‹ Deux poëmes [i.e. poèmes] couronnés par l'Université Laval [microforme]Chapitre 28 sur 47 · STADACONE · texte numérisé non relu

STADACONE

Cependant sur les bords la montante marée Faisait flotter déjà la chaloupe amarrée.

La brise fraichissait > et le fleuve gonflé, Se berçant comme au vent se berce un champ de blé, Paraissait de nouveau remonter vers sa source.

I fallut sembarquer. Les vaisseaux dans leur course

Rasèrent bien longtemps avec rapidité

Un rivage dont rien n'égalait la beauté,

Les sauvages, debout sur le pont du navire,

Jetaient sur cette rive un regard en délire:

Que de pensers charmants leur rappelaient ces bois ! Hs avaient passé là gais et fiers autrefois, Poursuivant l'orignal sur les profondes neiges,

Où forçant l'ours grognard à tomber dans leurs pièges. Et Cartier attentif cherchait duns le lointain

S'il ne-pourrait pas voir apparaitre soudain,

Comme un géant tombé sur les flots diaphanes,

Cet énorme rocher recouvert de cabanes

Dont les deux Indiens Ini parlèrent souvent :

Et les gnis matelots jetaient leurs chants au vent.

Les marins vers le soir longent encore une ile:

Une:ile:plus riante, une ile plus fertile

ces bois !

Ad res,

urs pieges.

nes,

vent.

ile:

Que celles qui d'abord enchantèrent leurs yeux. ‘C'est un brillant jovau que le fleuve orgueilleux Soutient avec amour sur son onde sereine ;

‘C'est le plus bel anneau de cette longue chaine Que forment sur le fleuve et jusques dans les mers ‘Centoiles dont les bords sont ornés d'arbres verts. De ses sauvages fleurs un doux parfum s'échappe ; Ba vigne la couronne et su brillante grappe Semble rire au soleil à travers les rameaux.

out à coupoun grand cri Selève des vaisseaux Monte jusques au ciel et fait trembler les ondes. ‘Cent elameurs aussitot, formidables, profondes.

Du milieu des foréts répondent à ce cri.

Devant les batiments, formant un vaste abri, N'avanegait dans le fleuve un rocher âpre et sombre;

Son flanc se herissait de cabanes sans nombre ;

Son sommet couronné d'arbres majestueux

Semblait. dans son orgueil, aux vents impétueux

Jeter un fier déti. Cet étonnant village

Debout sur son rocher comme un aigle sauvage,

Ce nid sombre où grouillait un peuple basuné,

C'était le grand hameau ! C'était Stadaconé !

Reposez-vous ici près de ces fiers rivages, A l'abri des autans, à l'abri des orages !

Ici reposez-vous, à glorieux vaisseaux !

Dans les airs parfumés déroulez vos drapeaux ! N'étes-vous donc point las de votre longue course ? Vous voudriez en vain suivre jusqu'à sa source Ce fleuve merveilleux dont le paisible cours

Comme un autre océan se déroule toujours !

\Vage,

iné,

né !

aux !

course ? LE CALUMET DE PAIX urce À l'aspect des vaisseaux arrétés dans la rade Un tumulte inouï règne dans la bourgade, Les guerriers indiens, eftravés et surpris, Font trembler le rocher de leurs étranges cris.

Plus sombres, plus bruyants que le bois qui les cache.

\rmes du Tomahawk, de l'arc et de la hache.

Ils courent vers le chef, le fier Donnaconu : — Un Esprit, disent-ils, 6 noble Agouhanna, Un Esprit a guidé vers notre rive alticre ‘Trois canots aussi grands que la bourgade enticre ! “ Dedans nous avons vudes guerriers plus nombreux & Qu'au printemps les boutons sur un tronc vigoureux ! “ [ls ne portent point d'arc, et leurs faces sont pales # Comme les blancs grélons qu'apportent les ratfules, Devons-nous les chasser comme des ennemis, & Ou devant eux paraitre et craintits et soumis 7° —" Ni ces vuins étrangers viennent sur notre terre, # Sans étre provoqués, nous déclarer la guerre, Il nous faut les combattre, à guerriers, je le veux! & Il nous faut à nos reins suspendre leurs cheveux ! Muis s'ils viennent vers nous remplis de contiance,

Montrons-nous généreux ct faisons alliance.”

Le grand chef Indien après ces quelques mots,

Suivi de ses guerriers, descendit près des flots.

hi, n de entiere ! . hombreux VISOUrOUX !

sont pales les rattules, IGIHIS, unis ? 7 tre terre, terre, “le veux!

cheveux !

contiance, ce.” 1ots.

ot.

Cependant les marins, duns leur vive allegresse, Ne cessent d'admirer la rive enchanteresse :

[ls ne so ent pas que ce pays si bou Vu pour plusieurs d'entre eux devenir un tombenn ! Avec quel doux plaisir leur regaml se repose Sur ces sauvages bords dont l'aspect grandiose Surpusse étrangement ce qu'ils avaient rève ! Mais oubliant le monde, un cœur Sest éleve Comme le ‘encens d'une fleur printanicre Vers lu voûte du ciel ruisselunt de Tuiniere :

Tu suis bien, à Cartier, que c'est le doigt de Dieu

Qui malgré les périls Pa conduit vers ee lieu !

Aupres du commandant, réunis sur la poupe, Les trois enfants des bois forment un joyeux groupe.

Leur exil est fini. Bientot sous les foret

Ils vont aller ensemble oublier leurs regrets Lu d î

Ils entendent des voix sur le bord de la rive.

Voix qui font tressaillir leur oreille attentive

Et portent dans leur ame un plaisir inconnu :

Car ce n'est plus des Blancs le parler froid et nu : C'est le style imagé, c'est le riche langage

Qu'ils ont de leurs parents appris dès le jeune age. Janiais ils n'ont trouvé tant de charmes au bois !

Jamais tant de bonheur ne leur rit à la fois !

Des guerriers tout à coup on voit la foule émue Qui descend sur la rive et S'agite et remuc

Comme au vent de l'hiver le feuillage des pins.

De diverses couleurs leurs visages sont peints :

Leurs membres sont couverts d'étranges tatouages. Et leurs fronts surmontes de grands plumets sauvages. Le chef est à leur tête. Ils portent cent canots

Qu'ils viennent à la fois déposer sur les flots.

ive, tive dt :

d et nu :

UTC

u bois !

Gite

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