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auraient besoin d’être rétablis dans leur pureté primitive.
3) Lwedzi-Zavora. Venons-en au dernier problème que nous posent les récits indigènes. Ainsi qu'on a pu le voir plus haut, Montanha et son traducteur Macqueen étaient convaincus que le Lwedzi, descendant du Nord, s’infléchissait à gauche sous le 2%e° de latitude pour entrer dans la mer à Inhambane, sans doute par l’intermédiaire du Nyañombi. Il est aujourd’hui avéré que le Lwedzi ne va pas à la mer, mais il ressort de la relation de Macqueen qu'à Inhambane c'était alors la croyance aénérale des indigènes et des Portugais.
Une autre preuve en sont les paroles d’Erskine (Journal of the Royal Geographical Society, volume XLV, année 1875, page 83), qui, connaissant le zoulou, pouvait converser avec les natifs. Passant d’Inhambane au Limpopo (et retour), il arrive aux rivières formant le Zavora et dit : « Plus haut ce sont le Mkélinohi etle Nyampalipali qui opèrent le drainage du pays, et l’un des deux est aussi connu sous le nom de U’Luize, maïs Je n'ai pu déterminer lequel des deux c'était !»
Ailleurs, page 60, il écrit : « J’ai traversé la rivière Umkelinoi, c'est la rivière marquée par un pointillé sur quelques cartes et appelée U’Luize, nom que ne connaît aucun indigène de la côte. » À la page suivante, il ajoute : « Tout compté, dans ce voyage (entre Inhambane et le Limpopo) j'ai découvert environ 30 rivières considérables ou canaux draineurs importants, qui ne sont marqués sur aucune carte, outre les ruisseaux et canaux secondaires... Comment toutes ces fortes rivières naissent dans l’intérieur, dans un pays plat, sablonneux, sans montagnes, n’est pas clair du tout. » « Le Nyarimi, ajoute-t-il page 83, depuis le gué, pour les 12 à 13 milles pendant lesquels je l’ai longé, est large d’environ 600 mètres et profond de 3 mètres. À son embouchure, sous le nom de Zavora, il est, au dire des indigènes, large et profond. »
Quelle conclusion tirer de ces citations, des renseignements fournis par les natifs et de la connaissance que nous avons de la configuration du pays? Apparemment ceci : à moins que ce pays que les indigènes appellent Dzivine, situé entre le Lwedzi et la mer, ne recoive une chute d’eau annuelle absolument exceptionnelle, il doit être extrêmement bas et plat et posséder de vastes réserves d’eau alimentées par les rivières qui descendent du haut-pays où du plateau central.
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Dire cela, c’est presque admettre que les eaux du haut-pavs se partagent entre le Lwedzi, le Zavora, et peut-être le Nyahnombi qui se jette dans la baie d'Inhambane. C'est ce que seule une exploration générale du grand triangle pourra définitivement éclaircir. Qu'inférer maintenant de ce problème que les renseignements et les assertions des habitants du Gaza nous ont posé ? Sa solution pourrait-elle avoir un avantage pratique pour le pays lui-même ? Certes si les promesses qu'une solution affirmative fait entrevoir ne m’avaient pas enthousiasmé le jour où Tlélélane me parla d’une communication navigable entre le Nkomati et le Limpopo, je ne me serais pas préoccupé pendant des années d’une question de théorie pure. Ù
Depuis longtemps la question de la navigabilité des fleuves africains a tracassé les voyageurs, les commerçants et les gouvernements, et l'entrée dans ces fleuves: surtout à toujours été difficile à cause des bancs de sable, des barres, que les fleuves et la mer, luttant à flots pressés, élèvent de concert au travers des embouchures.
Le Limpopo, en particulier, qui n’a point de delta, a pu offrir à des négriers arabes en détresse un refuge contre les poursuites des croiseurs anglais; il a pu être forcé, non sans les mettre toujours en grand danger, par de légers vapeurs, tels la Maud en 1884, le Mac Mahon en 1890. Mais ces tentatives n’ont pas eu de suites sérieuses, et le Limpopo reste livré à ses crocodiles, ses requins et ses hippopotames!
Et voici qu’une perspective nouvelle et grandiose se déroule devant nos yeux; l’utilisation de toutes ces eaux intérieures, grâce à des canaux naturels, pour parcourir sans dangers — autres que ceux du climat — cette vaste province portugaise du Gaza! Évidemment des travaux de dragage, de terrassements. devraient compléter ce. que la nature a commencé; mais, déjà tel qu’il est, des bateaux modernes pourraient sillonner ce pays et y porter partout l'Évangile et la civilisation. Ceux qui ont traversé ces marécages, ces fondrières trompeuses, ces boues sans fond, conviendront avec moi qu'il y a là des explorations dignes «être entreprises, car elles ouvriraient au commerce européen et au relèvement des indigènes des horizons sans fin.
Le Limpopo n'ayant qu’une seule embouchure fermée de
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récifs et de mauvaises barres, il a été impossible dutiliser un canal latéral navigable comme on en voit en d’autres rivières. Du fleuve Tana, au Nord de Mombas, sur la côte de Zanzibar, les bateaux ne pouvant descendre à la mer par Son embouchure coupée d’une barre dangereuse, passent dans la rivière Ozyv et par là neuvent atteindre la mer sans danger. Au Zambèze, à la Sabi, et ailleurs, il a fallu trouver d'autres passages que la bouche principale de ces cours d’eau. Dorénavant, les bateaux arriveront au Limpopo en empruntant le beau cours du Nkomati qui entre dans l’océan aux portes de Lourenço Marques. Du Nkomati, un premier canal s'embranchera pour pénétrer par le Loumane dans le Limpopo, non loin de son embouchure; un second, suivant le Nkolwane et le Shualé, aboutira au même fleuve en face du Shengane. De là, aucun travail à accomplir pour débarquer à Shimboutsou ou pénétrer dans le Nyangoulé, puis par le Lwedzi jusqu’à ces grands lacs du centre, et peut-être, de là, entrer dans la Sabi ou descendre à Inhambane. Quel beau voyage!
Les anciens se sont disputés sur la question de savoir quelle vallée, celle du Nil ou celle de l’Euphrate, était la plus fertile. Ce serait sans doute du chauvinisme, même de la part d’un habitant du Gaza, d'avancer que la vallée du Limpopo ne le cède en rien à ces deux contrées célèbres. Et pourtant il faut reconnaitre que le limon du Limpopo, non moins riche que celui de ces fleuves historiques, fertilise d'immenses territoires qu’une irrigation et une canalisation bien entendues pourraient considérablement augmenter. Il n’y manque que des bras et des capitaux pour faire de ces contrées le grenier àa maïs de l'Afrique australe. En hiver, j'ai trouvé réuni au même lieu du maïs à tous ses degrés de développement, depuis le grain qui venait d’être jeté en terre jusqu'à des épis frais qui faisaient le régal de notre repas du soir. J'ai vu dans la plaine du bas-Limpopo de la canne à sucre dont le pied avait ie diamètre d’un bambou. Le bananier, l’ananas y atteignent des dimensions inusitées. Les citronniers sauvages du Nkomati, du Bobolé, et d’ailleurs, derniers souvenirs de la domination arabe, le riz de belle qualité cultivé encore aujourd’hui par les indigènes le long de la Sabi inférieure, lais-
sent entrevoir de quelle exploitation pourraient être ces plantureuses plaines.
me colonisation européenne. Ce sera à en effet la Dre
da fièvre adéar ne atrde:'ses remèdes, ainsi que des précautions à prendre en pays malarien. Bien des Européens
dente que le climat n’est pas un obstacle aussi insurmontable qu’on l’a cru jusqu'ici à l'établissement des Blancs. F Mais pour que ce pays si abandonné à lui-même puisse tirer profit des avantages que la nature lui a accordés, il faut que le gouvernement qui le possède l’étudie, l’explore, le protège contre l'invasion de l'alcool, en un mot ait à cœur le relèvement moral et social des centaines de milliers d’indigènes EAU Dieu lui a. confiés.
déjà ont pu vivre dans ces contrées et sont une preuve évi-
Deux problèmes hydrographiques du Pays de Gaza Bulletin de la SOciété Neuchâteloise de Géographie. Tome XV. 1904.
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