SCÈNE PREMIÈRE
LE PRINCE, seul.
(Il est en longue redingote, botté, la tête entre ses poings, à la table, devant une carte; et des murmures de foule joyeuse, des hourras, des chants éclatent au dehors, meurent, puis reprennent peu à peu.)
UN CHŒUR, il aura commencé avant le lever du rideau.
Mousse, toi, bière! et fume, bonne viande! Nos fils au cœur têtu,
Goog^
Nos fils à Tâme grande
Ont combattu,
El leur vertu Nous a refait la patrie allemande.
Donc, hourra ce soir, puis encor demain; Il n'est qu'un Dieu! qu'un peuple : le Germain!
LE PRINCE
Comme Tamour change!... les suffrages, le sort des armes! (Sur un tumulte.) Des gens qui n'avaient point assez d'haleine pour crier Vive l'Empereur, il y a cinq mois!... Napoléon est battu, et ces mômes gens, — bien que leurs fils, leurs soldats aient été battus avec Napoléon, — courent la ville, godaillent, par haine de la France... parce qu'ils auront demain la paix. Dieu sait laquelle!... Tout est inexplicable en ce monde.... Tout cède aux volontés des foules....
VOIX DE GARNIER, à In cantonade.
Bon! Bon! Il suffit.
(Le prince écoute, se lève.)
SCÈNK II