MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
EFFE
ÊFFE FFE
la.
NL
EFFEEE CA
Ce
LS L£n
es Inc loche:
À éons DE LA à ab ROY:LE DÜ CANADA SÉRIE In, ‘ AUTRE Tome. VI
Deux oubliés de f' l'Histoire: Jan Gineiite À d : PRE earrLoute-Légané ST
À 2 Etonseabis juge én pe
. SECTION I., 1915 Mémoires S.R.C.
Deux oubliés de l'Histoire: Jean-Baptiste Bruce.— Jean-Louis Léguré.
Par L'HONORABLE JUGE L.-A, PRUD'HOMME.
(Lu le 27 mai, 1914) I. Jean-Baptiste Bruce.
Voyage dans les régions polaires. — A la recherche de Franklin.
Celui qui fait l'objet de cette note bi cultivateur de Saint-Boniface. 11 avai exist nce à voyager dans le Nord de la Baie d'Hudson.
du pays,
ces vastes plaines.
leur courage héroïque
faire, à son
On sait es efforts furent tentés en Angleterre, Pour sauver d'abord, s’il en était encore temps, Franklin et son équipage, et ensuite, lorsque tout espoir fut perdu, pour retrouver ses restes.
Bruce prit part à l'un de ces voyages qui, malheureusement, demeura aussi infructueux que les précédents.
C'est de cette expédition fue je désire parler tout particulière. ment; mais avant d'entrer en matière, l'on me permettra bien de dire quelques mots de celui qui la dirigea à travers des régions inconnues.
Jean-Baptiste Bruce naquit le 15 septembre 1807 à l'Ile-à-Ja- Crosse. Son père, Pierre Bruce, venait de Sorel (P.Q.) et arriva bien jeune dans ce Pays.
Il paraitrait que, dans cette famille, on avait le goût des découvertes et des voyages d'aventure,
Pierre Bruce eut pour beaux-frèresle célèbre Sir Alexandre Mackenzie et le Dr McLaughlin qui, pendant plusieurs années, fut gouverneur du fort Vancouver.
Jean-Baptiste fut baptisé par Monseigneur Provencher à Saint- Boniface, et retourna peu de temps après à l'Ile-à-la-Crosse où s'écoula son enfance.
A dix-sept ans, il se mit au service de la Compagnie de la Baie d'Hudson dont son père était un des principaux officiers.
Les salaires n'étaient pas élevés à cette époque; mais, comme tout est relatif dans la vie, avec une vingtaine de louis par année, un employé de la Compagnie se trouvai: fort heureux.
Jean-Baptiste ne reçut que dix-sept louis pour la première année et vingt pour la seconde. C'était plus que suffisant pour lui permettre de se marier. C'est ce qu'il fit à l’âge de 28 ans. Après avoir servi pendant quelques années comme guide pour le transport des marchandises et des pelleteries entre l'Ile-à-la-Crosse et le fort York, il retourna à Saint-Boniface.
Il travailla à la construction de la cathédrale que les flammes détruisirent au mois de décembre 1860. La vie paisible que l'on menait à Fort-Garry seyait mal à sa nature débordante d'activité; aussi choisit-il la première occasion qui lui fut offerte pour s'élancer vers le nord.
Il partit avec Thomas Simpson et George Sinclair pour l'océan Arctique, dans un but d'exploration.
Ils se mirent en route assez tard, dans l'automne, et arrivèrent au lac Athabasca le 28 février, après avoir fait tout le voyage en raquettes. Ils retournèrent à la Rivière-Rouge, au printemps, après une expédition longue et pénible, .
L'année suivante Bruce se rendit au fort Good Hope et, de là, il prit la direction de la Rivière-aux-Courants, au pied des Montagnes-Rocheuses. Pendant ce dernier voyage, il faillit être victime de son courage et de son dévouement.
Il fut obligé de parcourir plus de deux cents milles sans autre provision que ce que pouvait lui rapporter la chasse ou la pêche.
À son retour, la compagnie l'envoya au fort Francis.
Il était là depuis près d’un an, lorsqu'on lui proposa de faire partie de l'expédition de Richardson et Rae, Il accepta sur-le-champ et se rendit au Portage-la-Loche où il rencontra ces deux voyageurs.
Richardson, qui avait pris des renseignements sur Bruce, le choisit pour guide. L'expédition se composait de trente et une personnes, dont cinq: Canadiens-français, cinq Muskégous, deux marins anglais, un charpentier, un traiteur et les deux chefs Richardson et Rae. Parmi les Canadiens se trouvaient Louis Laronde, Dubreuil et
. JPruD'nouuE] DEUX OUBLIÉS DE L'HISTOIRE 359
Chartier, Ils Contruisirent d'abord une barge et en appareillèrent quatre autres, dont le bois avait été Préparé en Angleterre, Après avoir chargé les bateaux de poudre, plomb, Pemrucan et autres effets pour la traite, ils partirent le premier juillet 1850, Bruce, comme premier guide, signa un en, ' ement d'un an avec un salaire de cinquante louis, Après avoir tra- -cs6 le lac Athabasca et le grand lac des Esclaves, ils entrèrent dans la rivière Mackenzie qu'ils descendirent jusqu'à la rivière du lac du Grand-Ours.
À cet endroit, l'expédition se divisa en deux parties, Un groupe de treize Voyageurs se rendit au lac du Grand-Ours, avec mission d'y construire un fort à l'entrée de la rivière Dease, afin de s'assurer un lieu d'hivernement.
Ce fort se nomme aujourd'hui ‘ Fort Confidence ”.
Plusieurs années avant, le capitaine Dease y avait élevé une bâtisse pour faire la traite, Ce Poste avait été abandonné plus tard et personne n'avait songé depuis à le relever.
Les quinze autres Voyageurs, guidés par Bruce, continuèrent à descendre le fleuve Mackenzie,
Sir Alexandre Mckenzie, parle, dans le récit de ses découvertes de la rivière qui “€ son nom, de couches de l'gnite enflainmées, dont on apercevait fumée sur les rives. Nos voyageurs n'aper- Surent rien de semblable, Ils remarquèrent çà et là des groupes d'Esquimaux et des troupeaux de bœufs musqués,
Le 20 août, ils s’arrêtèrent en face du fort Peel, qui n'était gardé que par deux employés de la Compagnie; un Canadien du nom de Manuel et un Anglais du nom de Taylor.
Ces deux Personnes, qui n'avaient point vu de blancs depuis Un an, furent transportées de joie à la vue de leurs Compatriotees,
Ils les régalèrent de force poisson et caribou.
Ils aperçurent là les pelleteries les plus précieuses que l'on puisse imaginer, On comprend facilement que le froid excessif de cette contrée sxerce une grande influence sur la qualité des fourrures.
Plus on se dirige vers le nord et Elus le poil est fin, soyeux et fourni. , Manuel leur montra surto. des peaux de renard argenté et de loutre, noires scomme l'ébène. Ils achetaient ces pelleter’ ; des Plats-Cotés-de-Chien, Les Esquimaux étaient, à cette époque, en guerre avec les Loucheux. Ces derniers surtout étaient hostiles aux blancs, parce que, prétendaient-ils, ils fournissaient des armes à leurs ennemis. Manuel et Taylor avertirent Richardson de se tenir sur ses gardes. Ces bons conseils ne manquèrent pas d'être utiles. Parvenus à la baie du Mackenzie, ils Ja trouvèrent remplie
de glaces et furent contraints d'attendre deux jours avant de pouvoir prendre la mer,
Le matin du départ, comme ils côtoyaient le rivage, ils aper- Surent un certain nombre d'Esquimaux qui trempaient leurs arcs dans l'eau afin de les rendre plus souples.
Sur les avis de Bruce, les rameurs poussèrent les barges en toute hâte vers le large. Bien leur en prit, car ils entendirent aussitôt ces sauvages pousser des hurlements féroces, désappointés qu'ils étaient de ne pouvoir atteindre personne de leurs flèches.
Nos voyageurs passèrent du côté sud de l'ile Richards, voguant jour et nuit, au milieu d'énormes glaçons que le vent poussait avec fureur contre leurs frèles embarcations. Plus d'une fois, ils se trouvèrent saisis entre les glaces et obligés de faire portage pour atteindre une clairière et reprendre la mer.
Après avoir ainsi navigué, au milieu de mille dangers, ils arrivèrent à la Baie Liverpool, dans laquelle ils abandonnèrent une de leurs barges brisée par les glaces et réparèrent les autres du mieux qu'ils purent.
Richardson, quoique sur l'Age, supportait avec courage les misères et les privations du voyage.
Ils continuèrent à naviguer péniblement, pendant deux semaines, tantôt se traînant sur les banquises de glace, tantôt jetés au large et parfois poussés vers les brisants du rivage, courant d'écueil en écueil et souvent tombant de Charybde en Scylla. Enfin, après avoir failli périr nombre de fois, ils atteignirent la rivière Hopper, où ils entrèrent. Il en était temps, car les embarcations faisaient eau de toutes parts et n'étaient plus en état de tenir la mer.
Ils avaient été un mois en mer. L'équipage était épuisé de fatigue et la plupart des matelots, peu habitués aux froids intenses de ces contrées, avaient tellement souffert qu'ils n'étaient plus en état de faire le service. C'eût été folie de songer à pousser plus loin.
D'ailleurs, LL: vivres commençaient à manquer et la saison elle-même était fort avancée. Il fallait donc penser au retour. Ce n'était’ pas chose facile. Comment s'aventurer dans un pays stérile et sauvage, et qui n'était habité que par les Esquimaux aux époques de chasse et de pêche.
Jetés, sa':s secours, sur cette côte inhospitalière, la mort se présentait à eux sous ses aspects les plus sombres et les plus désolants.
On tint conseil. ‘Il fut décidé que Rae partirait avec Bruce et trois des plus résolus et des plus vigoureux, à la recherche de la rivière du Cuivre. C'est’ ainsi qu'après avoir erré, pendant un mois,
(PauD'nouux] DEUX OUBLIÉS DE L'HISTOIRE 361
sur des rives Slacées, pour découvrir quelques vestiges d'un Pavigatsur distingué, l'expédition en était réduite à chercher un port de salut pour elle-même. Richardson, qui était Agé et malade, fit élever une cabane, avec les débris de ses bateaux, et se décida à attendre, avec le reste de l'équipage, des nouvelles de Rae,
Ce dernier, après avoir pris le degré de latitude et autres observations astronomiques, partit avec quelques provisions et ses quatre Compagnons. Ils marchèrent huit jours durant.
Pendant le trajet ils rencontrèrent un nombre considérable de cariboux, dont la viande, quoique un peu dure, servit à les régaler, Ces animaux s’approchent du voisinage de la mer, durant l'été, afin de se soustraire aux piqûres des maringouins et moustiques qui les tourmentent continuelleme des terres, A l'approche des froids, nouveau dans l'intérieur.
faisceau en guise de combus.ible.
run peu la surface de la Chair du
Le neuvième à coup,
les roches qui bord Les
ils lui donnaient, forme qu'ils dési-
regardait les pêcheurs e plus de cérémonie, d'un ton insolent d
un morceau. Il eut bientôt lieu de s’en repentir, car ces sauvages ne furent satisfaits qu'après avoir enlevé aux blancs tout le tabac qu'ils possédaient. Ce fut une nouvelle privation qui vint s'ajouter à bien d'autres.
Le poisson était en telle abondance qu'il suffisait de regarder un instant le fond de la rivière pour en apercevoir des centaines qui prenaient leurs ébats en tous sens.
Rae, Bruce et leurs compagnons firent un repas succulent et ils en avaient besoin. Le lendemain ils repartirent pour aller retrouver Richardson. Ils avaient précédemment suivi le littoral de la mer; cette fois, ils se dirigèrent en droite ligne à travers les terres. Le voyage dura trois jours. On s'imaginerait difficilement la joie de Richardson en les apercevant. Maintenant qu'ils avaient reconnu la direction de la rivière du Cuivre, à l’zide des cartes, ils purent s'assurer de celle du lac de l'Ours. Ils décidèrent donc de se rendre à ce lac où un fort avait dû être construit l'automne précédent par leurs treize compagnons, dont ils s'étaient séparés à la rivi‘re de l'Ours.
On commença par jeter à la mer les haches et autres instruments dont on pouvait se passer, de peur tue les Esquimaux n’en fissent usage contre les blancs. Chaque homme devait porter son fusil pour se défendre, une couverte de laine pour s’abriter la nuit et 40 livres de pemmican. C'était un poids bien respectable pour entreprendre un voyage dont on ignorait le terme. Richardson, qui était obèse, suivait avec peine le reste de l'expédition. Bruce lui offrit de porter son fusil. Il accepta avec reconnaissance et plus tard lui en fit présent.
Richardson mit dans une boîte de ferblanc un grand nombre de lettres, fac simile de celles écrites par Franklin. 11 fut obligé de l’abandonner avec bon nombre d'intruments astronomiques et autres effets.
Plus tard, sans doute, les Esquimaux, dans leurs courses vagabondes, ont dû retrouver ces articles: et, un jour, ces lettres et autres objets tomberont peut-être entre les mains des blancs. Nous ne serions pas surpris alors d'entendre dire que des documents de Franklin et des instruments qui lui servaient dans son expédition, ont été retrouvés sur les bords de la rivière Hopper. Pour ceux qui ignorent qu'ils ont été abandonnés là par Richardson, la méprise serait bien permise.
Les voyageurs ne tardèrent pas à jeter par terre les sacs de pemmican pendus à leur cou, car les cariboux et les bœufs musqués abondaient.
La chair de caribou bien apprêtée, sans être un mets exquis, se mange facilement et soutient beaucoup.