CONSPIRATION
L'hiver disparaiseait. La neige était fondue, Et la saison des fleurs si longtemps attendue Par de Joyeux concerts aNNOnÇait son retour.
Les oiseaux revenaient gazouiller leur amour
Sur les buissons €harmants qui les avaient vu naître.
ln adm irable instinct leur faisait reconnaitre
Le léger nid de foin qui les avait bercés,
Le vent ne trainait plus de nuages glacés ;
De verts boutons ornuaient les ramaux pleins de s:ve ;
Et le fleuve bruvant s'’ébattait sur su grève, “ L'an]
Une douce gaité régnait sur les vaisseaux Qui déjà se berçuient avec leurs apparaux.
Mais l’un d'eux cependant demeurait au rivage
Comme un vaisseau brisé par un triste naufrage :
Hélas ! les matelots qui voguaient sur ce bord Dorment tous maintenant du sommeil de la mort ! Ils ne reverront pas le ciel de la Patrie !
Ils sont tombés un jour comme une herbe flétrie ! Dormez ! dormez en paix, à pieux matelots !
Sur ces bords éloignés, au murmure des flots ! Vous étiez à la fin de vos labeurs sublimes !
D'un noble dévouement vous êtes les victimes!
Vous devez tressaillir,
Jeunes et purs héros,
, « Tressaillir de bonheur dans votre saint repos, ins de sive : En voyant Maintenant sur ces rives SAUV Ages e. Où vous vintes Mourir après de longs VOVages, Un peuple généreux, nn Peuple plein de foi, Grandir paisiblement sous Une douce loi !
vase De rapides ‘anots se croisent dans la rade. frage : Des guerriers menaçants parcourent la bouryade : or [IS se sont tatoués de diverses couleurs : a mort ! L'audace est sur leurs fronts, la haine dans leurs CŒUrS. Ce sont les envoyes des tribus éloignées.
étrie ! Leurs âmes du l'EPOS paraissent indignces. ! [ls percent les Säpins de Jeurs l'apides traits, s Où marchent en chantant de Sonores Couplets, Cartier qui voit de loin cette foule guerrière ss! N'élever, SE MOuVoir Comme un flot de
poussière,
Devine qu'on ourdit de funestes complots
Pour le perdre lui-méme avec ses matelots,
Un frisson de terreur s'empare de son âme.
Ciel ! comment échapper à cette ligue infûme !
Les guerriers sont nombreux ! nombreux comme au [printemps Sur les fleuves gonflés les feuillages flottants !
Et tenter de s'enfuir serait bien téméraire,
La marée est montante et le vent est contraire.
Dans ce moment critique il mande Jalobert :
Son cœur à cet ami s'est bien souvent ouvert : À Et toujours ce dernier par sa grande prudence Du héros mérita l'extréme confiance, & ({ucrriers de la tribu, voici venir le soir ! U « La-nuit sera discrète et le cicl sera noir ! Es Ce
& Vos arcs sont-ils tendus et vos haches tranchantoes ?
« Les esprits des aïeux de leurs plaintes touchantes
me !
comme au [printemps ts |
raire.
nee
ichantes ?
chantes
* Ont-ils fait tressaillir vos cœurs fiers et jaloux ? * Savez-vous la vengennce ? 6 guerriers, savez-voux * Dans un crâne brisé boire un sang encor tiède ?
* Et savez-vous scalper un ennemi qui cède ?
* Gucrriers de la tribu, voici venir le soir !
‘ La nuit sera discrète et le ciel sera noir !
C'etait le chant cruel que le guerrier sauvage,
À l'approche du soir, hurlait dans le village.
Tout à coup d’un navire il s'élève des cris.
Les guerriers Indiens regardent tout surpris. Un marin brandissant une arme formidable Est monté sur le pont. Dans sa rage implacable Contre le commandant il s’est précipité.
Cartier surpris d'abord recule épouvanté.
4 DÉCOUVERTE læ matelot toujours le presse et le menace, Le héros cependant retrouve son audace
Et s'élunce d'un bond sur le traitre agresseur,
Mais un cri retentit, et soudain, 6 douleur !
Cartier s'est affaisse sur le pont du navire ! Alors tous les marins, comme dans le délire, Parcourent en tous sens le pont du batiment : Le meurtrier sur eux S'avance hardiment,
Is veulent le saisir, su défense est terrible : Aux coups dont on lFaceable il parait insensible, Cependant il faiblit : on le serre de pres :
On lui dit de se rendre, et ni repond: Jamai Et d'un bond furieux écartant tout le monde.
Du haut du bâtiment il s'enfonce dans Fonde.
Bientot il reparait éloigné des vaisseaux.
Et gagne le rivage en nageant sur le< eaux.
sible,