‹ Deux poëmes [i.e. poèmes] couronnés par l'Université Laval [microforme]Chapitre 13 sur 47 · LA TEMPETE · texte numérisé non relu

LA TEMPETE

Une brise légère enfle à peine les voiles ; Les nuages vermeils, comme de blanches toiles. Pendent à l'horizon dans la pourpre des cieux : Et sous les chauds baisers d'un soleil radieux

On aperçoit rougir les vagues balancées ;

De même le front pur des jeunes fiancées,

Sous le premier baiser de amoureux époux.

S'illumine soudain d'un éclat vif et doux.

Des oiseaux égurés dans leurs courses lointaines Viennent se reposer sur le bout des antennes. Autour des bâtiments, les habitants des mers, Se livrant, tour à tour, à mille jeux divers,

Font reluire au soleil, sur les ondes lipides, Les écailles d'argent de leurs croupes humides, Quelques-uns des marins se livrent au repos.

Les autres, reunis, par de plaisants propos S'éfforcent d'éloigner l'ennui qui les obscède.

Il parlent de la sœur qui pour eux intercède Auprés de humble Vierge et de son divin Fils;

Ils répètent en chœur les chansons du pays ;

Puis en esprit, d'avance, ils tâchent de se peindr:

Les rivages nouveaux qu'ils espèrent atteindre. L'intrépide Cartier, debout sur le gaillard,

Plonge dans l'occident le feu de son regard,

DU CANADA ri

(1 és Se demandant déjà si du sein de cette onde ne verra point naitie une terre féconde, itaines nes, La brise cependant ne ride plus les eaux.

ICT, Et sur les flot. Unis S'arrétent les VAISSCAUX, ‘, Le long de chaque mât tombe la voile blanche les, Comme un feuillage lourd sur un tone qui se penche, ides, Ce calme inattendu des matelots SUrpris )N, Avite tout à Coup les tranquilles Csprits.

® Un silence efravant règne dans l'atmosphère : Le, ; 4 Une flamme subtile, ondoyante, légère, e | : À Court le long du cordage, et dans SON Mol essor Fils ; ÿ Le couvre tout entier de ses aigrettes d'or,

Sur le flanc du Vaisseau reste un sillon d'écume :

9 Où voit à l'horizon Comme un rideau de brume lre.

Où cac

haut à demi son orbe étincelant.

Le soleil radieux luit C

mme un œil sanglant.

Cependant vers le nord un nuage se forme :

Il parait s'avancer comme un géant énorme Dont les pesants talons s'enfoncent dans les mers Et dont le front altier disparait dans les airs, Les prudents matelots redoutant les orages, Montent dans les haubans, préparent les cordages, Amarrent chaque voile aux vergues avec soin.

Un bruit lugubre et sourd se fait entendre au loin. L'oiseau des ouragans sur Fonde vient s'ébattre. Le vent ne souffle pas et l'océan verdatre Voit soc perfide sein frissonner de fureur.

Le soleil S'est caché; la nuit pleine d'horreur

Dans les replis des flots bercent ses lourdes ombres.

Debout au pied des mats, les marins tristes, sombres,

Sentent un vague cffroi s'emparer de leur cœur

e : RÉ Les Et demandent au ciel d'éloigner le malheur, 7

Pour

On d

DU CANADA Cartier regarde

orme :

tout d'un œil calme et tranquille:

rme [ne s'agite point d'une crainte inutile :

les mers Son esprit reste ferme en face du danger,

airs, Il sait que le Seigneur peut bien le Protéger, ES, [parle aux Matelots, et sa VOix les engave cordages, À demander à Dieu la force et le courage. soin. Sa parole à leur Cœur rend la Sérénité, ‘au loin. Et chacun prend son poste avec tranquillité. battre.

Tout à COUP'UR éclair déchire les nuages :

À | Un siffement aiou s'échappe des cordages :

Ur

ar un vent furieux les s ombres.

navires fouettés

| Inclinent leurs flancs noirs sur les flots irrités, , sombres, } La mer comme Un Volcan semble lancer des flammes : œur Les Vaisseaux jusqu'au ciel montent avec les [lames Pour descendre aussitôt dans le Souffre béant. On dirait que tout Va tomber dans le néant !

DÉCOUVERTE De plus en plus aux cieux les ombres s'épaississent : Sons les efforts du vent les mats craquent, gémissent : Les ponts sont balayés par des flots écumants ; Et le tonnerre unit ses longs mugissements Aux sanglots de la bise, aux grondements des vagues : Et les éclairs blafurds de leurs lumières vagues

Hluiminent les cieux et les mers contondus,

Cependant les vaisseaux dans les ombres perdus

Nes

Voguent séparément au gré de la tempete.

in

Devant l'arrèt du ciel Cartier courbe la tete. L Et qi [l'espère touiours : ce sublime marin Pend

Au milieu de lPorage est demeuré serein !

Nul :

La m

Les f La nuit qui sur la mer vient d'étendre son aile Tantc

A cet atflreux tableau donne une horreur nouvelle. C'est

ississent :

émissent :

ts ;

ès vagtes :

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