‹ Deux poëmes d'été: la cantate a trois voixChapitre 1 sur 31 · CETTE HEURE QUI EST ENTRE LE PRINTEMPS ET L'ÉTÉ · texte numérisé non relu

CETTE HEURE QUI EST ENTRE LE PRINTEMPS ET L'ÉTÉ

LiETA

FAUSTA

BEATA

LiETA

I ette heure qui est entre le printemps et Vété,..

FAUSTA

Entre ce soir et demain V heure seule qui est laissée...

Sommeil sans aucun sommeil avant que ne renaisse le soleil....

LiETA

Nuit sans aucune nuit....

FAUSTA

Pleine d^ oiseaux mystérieux sans cesse et du chant qu'on entend quand il est fini...,,

lo DEUX POEMES D'ETE

LMTA

... De feuilles et d'un faible cri y et de mots tout bas^ et du bruit.,.

FAUSTA

De Veau lointaine qui tombe et du vent qui fuit 1

BEATA

Ciel tout pur sans nulle souillure^ Azur que la large lune emplit !

hJETA

Heure sereine !

Tristesse et peine....

Larmes vaines ! tristesse et peine qui est vaine...

FAUSTA

Larmes en vain y peine vaine...

BEATA

De ce jour qui est accompli !

LiCTA

Le printemps est déjà fini.

BEATA

Demain cest le grand Eté qui commence !

FAUSTA

Le jour immense !

LiETA

L^ fruit de la terre immense !

FAUSTA

Le jour qui dure !

BEATA

Le ciel tout pur et le soleil par excellence ! Maintenant cest la nuit encore !

Maintenant pour un peu de temps ^ encor...

LiETA

... Que tardive et que menacée.,..

BEATA

Cest la dernière nuit avant VEté !

FAUSTA

Qu'elle est belle I

LiCTA

Le signe continuel de ce sapin sur le ciel....

FAUSTA

QtCil est sombre et solennel !

LiETA

Chante^ raconte^ appelle^ oiseau^ Philomèle 1

BEATA

Jupiter...

FAUSTA

... Ijiit sur nouSj triomphal et vert.

Vinus...

FAUSTA

... N'est plus j et dijày portant nos présents avec elle^ aurum et thus,

LiCTA

... Ayant passé de Vautre ctté....

FAUSTA

... Future^ laissant ce qui est éteint....

LiETA

... Nous précède dans le matin !

BEATA

Ah^ sans nous donner le bonheur^ notre droite

La laisserons-nous tarir encore^ sans rien saisir^

Cette heure qui n'est qu'une fois ?

FAUSTA

Le moment d^ok tout dépend.

LiETA

Le mot suprême de Vannée

De la terre qui désire encore et qui veut parler!

FAUSTA

Et de ce ciel autour de nous omniprésent Qui palpite^ qui sait touty et qui attend ?

Quand le matin est une seule chose avec le soir.

FAUSTA

Et qu'au sein du jour illusoire

Qui s* assoupit^ s^ affranchit peu à peu la mémoire.

BEATA

Le regret s^est éteint avec V espoir.

LiETA

Et qu'est-ce qui demeure ?

BEATA

Le seul bonheur.

LiETA

Je n'entends que le vent tout bas et Veau qui pleure !

FAUSTA

...Le battement à peine de mon cœur....

LiETA

Et le long météore tout-à-coup qui éclate et qui tombe en cendres !

BEATA

Cest que vous ne savez pas entendre.

LiCTA

Le ciel un instant épanoui...

FAUSTA

Ne nous moHtre que la nuit.

Argus de toutes paru dans sa gloire...

FAUSTA

Cerne Td qui est aveugle et noire.

BEATA

C'est que vous ne savez pas voir.

FAUSTA

Parle^ toi, Beata, nous sommes là, celle-ci et moi.

BEATA

Toutes trois parées....

LiETA

Les bras et le sein dévoilés....

FAUSTA

Assises....

BEATA

La face levée au ciel....

FAUSTA

Nullç de Vautre regardée....

i6 DEUX POÈMES D'ÉTÉ

LiCTA

... Assises et demi-renversées

En robes solennelles

D*où dépasse la pointe d^un pied doré !

FAUSTA

Celui que f aime....

LMTA

... Celui que f épouse demain M' aimera-t'il toujours de même ?

FAUSTA

Celui quefaime^

Celui qui m'a quittée et qui est au loin

Va-t'il revenir demain ?

BEATA

Celui que f aime

N'est plus j demain vers moi ne le ramènera jamais plus.

LiETA

Mortj dis'tu ?

FAUSTA

Jamais il ne te sera rendu l

BEATA

Jamais il ne ni échappera plus.

LMTA

Et c'est toi qui nous parles de bonheur ?

BEATA

Tout est fini pour moi de ce qui meurt.

FAUSTA

Que reste-t'il alors que tout est fini ?

BEATA

Cette heure-ci qui tiest ni le jour y ni la nuit.

FAUSTA

Tout passe qui a commencé.

BEATA

Excepté

Cette heure mime qui est entre le Printemps et VEté.

LiETA

Quoi^ cet instant de r année extrême et le plus aigu....

i8 DEUX POËMES D'ÉTÉ

FAUSTA

Quand tout atteint le sommet et demande à n'être plus....

LiETA

Quelle demeure y trouveras-tUy et leurre de quelle vertu ?

FAUSTA

Demain nous ne serons plus belles.

LiCTA

Nous ne sommes que de pauvres femmes un moment^ faibles et frêles.

BEATA

Mais invitées en ce jour parmi les choses étemelles.

FAUSTA

Parle pour nous troisy Beata.

BEATA

Et que faut-il que je dise ?

FAUSTA

Chante, explique

Ce qu'au fond de mon cœur je comprends déjà

Obscurément^ comment ce moment unique^

Suprême et le plus aigu,

Pour un moment est déjà ce qui ne passera plus.

BEATA

Et toiy que diS'tUj JLeta ?

LiETA

Laisse-moi et chante !

Que f entende seulement dans le clair-de4une une voix de femme éclatante.

Puissante et grave, persuasive et suave.

Avec la mienne en même temps en silence qui la devance et qui invente

Et tout bas lui donne r octave !

FAUSTA

Et ces deux voix de tes sœurs prêtes à se lever

Sous la tienne, explique-leur pourquoi

Le bonheur

Est de cette heure même

Où celui que notre cœur aime nous manque.

LMTA

Dis, seulement, la rose I

BEATA

Quelle fuse ?

LiETA

... Du monde entier en cette fleur suprême éclose l

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