‹ Deux patries: drame en cinq tableaux, dont un prologueChapitre 13 sur 45 · SCÈNE III CHARLES, PAILLOUX, CHAMBRUN · texte numérisé non relu

SCÈNE III CHARLES, PAILLOUX, CHAMBRUN

(Tandis que les chasseurs recommencent leur faction.) CHAMBRUN

Quelle histoire, pour un mariage flambé!

PAILLOUX

Ça, un prince? un général? C'est à ça qu'obéissent des ^

milliers d'hommes? (il hausse les épaules.) ;

CHARLES

Il était dans une fureur! '

CHAMBRUN, avec un sourire.

Voilà où mènent les passions inassouvies, mon cher j

capitaine. ^

(A ce moment des musiques militaires commencent à jouer sur I

la place, et des carillons à tinter.)

PAILLOUX '

Ah ! enfin !

CHARLES

On sort de Téglise. ^

(Les trois officiers montent jusqu'à la terrasse.) |

PAILLOUX, à pleine voix. !

Vive l'Empereur! I

(Quelques acclamations lui répondent.) I

CHAMBRUN

Plus fort ! plus fort donc ! (A Charles.) Les foules de ce pays sont gelées, ma parole!

PAILLOUX

Vive l'Empereur! Vive l'Empereur!

(Nouvelles acclamations fournies, répandues.)

CHARLES

Toutes mes excuses, mon colonel, je vous croyais mécontent.

PAILLOUX

De lui?

CHARLES

Mais... les épaulettes de général?

PAILLOUX, enthousiaste.

Bah! sottises! Est-ce qu'on en veut à un tel gaillard, dès qu'on l'aperçoit?

CHARLES

11 embrasse la reine.

CHAMBRUN

J'appelle ça : ne point s'ennuyer.

(Acclamation énorme, continue. Pailloux agite son shako.)

CHARLES

Au tour du maréchal.

CHAMBRUN

Messieurs, la berline de l'Empereur!

PAILLOUX

Alors, fouette, cocher, en route pour la victoire!

CHARLES

Mon colonel, descendons au-devanl du cortège

(Ils sortent; mais, sur un ordre de Chambrun, Baudru el La roche, le sabre au poing, se placent de chaque côté de la porte; et un peloton d'infanterie altembergeoise monte sur la terrasse, vient s'aligner contre la balustrade. Cris, hourras ininterrompus, se rapprochant.)

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