SCÈNE V Les Mêmes, GARNIER
(Il enlr'ouvre la porte de gauche.) GARNIER
L'heure approche?
n DEUX PATRIES.
FRANÇOIS
Elle court.
GARNIER, aux enfants, dont on perçoit le murmure léger.
En ce cas, repos, une minute, mes amis. Il faut que je fasse mes adieux à François, (il ferme la porte.) Te voilà prêt?
FRANÇOIS
Oui, père.
GARNIER
Et tu t'en vas, le cœur... solide, je suppose, comme le devoir te le prescrit?
FRANÇOIS
Solide, oui, père. La Révolution vaut qu'on la défende.
(Roulement de tambour, non loin de la maison, puis de plus en plus loin.)
GARNIER
Le rappel. Adieu, François.
FRANÇOIS
Adieu, père.... Adieu, maman. (Ils s'embrassent.)
I)i:UX PATRIES. 25
GARNIER
Je l'eusse volontiers accompagné un bout de chemin ; mais il y a les élèves qui me réclament, et je connais ta mère, il est préférable pour elle de rester à la maison.
FRANÇOIS
Certainement.
GARNIER, la main dans la main de son fils.
Tâche d'être un soldat modèle, n'est-ce pas? L'honneur, rhumanité, la discipline sont les vertus que je te recommande.
FRANÇOIS
Je serai un soldat modèle.
GARNIER
Libre à toi d'être ambitieux, ambition n'est pas vice; mais ne sois ni perûde, ni quémandeur.
FRANÇOIS
Tes préceptes dureront en moi autant que ma vie, et n'en sortiront qu'avec elle.
n DEUX PATRIES.
PAULINE
Tu as été élevé dans la religion catholique, mon François, reste chrétien, quoi qu'il arrive. On peut aimer Dieu et la République.
On le peut.
GARNIER
Une parole d'amitié aux petits maintenant, et je ne te retiens plus.
FRANÇOIS, ouvrant la porte à gauche.
Au revoir, mes enfants. Portez-vous bien, travaillez de même, et grandissez vite, afin d'avoir un sabre comme celui-ci, un jour.
VOIX DES ENFANTS, à la cantonade.
Au revoir.... Au revoir.
FRANÇOIS
Je ne saurais vous embrasser chacun, mais que Charles se présente, ce sera pour tous les autres.
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