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Sur les bois éloignes l'ustre du jour se penche, Et l'oiseau pour dormir se perche sur la branche, Les guerriers Indiens, pour tenir leur conseil, Attendent sous les bois le coucher du soleil, Tout à coup la forèt semble flotter dans l'ombre, Alors un fier sauvage à la figure sombre,
Du milieu des guerriers se lève et parle ainsi : —"* Oui, le temps est venu de chasser loin d'ici
& Ces hommes orgueilleux qui se pensent nos maitres !
* [ls feignent l'amitié, mais je sais qu'ils sont traitres.
‘ Cur moi Taiguragny, j'ai vécu sous leurs lois,
& [ls m'ont de leur dédain accablé mille fois !
* Mais plus qu'eux aujourd'hui je suis puissant ot libre!
La
‘ La haine dans mon cœur fait vibrer chaque fibre ! * Domagaya sait bien qu'ils sont impérieux ; Qu'ils veulent s'emparer du sol de nos aieux,
‘ Et nous faire captifs ici sur notre rive !
# Mais avec des guerriers pour combattre j'arrive !
+ J'ai soif de la vengennce ! EE faut it faut du «ang !
+ Voilà le trait, Cartier, qui va te morde au flanc!
Et pendant qu'il parlait, il brandissait des flèches,
Et ses talons dureis broyaient les branches sèches,
—"" Tu parles sagement reprit Donnucona :
+ Areskouï vers moi sans doute tl'umena.
+ Mes guerriers sont tous préts et l'heure est favorable. J'ai vu sur un navire une lutte effroyable, Les matelots entre eux paraissent divisés, * Plusieurs d'un long combat sont peut-être épuisés. Is ne se doutent point de nos trames subtiles : * Hs dorment contiants ; et nos canots agiles Pleins de braves guerriers, dans l'ombre de ln nuit
# A leurs pesants bateaux aborderont sans bruit.”
du ung Puis il purluit encor qu'au milieu de la foule
flanc ! Qui S'ugite et fremit comme lu sombre houle, éches, Un guerrier blane parait, Nes vêtements mouillen sèches, D'un sang qui coule encor sont hélas ! tout souillés : Nont front est sillonné pur une cicatrice ; Son regard humble et doux parait sans artifice : \: parle avec lenteur : —: Chef de Stadaconé, + De me voir devant toi tu sembles étonné, favorable. + Mais tu le serns plus si je te dis sans feinte. + Pourquoi je viens iei te troubler de ma plainte. + Je ne dois plus revoir mon pays bien aime ! épuisés, + Hélas ! oui, mon pays n'est à jamais ferme ! en : + La mort m'attend chez-nous, la mort dans les sup- [plices !
Ah! la terre pour moi, la terre est sans délices ! la nuit + A cet arbre, toi-même, attache-moi sans peur. it.” “ Et qu'un trait acéré me peres entin le cœur !
+ Ou bien si tu voulais, avant que je périsse,
+ M'uider à la vengeance ! Ah! le doux sacrifice
“ Que celui de mes jours après m'être venge ! Ici sa “nolle voix avait soudain change,
Et son œil animé semblait rougi par l'ire.
—** J'ai vu reprit le chef, sur le pont d'un navire, + Un étrange combat s'élever vers le soir, + Dis-moi ce que c'était. —" Oui, vous avez pu voir + Reprit le matelot d'une voix radoucie, + Que l’un des combattants s'est aflaissé sans vie : + l'eluidà, c'est Cartier ! Nous détestions sa loi. - # Celui qui l’a frappé, je m'en vante, c'est moi ! + Et je n'ai point pau là commis une injustice. + Le cœur de ce marin était plein d'avarice ; * Malgré nous vers la France il voulait ramencr * Un vaisseau que d'abord nous devions vous donner ;
* Comment en guider trois vers nos lointains rivages
‘ A peine pouvons-nous former deux équipages ?
* Un terrible fléau s'est abattu sur nous.
Et les plus vigoureux sont tombés sous ses coups.
Si lorsque nous étions nombreux, pleins de courage, * Nous n'avons qu'avec peine évité le naufrage, * Comment pourrions-nous donc l'éviter maintenant ? vire, Et c'est moi que Cartier choisit pour commandant D'un vaisseau sans-marins ! Désirait-il ma perte ? ‘ J'eXprimai mon refus : ma résistance ouverte * Fat de tous mes amis approuvée un moment, * Mais je fus menacé du dernier châtiment ; ît je savais la mort qui m'était réservée "Si je ne fuyais pas avant notre arrivée.
* Alors encouragé par de traitres amis, * Vous savez le forfait que tantôt j'ai commis.
dr . . . . . û ‘ Je suis entre vos mains, Je suis votre victime ;
) .… : F ve LH ; lonner “aites moi done périr si j'ai fait un grand crime.
vas 28 ° , . RE se di Mais si devant vous tous je parais innocent,
* Vengez-moi! cur contre eux moi je suis impuissant !
* Demain pour s'échapper ils déploieront les voiles, + O guerriers, suivez-moi ! Ja nuit n'a pas d'étoiles ! + Prenez vos tomahawks, prenez vos javelots !
+ Frappez-les sans merci ces cruels matelots !
+ Qu'ils meurent avec moi sur cette même rive,
+ Puisqu'ils ne veulent pas qu'avec eux moi je vive !7
Alors le fugitif reste silencieux :
Sur lui tous les guerriers ont arrété leurs yeux : Es semblent avoir peur de se laisser surprendre. Mais lui, ferme et serein, feint de ne pas comprendre Ce noir pressentiment qui trouble leurs esprits. Quelques uns des guerriers font entendre des cris : Is veulent que de suite on descende au rivage ; D'autres ne veulent pas que la lutte s'engage Avant que du matin s'élèvent les brouillards ;
Is craignent quelque piège. Entin plusieurs vieillards
les voiles, d'étoiles !
ots !
Us !
rive,
i je vive!"