‹ Deux Petits Signes Pour La Mise En Évidence De L'éctropion LatentChapitre 4 sur 12 · EXPOSITION · texte numérisé non relu

EXPOSITION

L’ectropion de là paupière inférieure, quelle qu’en soit la cause, est une affection disgracieuse qui, livrée à ellemême, peut entraîner des complications telles que Ia nécessité de sa cure chirurgicale est admise unanimement aujourd'hui, par les oculistes. L'ectropion de la paupière inférieure n’a aucune tendance à régresser spontanément. Dès que son développement est venu empêcher l’écoulement normal des larmes par les voies lacrymales, les conséquences de l’épiphora s'ajoutent, ce qui à pour effet d'augmenter encore davantage le renyersement de la paupièrei

Il est doné de première importance que le diagnostic soit posé tôt.

Au premier stade, en effet, que nous appellerons, après le D: Cantonnet, le stade d'ectropion latent, la déformation est facilement curable ou plutôt on dispose d’une thérapeultique en quelque sorte abortive. Elle est applicable partout et par tous avec l’instrumenfation restreinte et familière de l’omni-praticien, qui évite ainsi à ses malades le développement d’une affection pénible, défigurante, dangereuse et l'opération chirurgicale inévitable où conduit l’ectropion.

La description et l'étude de deux petits signes de cet ectropion latent, qui n'est que le début de l'ectropion classique, vont faire le sujet de ce travail. Ces deux signes

sont dus au D' Cantonnet qui insiste sur eux dans som enseignement oral à l'hôpital Cochin, pour l'examen clinique des paupières.

Mais avant de passer à leur description, nous devons d’abord rappeler les conditions anatomiques et physiologiques qui les déterminent, les occasions pathologiques qui les font apparaître.

Nous allons donc d’abord résumer brièvement les notions d'anatomie élémentaire et de physiologie indispensables à nos explications. Elles porteront sur la description rapide des paupières, de l'appareil lacrymal et des couches superficielles de la région génienne. Nous suivrons le cours normal des larmes, de leur sécrétion à leur passage sur la cornée, la conjonctive et dans le canal lacrymo-nasal.

Nous verrons ensuite les perturbations apportées ne ce fonclionnement physiologique, par les relàâchements musculaires, les rétractions cutanées cicatricielles, les para: . lysies du nerf facial, toutes conditions déterminantes de l’ectropion latent,avant de le devenir de troubles plus sérieux.

__ Nous exposerons ensuite les moyens de mettre en évidence cet ectropion latent, et quels sont ses signes chiniques.

Enfin, nous indiquerons la thérapeutique qu'il comporte.

RAPPEL DE ‘QUELQUES BONNÉES ANATOMIOUTS SÛR LA STRUCTURE DES PAUPIÈRES, DES VOIES LACRYMALES ET DES COUCHES SUPERFICIELLES DE LA RÉGION GÉNIENNE

Les ‘paupières, ‘voiles mernbraneux situés au-devant de la région ‘orbitaire, recouvrent en partie ou en totalité, suivant qu’elles sont cuvertes ou fermées, le segment An-. térieur du globe de l'œil envers qui elles jouent un rôle “de protection.

Les limites extérieures de la région palpébrale sont fravées par ce rebord orbitare.

Au nombre de deux, les paupières sont fort ee ‘comme étendue, la paupière supérieure Temportant de beaucoup en surface sur la paupière inférieure. Malgré des différences de détail, les deux paupières entrent assez. bien “ensemble dans le cadre d'une description générale.

La face antérieure de chaque paupière est convexe en tous sens, et ceci, pour la paupière inférieure présente une certaine importance. Celle-ci en effet, de par cette convexité, est dans presque toute son étendue sans soutien anatomique, elle $’avance en encorbellement au-dessus du rebord orbitaire situé au-dessous d'elle et dont elle est séparée par le sillon orbito-palpébral inférieur. Les liquides ou sécrétions accumulés près de son bora libre et dans la “partie supérieure du cul-de-sac conjonctival pèseront sur elle verticalement et tendront à la renverser.

La face postérieure ou muqueuse concave, recoüverte par la conjonctive, fait partie du cul-de-sac conjonclival. Normalement il y à contact, d'étendue variable, suivant l'occlusion, entre les deux feuillets conjonctivaux, ie bulbaire

Fa

et le palpébral. Le globe. de l'œil et la paupière inférieure sont en rapports directs. Mais là encore toute stagnation lacrymale ou muqueuse, emplissant le cul-de-sac, tendra par son volume à les éloigner.

Les deux paupières se réunissent en deux commissures qui représentent pour la paupière inférieure deux points de fixation anatomique. Quand on renverse cette paupière artificiellement pour examiner le cul-de-sac conjonctival inférieur, les deux commissures restent en place et c’est sensiblement autour d'un axe les joignant que se fait le mouvement de bascule.

Le bord libre des paupières présente une épaisseur de: 2 millimètres. On lui distingue une portion ciliaire: qui constitue la plus grande partie du bord libre des paupières, depuis la commissure externe, jusqu'à quelques. millimètres de la commissure interne où se trouvent le point lacrymal et la portion lacrymale du bord libre.

Cette portion ciliaire: du bord libre porte à sa lèvre antérieure le sol ciliaire avec ses cils et ses glandes ci liaires; elle porte en outre les glandes de Moll qui sont des glandes sudoripares modifiées. La lèvre postérieure: des mêmes bords libres présente 20 à 30 petits orifices, qui sont les extrémités des canaux de glandes sébacées. dites glandes de Meibomius. Il y à donc une abondante richesse elandulairé dans le bord libre des paiupières. Ceci explique les facilités avec lesquelles cette région der vient le siège d'infections scit aiguës (orgelet, meibomites), soit chroniques (blépharites diverses, chalazions). Ces intections, apparaissant aux moindres causes favorisantes, ne: laissent pas que de jouer un rôle important dans l'étiologie: d'abord, puis dans les conséquences elles-mêmes, de la déformation du bord libre qui fait l’objet de ce travail.

La portion lacrymale du bord libre, très courte, est arrondie, lisse et dépourvue de cils. Elle porte les points lactymaux et les premières portions du canal lacrymal. L'étude de ces organes sera résumée à propos des voies lacrymales quelques pages plus loin.

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Plans constitutifs. — En allant de Ja périphérie vers la profondeur, on trouve dans l'épaisseur des paupières un certain nombre de plans anatomiques parmi lesquels nous énumérerons: 1° la peau; 2 le tissu cellulaire soiscutané; 3° la couche musculaire à fibre striée: 4° Je tissu Sous-musculaire ; 5° le septum orbitale : 6° 1a couche musculaire à fibres lisses et 7 une couche muqueuse.

La peau des paupières est mince et fine. Aljieri :1898) a fait remarquer sa pauvreté en fibres élastiques, excepté au niveau des cils. Il s’agit là d'un détail important. Cette indigence de tissu élastique explique comment certaines causes étrangères pourront avec une relative facilité rendre cette peau des paupières inextensible en quelque sorte et comme papyracée.

La couche celluleuse sous-cutanée est aussi fort mince, et nous ne ferons que la mentionner.

La couche musculaire à fibres striées est formée par le muscle orbiculaire des paupières. Les faisceaux de ce muscle entourent l’crifice palpébral à la manière d'un anneau elliptique large et aplati. Sa circonférence intéportion réfléchie ou tendon ‘réfléchi, se fixe à la lèvre férence extérieure suit et dépasse le rebord orbitaire. Leis faisceaux constitutifs du muscle se détachent de deux James tendineuses dont l’une: portion directe du tendon ou tendon direct de l’orbiculaire, s'attache à la lèvre antérieure de la gouttière lacrymo-nasale, tandis que l'autre: portion réfléchie ou tendon réfléchi, se fixe à la lèvre postérieure de cette gouttière et à l’unguis. Après la jonction en un tendon unique de ses deux portions, le nouveau tendon de l’orbiculaire se bifurque en deux branches, l’une supérieure, l’autre inférieure, qui gagnent la paupière correspondante et viennent se terminer chacune sur l'extrémité interne de la bandelette tarse.

Après avoir pris leurs insertions sur le tendon de l'orbiculaire et ses deux expansions, les fibres de l’orbiculaire, garnies de quelques fibres venues du pourtour orbitaire en particulier de l'arcade zygomatique, , décrivent

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