Alexamenos devrait fane, et ses bi-as ne seraient-ils pas étendus alors , à l'exemple des orwnts dans les catacombes ? Contrairement à cet usage caractéristique, Tune de ces mains retombe sur le flanc, landisqu'il élève Faulre, en séparant les doigts. Satts vouloir attacher trop d'importance à une simple conjecture, nous soupçomions que ce geste indique Je moment où Tadorateur, selon la description de Minucius Félix 1, ayant pressé là main contre ses lèvres, la porte ver§ son dieu, comme pour lui envoyer un baiser 2. Ce mode d'adoralion était connu chez les anciens , même en Orient. « Ceux qui adorent le soleil , dit saint Jérôme, ont coutume de b^^iser la main, ce que Job proteste n'avoir jamais fait, lorsqu'il s'écrie S: « si j'ai porté la main à ma bouche « pour la baiser en l'honneur du soleil et de la lune, et si j'ai com-
« mis cette immense iniquité* 4 ». H est donc vraisemblable
que le payen, ignorant l'attitude solennelle des chrétiens pendant la prière, a représenté Alexamenos dans l'acte ordinaire de l'adoration, qu'il pouvait seul connaître.
Pour terminer cette étude par une conclusion qui lui donne un haut prix , faisons remarquer que la divinité de Jésus-Christ était un dogme si universellement admis et confessé par les chrétiens, avant l'hérésie d'Arius et le Concile de Nicée, que les payens même ne l'ignoraient point. Aux preuves innombrables qu'en rapportent les anciens apologistes et en général toute la tradition , on pourra désormais ajouter l'iùsigne monument du palais des Césars , sur lequel le Cruciflé est proclamé le Dieu des chrétiens. Nous avons de
1 Pressit labiis manum ori admovens, Oct. II.
2 C'est ce que les latins appelaient iactare hasium, a facie iactaremànm. Cf. JuvENAL, m, 106.