SCÈNE III CHARLES, PAILLOUX, CHAMBRUN
(Tandis que les chasseurs recommencent leur faction.) CHAMBRUN
Quelle histoire, pour un mariage flambé!
PAILLOUX
Ça, un prince? un général? C'est à ça qu'obéissent des ^
milliers d'hommes? (il hausse les épaules.) ;
CHARLES
Il était dans une fureur! '
CHAMBRUN, avec un sourire.
Voilà où mènent les passions inassouvies, mon cher j
capitaine. ^
(A ce moment des musiques militaires commencent à jouer sur I
la place, et des carillons à tinter.)
PAILLOUX '
Ah ! enfin !
CHARLES
On sort de Téglise. ^
(Les trois officiers montent jusqu'à la terrasse.) |
PAILLOUX, à pleine voix. !
Vive l'Empereur! I
(Quelques acclamations lui répondent.) I
CHAMBRUN
Plus fort ! plus fort donc ! (A Charles.) Les foules de ce pays sont gelées, ma parole!
PAILLOUX
Vive l'Empereur! Vive l'Empereur!
(Nouvelles acclamations fournies, répandues.)
CHARLES
Toutes mes excuses, mon colonel, je vous croyais mécontent.
PAILLOUX
De lui?
CHARLES
Mais... les épaulettes de général?
PAILLOUX, enthousiaste.
Bah! sottises! Est-ce qu'on en veut à un tel gaillard, dès qu'on l'aperçoit?
CHARLES
11 embrasse la reine.
CHAMBRUN
J'appelle ça : ne point s'ennuyer.
(Acclamation énorme, continue. Pailloux agite son shako.)
CHARLES
Au tour du maréchal.
CHAMBRUN
Messieurs, la berline de l'Empereur!
PAILLOUX
Alors, fouette, cocher, en route pour la victoire!
CHARLES
Mon colonel, descendons au-devanl du cortège
(Ils sortent; mais, sur un ordre de Chambrun, Baudru el La roche, le sabre au poing, se placent de chaque côté de la porte; et un peloton d'infanterie altembergeoise monte sur la terrasse, vient s'aligner contre la balustrade. Cris, hourras ininterrompus, se rapprochant.)