‹ Deux patries: drame en cinq tableaux, dont un prologueChapitre 12 sur 45 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, puis LE PRINCE DE KALDEN, BAUDRU

(Il arpente la terrasse.)

PAILLOUX, désignant le nouveau venu.

Qui est-ce?

CHARLES

Le prince de Kalden, commandant la division altembei^eoise dont nous parlions à la minute.

CHAMBRUN

Il n'a pas Tair aimable.

CHARLES

Non, car il ambitionnait d'épouser la reine Amélie, sa cousine, et le voilà Gros-Jean.

PAILLOUX

Il boude alors, promène des rancunes, aura juré de ne pas être du cortège, et veut souffrir quand même. Connu ! Le mirliflore doit bien nous détester.

KALDEN, brusquement, 8ur la terrasse, à Baudru, qu'il rencontre.

Pourquoi ne me saluez-vous pas?

BAUDRU

Au large !

KALDEN

Qu est-ce que vous dites?

BAUDRU

Au large, et rondement!

KALDEN Moi? (H le soumette.)

BAUDRU, le bousculant.

Mille tonnerres! je vais vous casser la figure! Dans mon pays, les soldats.... (Les trois offîciers se précipitent, ouvrent la porle.)

CHARLES, à Baudru.

Es-tu fou?

BAUDRU

Mon capitaine....

PAILLOUX

Tais-toi.

KALDEN

Messieurs, je vous prends à témoin et porte plainte.

CHARLES

Inutile, Votre Altesse ! Napoléon refuserait de punir. Vous n'êtes pas en uniforme, vous n'avez droit à aucun privilège.

KALDEN

Vous défendez ce misérable?

PAILLOUX

Je le défends aussi.

KALDEN

Votre nom?

PAILLOUX

Colonel Pailloux, du 6*' chasseurs.

KALDEN

Je ne peux cependant pas me couper la gorge....

PAILLOUX

Essayez.

KALDEN

Vous êtes mon inférieur.

PAILLOUX

Allons donc !

CHARLES, froidement, les yeux dans les yeux du prince.

Prenez garde, Altesse!... La colère et le dépit sont mauvais conseillers. Prenez garde! (Un court silence.)

KALDEN

Vous avez raison. Merci. (Saluant et vipérin.) Excusez-moi, messieurs. (H sort très vite.)

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